Jordan Hermann brille lors de son premier ODI avec l'Afrique du Sud
À Windhoek, pour le tout premier ODI entre voisins, l’Afrique du Sud a débarqué avec une équipe remaniée. Elle repart avec une victoire nette, un record égalé et un nom à retenir : Jordan Hermann.
Le gaucher de 24 ans, propulsé en haut de l’ordre pour sa première sélection en 50 overs, a transformé ce baptême en démonstration. 150 points sur 126 balles, 17 fours, 3 sixes, un tempo qui s’accélère à mesure que la manche avance et, au bout du compte, une entrée dans l’histoire : il égale ainsi le record du plus gros score pour un joueur lors de son premier ODI, détenu par son compatriote Matthew Breetzke.
Une manche qui change de dimension
Son début d’essai reste mesuré, presque prudent : cinquante points atteints en 61 balles, le temps de prendre la mesure du terrain et de l’attaque namibienne. Puis le match bascule. Hermann appuie sur l’accélérateur, lit parfaitement la longueur, trouve les intervalles et commence à marteler le côté off. Ses deux demi-centaines suivantes tombent chacune en seulement 32 balles. Le bras se libère, le geste reste fluide, la Namibie recule.
À ses côtés, Tony de Zorzi joue le rôle parfait de partenaire de crime. Les deux gauchers verrouillent le score, étirent les lignes et punissent chaque erreur de longueur. Leur partenariat de 190 points pour le deuxième guichet, sur 167 balles, assomme les locaux. De Zorzi compile 70 points précieux, pendant qu’Hermann transforme une belle entame en manche de référence.
Le moment symbolique arrive dans la 42e over. Une simple dans les couverts, et Hermann atteint les 150. Applaudissements, coéquipiers debout. Balle suivante, il cède, pris à deep midwicket par Louren Steenkamp sur une livraison de Ruben Trumpelmann. L’Afrique du Sud est alors à 275 pour 3. Le travail est fait, le ton du match est donné.
Trumpelmann résiste, mais l’Afrique du Sud empile
La Namibie avait pourtant réussi un coup tôt dans la partie. Mis au bâton, les visiteurs perdent Ruben Hermann, le grand frère de Jordan, pour 8, piégé lbw par Trumpelmann. Le gaucher namibien signe la meilleure feuille de stats de son équipe avec 4 pour 68, grattant des wickets dans un contexte très défavorable.
Mais la profondeur sud-africaine fait la différence. Malgré ce premier coup, la machine ne se grippe pas. Après la sortie de Jordan Hermann, l’Afrique du Sud ajoute encore 73 points pour terminer sur 348 pour 6 en 50 overs. Un total massif dans n’importe quelles conditions, étouffant dans celles-ci.
La pluie s’invite, la Namibie n’y croit jamais vraiment
La réponse namibienne se complique très vite. La pluie s’invite, casse le rythme, tronque les plans. La poursuite se retrouve réduite à 31 overs, la cible réajustée à 262 selon la méthode Duckworth-Lewis-Stern. Déjà immense, la montagne devient presque infranchissable.
La Namibie ne trouve jamais le tempo. Les points n’arrivent qu’au compte-gouttes, les overs défilent, la pression grimpe. Malan Kruger tente de tenir la baraque en haut de l’ordre avec 34 sur 60 balles, mais il reste isolé. Aucun partenaire ne parvient à imposer un vrai contre-rythme à l’attaque sud-africaine.
Prenelan Subrayen, lui, profite pleinement du contexte. Le spinner contrôle le milieu d’innings, varie les trajectoires, étrangle la tentative de poursuite. Il termine avec 4 pour 29, chiffres qui résument l’emprise sud-africaine sur une Namibie limitée à 162 pour 8. L’écart est large, la marge au DLS encore plus parlante : 99 points.
Une série lancée, un absent de marque pour la suite
Cette victoire offre à l’Afrique du Sud un avantage de 1-0 dans cette série de trois ODI, tous disputés à Windhoek, avec les deux prochains rendez-vous prévus vendredi et dimanche. Une équipe de réserve, largement remaniée, vient déjà de remporter quatre de ses cinq rencontres lors du tri-série T20 face à la Namibie et au Zimbabwe. Elle confirme, dans un format plus long, qu’elle sait gagner même sans ses cadres.
Jordan Hermann, déjà présent sur l’intégralité de ce tri-série, y avait signé 53 points en finale dimanche. Il prolonge aujourd’hui sa forme dans un registre différent, plus long, plus exigeant, avec une maturité frappante pour un joueur qui ne compte que six apparitions en T20 international.
Paradoxalement, ce même Hermann ne figure pas dans le groupe retenu pour le prochain grand rendez-vous : une série à domicile contre l’Australie, trois ODI puis trois Tests à partir de la fin du mois. Une décision prise avant ce coup d’éclat, et qui donne à sa performance du jour un parfum particulier.
Un record égalé, une série lancée, une place encore à conquérir dans le groupe principal. La question plane désormais : après un tel début, combien de temps l’Afrique du Sud pourra-t-elle se passer de Jordan Hermann au plus haut niveau ?




