Moses Itauma : meilleur que Joshua et Fury selon Prince Naseem Hamed
À 21 ans, 14 combats, 14 victoires, et déjà une ceinture mondiale en ligne de mire. Moses Itauma n’a pas encore posé un gant sur Filip Hrgovic que, pour Prince Naseem Hamed, le débat est clos : le jeune poids lourd britannique est tout simplement d’une autre dimension.
Samedi, à l’O2 Arena de Londres, Itauma se battra pour le titre IBF vacant des lourds face au Croate. Une marche énorme sur le papier. Mais pour Hamed, ce n’est pas seulement une étape, c’est le début d’un règne.
Sur une autre planète que Fury et Joshua
L’ancien roi des plumes ne s’est jamais embarrassé de demi-mesure. Là encore, il appuie là où ça fait du bruit.
« Moses est à un autre niveau que des gars comme Tyson Fury », lâche-t-il. Il va plus loin : selon lui, Fury lui-même le reconnaîtrait. Ni Fury, ni Anthony Joshua ne voudraient, dit-il, monter sur le ring avec Itauma. Et s’ils acceptaient, ce serait « très courageux ».
Les mots claquent, surtout dans un paysage où Fury et Joshua restent les deux figures majeures du poids lourd britannique moderne. Fury, doublement battu par Oleksandr Usyk. Joshua, quatre défaites en 34 combats, mais un palmarès de champion du monde unifié et une influence majeure sur la boxe britannique.
Hamed ne renie rien de ce qu’ils ont apporté. Il salue un Fury « incroyable pour la boxe britannique », sa personnalité, son côté haut en couleur. Il reconnaît aussi le rôle de Joshua, devenu champion du monde très tôt, visage lisse et puissant d’un sport remis au centre de la scène au Royaume-Uni.
Puis il coupe court. Il refuse la comparaison. Pour lui, Itauma est « un million de fois meilleur ».
Un record manqué de 14 jours, mais une autre histoire à écrire
La symbolique est forte. À 21 ans, Prince Naseem Hamed était devenu le plus jeune champion du monde britannique en détrônant Steve Robinson pour le titre WBO des plumes, à Cardiff, en 1995. Il avait 21 ans et 230 jours.
Si Itauma bat Hrgovic, il deviendra le deuxième plus jeune champion du monde des lourds de l’histoire, derrière Mike Tyson. Mais il manquera de peu le record national de précocité de Hamed : 14 jours. Un souffle.
L’intéressé, pourtant, ne s’accroche pas à ces chiffres. Il dit se moquer des records. Ce qui l’obsède, c’est de voir ce qu’il appelle un « boxeur spécial » aller au bout de son potentiel.
Une destinée visualisée dès l’enfance
Chez Hamed, la trajectoire d’Itauma résonne comme un écho personnel. Il raconte avoir, lui aussi, construit sa carrière autour d’une vision très précise : devenir champion du monde à 21 ans. Il avait ce scénario en tête dès ses années amateurs.
Pour Itauma, la ligne est similaire. Champion national chez les amateurs à 11 ans, déjà habité par l’idée de devenir champion du monde à 21 ans. Une obsession, presque un programme.
Hamed y croit sans trembler. Il se dit « tellement confiant » qu’Itauma deviendra champion du monde des lourds. Tellement sûr qu’il défendra cette ceinture « aussi longtemps qu’il le voudra ».
Hrgovic, l’outsider au CV plus fourni
Face à lui, Filip Hrgovic n’a pourtant rien d’un faire-valoir. 34 ans, médaillé de bronze olympique, 21 combats professionnels, une seule défaite – contre Daniel Dubois, actuel champion WBO, en 2024 – et une opposition globalement plus relevée que celle déjà affrontée par Itauma.
Les bookmakers le placent pourtant en outsider. Le Croate arrive avec l’étiquette du test sérieux, du vétéran aguerri, celui qui doit répondre à la grande question : Moses Itauma est-il déjà prêt pour un titre mondial ?
Pour Hamed, la réponse est limpide. Sur le papier, reconnaît-il, le combat ressemble à un examen. Mais il ne s’attend pas à une nuit compliquée pour le jeune Britannique. Il va même jusqu’à annoncer que ce sera « l’une des soirées les plus faciles » de la carrière d’Itauma, conclue par une conquête de titre mondial.
Un trône à prendre, et deux ombres au fond de la salle
Pendant qu’Itauma s’avance vers sa première ceinture, Tyson Fury et Anthony Joshua ont, eux, enfin trouvé un terrain d’entente pour un choc 100 % britannique attendu depuis des années. Deux anciens rois qui préparent leur propre règlement de comptes, pendant qu’un prétendant de 21 ans frappe déjà à la porte du sommet.
Si Prince Naseem Hamed a vu juste, la hiérarchie des lourds au Royaume-Uni pourrait bientôt être bouleversée. Reste à savoir si, dans quelques années, on parlera de Fury et Joshua comme de grands champions… ou comme les figures d’une ère que Moses Itauma aura définitivement refermée.




