Ismail Kartal reste entraîneur à Fenerbahce après une démission refusée
Ismail Kartal avait déjà tourné la page. Quelques minutes après le nul 1-1 contre Roma, jeudi soir en Ligue des champions, l’entraîneur de Fenerbahce annonçait qu’il quittait le club, qu’il ne reviendrait plus sur ce banc qu’il connaît pourtant par cœur, comme ancien joueur, adjoint, puis coach.
Quarante-huit heures plus tard, il est toujours là.
Une démission à chaud, un président inflexible
La scène était forte : un match tendu, un but partout, une soirée censée marquer le retour de Fenerbahce en Ligue des champions après 18 ans d’absence… et un entraîneur de 65 ans qui craque devant les micros. Kartal explique qu’il démissionne, qu’il ne reviendra pas. Le poids du poste. La pression permanente. Et surtout un incident en plein match : une bouteille lancée depuis les tribunes le touche.
Pour lui, c’est la goutte de trop. Pour Aziz Yildirim, ce n’est pas négociable.
Le président du club intervient ensuite via un communiqué publié sur le site officiel. Il y affirme qu’il n’a pas accepté la démission de son entraîneur. Point final. Kartal reste l’homme en place.
Yildirim raconte avoir parlé directement avec son coach après la conférence de presse. Kartal lui a confié se sentir écrasé par la pression et marqué par l’agression venue des tribunes. Le président, lui, refuse de voir son entraîneur partir sur un geste de colère et un projectile idiot.
Le club resserre les rangs
Vendredi, Fenerbahce clarifie la situation dans un nouveau communiqué : Ismail Kartal dirigera bien l’entraînement de samedi à 11h30, dans le cadre de la préparation du match de Super Lig contre Gaziantep FK, prévu lundi.
Autrement dit : la vie continue, avec le même patron sur le terrain.
Dans le même temps, le club annonce sur les réseaux sociaux avoir identifié le spectateur auteur du jet de bouteille. Il est désormais banni du stade. Un signal fort envoyé à un public bouillant, mais rappelé à ses responsabilités.
Aziz Yildirim, lui, ne mâche pas ses mots : on ne soutient pas un entraîneur en le frappant de cette façon, insiste-t-il. Puis il pose le cadre, presque paternaliste : « Ismail Kartal n’a pas besoin de dire qu’il va continuer. Je suis son supérieur. J’ai dit qu’il allait continuer, et c’est tout. Nous sommes une famille. »
Le message est clair : la hiérarchie tient, le vestiaire doit suivre.
Une saison sous tension
Kartal a repris l’équipe en juin, pour sa quatrième aventure sur le banc de Fenerbahce. Un retour au premier plan européen, une attente immense, une exigence permanente. Avant de recevoir Gaziantep FK, son équipe pointe à la neuvième place du championnat, avec six points en quatre journées. Un début poussif pour un club qui se veut candidat au titre.
Et le calendrier n’a rien de clément. Le prochain rendez-vous européen, un déplacement à Aston Villa le 14 octobre, s’annonce déjà comme un test de caractère pour ce groupe encore en construction.
Entre la pression sportive, la charge émotionnelle d’un retour en Ligue des champions et un climat en tribunes parfois explosif, Kartal sait désormais exactement où il remet les pieds.
Il a voulu partir. Son président l’a retenu.
La question, désormais, n’est plus de savoir s’il reste. Elle est de savoir combien de temps Fenerbahce pourra tenir sous cette tension sans imploser.




