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Kawhi Leonard : retour à Toronto et contrat de 115 millions

Kawhi Leonard a tranché. Le joueur qui a offert à Toronto son unique titre NBA revient au Canada pour y boucler, selon toute vraisemblance, sa carrière. L’ailier star a trouvé un accord avec les Raptors pour une prolongation de deux ans à 115 millions de dollars, a révélé son agent Harrison Gaines à Shams Charania (ESPN). Le nouveau contrat prendra effet en 2027/28 et inclura une player option pour la saison 2028/29.

Autrement dit, Leonard a verrouillé son avenir à moyen terme, sans s’enchaîner complètement. Il touchera d’abord 50,3 millions de dollars en 2026/27, puis basculera sur cette nouvelle extension, avec la possibilité de reprendre sa liberté à l’été 2029.

Le retour du héros de 2019

Sept ans après avoir porté les Raptors à leur premier titre NBA, Leonard revient dans une ville qui ne l’a jamais vraiment oublié. Le transfert, conclu avec les Clippers le 30 juin, a pourtant longtemps semblé suspendu à un fil. L’échange a été mis en pause quelques jours, le temps que la ligue mène une enquête sur de possibles contournements du salary cap par Los Angeles, via des contrats de sponsoring fantômes destinés à payer Leonard.

Le verdict est tombé ce mois-ci : sanctions lourdes pour les Clippers pour violation des règles de contournement du cap, mais aucun match de suspension pour Leonard, aucun contrat annulé. Toronto n’a pas hésité une seconde. Le trade a été finalisé, et les discussions d’extension se sont accélérées. Un rapport jeudi dernier évoquait déjà des négociations très avancées. Elles sont désormais bouclées.

Entre-temps, les deux camps n’avaient jamais coupé le contact. Malgré le retard pris par la transaction, Raptors et Leonard ont, selon Charania, maintenu un dialogue constant durant tout l’été. À 35 ans, l’ailier se projette clairement sur la fin de son parcours : il s’attend à terminer sa carrière à Toronto.

Une saison de patron, un contexte en ruine

Leonard ne revient pas en touriste. Il sort l’une des meilleures saisons de ses 15 années en NBA. Sous le maillot des Clippers, il a disputé 65 matches, tournant à 27,9 points, 6,4 rebonds, 3,6 passes et 1,9 interception en 32,1 minutes. Le tout avec une ligne de tir chirurgicale : 50,5 % au tir, 38,7 % à trois points, 89,2 % aux lancers francs.

Résultat : septième au vote du MVP, membre de la All-NBA Second Team. Une campagne de franchise player, nette, assumée.

Mais autour de lui, Los Angeles a envoyé un autre message. Au dernier trade deadline, la franchise a cédé Ivica Zubac et James Harden, signe clair d’un passage en mode reconstruction ou, au minimum, reconfiguration profonde. Lorsque Leonard a compris qu’aucune extension à la hauteur de ses attentes ne viendrait, il a poussé pour un départ durant l’intersaison.

Toronto figurait tout en haut de sa liste. Pour deux raisons simples : la familiarité avec l’organisation et la ville, et la volonté du front office canadien de lui offrir immédiatement une prolongation solide. Les Raptors, eux, savaient qu’ils ne reverraient pas deux fois une fenêtre comme celle-ci.

Un contrat lourd, mais en dessous du maximum

Sur le papier, Leonard pouvait signer plus gros. La fameuse Over-38 rule l’empêchait d’étendre sur plus de deux ans, et les règles d’extend-and-trade limitaient sa hausse de salaire à 20 % la première année du nouveau deal, puis 5 % la suivante. En cumulant tout, son extension maximale possible tournait autour de 124 millions de dollars sur deux ans.

Il a signé pour 115 millions. Environ 9 millions de moins que le plafond théorique.

Ce n’est pas le seul geste financier. Dans le cadre de son transfert de Los Angeles à Toronto, Leonard a également renoncé à un trade kicker estimé à 7,5 millions de dollars. Un signe de plus qu’il ne s’agissait pas d’une simple opération opportuniste, mais d’un choix assumé de carrière.

Toronto, dernière scène d’un géant ?

Les Raptors récupèrent un joueur encore au sommet de son art, mais qui entre dans la dernière ligne droite de sa carrière. Leonard aura 35 ans lors de cette nouvelle aventure avec Toronto, un âge où chaque saison compte double, chaque blessure pèse plus lourd, chaque série de playoffs peut devenir la dernière grande chevauchée.

La franchise, elle, se retrouve avec un visage familier pour reconstruire une identité forte. Le souvenir de 2019 plane toujours sur la Scotiabank Arena. Cette fois, l’histoire ne se jouera plus sur un pari d’un an, mais sur un engagement à long terme. Avec une question simple, brutale, qui hantera chaque printemps : Kawhi Leonard peut-il, encore une fois, changer à lui seul le destin d’une franchise ?