Isack Hadjar revient avec Red Bull au Grand Prix d'Azerbaïdjan
Isack Hadjar a posé les mots avant même de reposer les mains sur le volant. Après plus d’un mois à regarder les autres courir, le Français va enfin retrouver sa monoplace Red Bull ce week-end pour le Grand Prix d’Azerbaïdjan, au terme d’une convalescence aussi frustrante que nécessaire après une fracture du poignet.
La blessure, survenue lors d’une séance de musculation juste avant le Grand Prix des Pays-Bas à Zandvoort, avait stoppé net son élan. Poignet fracturé, volant interdit. Hadjar a dû renoncer aux courses de Zandvoort, Monza et Barcelone, le temps que l’os se consolide et que l’équipe, prudente, refuse catégoriquement toute précipitation.
Red Bull a choisi la patience plutôt que le pari risqué. Le pilote, lui, a rongé son frein. Il l’a reconnu : ce dernier mois a été le premier de sa vie sans compétition. Un vide étrange pour un jeune homme façonné par le rythme des week-ends de Grand Prix. Le retour à Bakou n’a donc rien d’un simple rendez-vous de plus sur le calendrier, surtout sur un circuit urbain aussi piégeux, où la moindre approximation se paie au prix fort. Là-bas, il faudra être « verrouillé » dès le premier tour de roue du vendredi.
Dans l’intervalle, le baquet laissé vacant a offert une nouvelle fenêtre à Liam Lawson. Propulsé dans l’équipe première, le Néo-Zélandais n’a pas laissé passer l’occasion de rappeler sa valeur. Septième à Zandvoort, sixième en Espagne : deux courses pleines, deux arrivées dans les points, et la confirmation d’une vitesse qui ne demandait qu’un cadre plus stable pour s’exprimer.
Tout n’a pas été simple pour autant. À Monza, le week-end s’est transformé en parcours d’obstacles. Pénalité moteur, départ en fond de grille, puis aileron avant endommagé après un contact avec Nico Hülkenberg : la course italienne a tourné au contre-exemple, non pas en termes de rythme, mais de réussite. Lawson l’a résumé sans détour : deux courses sur trois dans les points, une troisième ruinée par les circonstances, mais une performance globale solide.
Cette parenthèse se referme désormais. Avec le retour d’Hadjar, Lawson redescend chez Racing Bulls, sa base habituelle, et rend à son tour le volant à Yuki Tsunoda. Le Japonais, lui aussi, a profité de ce jeu de chaises musicales. Appelé en renfort chez Racing Bulls, il s’est adapté avec une rapidité remarquable aux monoplaces de F1 2026 et a inscrit un point lors du Grand Prix d’Italie. Ce point reste toutefois suspendu à une décision des commissaires, Audi ayant déposé un appel concernant la procédure de formation de grille après un drapeau rouge précoce.
Les rôles se remettent donc en place, mais la hiérarchie interne sort de cette séquence légèrement bousculée, enrichie, testée. Hadjar revient avec l’envie féroce d’effacer un mois de frustration et de reprendre le fil de sa saison sur un tracé qui ne pardonne ni la rouille, ni l’hésitation. À Bakou, les murs sont proches, la vitesse est immense, et les doutes n’ont pas leur place.




