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Kawhi Leonard revient à Toronto : un pari risqué

Toronto a fini par obtenir ce qu’elle voulait : Kawhi Leonard, officiellement de retour, officiellement engagé. Le feuilleton du Aspiration scandal a laissé des traces, les Clippers ont été sanctionnés, l’échange a enfin été validé… et les Raptors n’ont pas perdu une seconde.

À peine le trade entériné, la franchise canadienne a dégainé une prolongation XXL : deux ans, 115 millions de dollars, avec en plus une player option pour la saison 2028-29. Au total, Leonard est désormais garanti à hauteur de près de 165 millions de dollars sur la durée restante de son contrat. Un engagement massif. Un pari assumé.

Le retour du héros… au passé compliqué

À Toronto, le nom de Kawhi Leonard reste associé à une image : le tir au buzzer face à Philadelphia, le titre 2018-19, le seul de l’histoire de la franchise. Puis le départ, brutal, vers Los Angeles. Aujourd’hui, à 35 ans, il revient par une porte bien différente, lesté par les affaires et les blessures.

Dans le Aspiration scandal, Leonard s’en sort relativement bien : une restitution de 700 000 dollars, pas de suspension, pas de sanction sportive directe. Les Clippers, eux, ont payé plus cher et ont fini par accepter leur punition, ce qui a débloqué l’échange avec les Raptors.

Toronto, malgré tout, lui confie à nouveau les clés. Le message est clair : la franchise est prête à vivre avec le risque, tant qu’elle peut profiter du joueur.

Un pari sur un corps fragile

Le risque, justement, se lit dans les chiffres. Depuis la saison 2016-17, Leonard n’a dépassé la barre des 65 matchs joués qu’une seule fois. Sa disponibilité a longtemps été son talon d’Achille. Gestion de charge, pépins physiques à répétition, longues absences : difficile de bâtir un projet stable autour d’un tel profil.

Et pourtant, il sort de sa meilleure saison récente. Avec les Clippers, il a disputé 65 rencontres, tournant à 27,9 points par match, à 50,5 % au tir et 38,7 % à trois points. Des standards de superstar, tout simplement. Quand il est sur le parquet, il change le visage d’une attaque et verrouille une défense.

Toronto a choisi de croire à cette version-là de Leonard. Pas à celle qui regarde trop souvent en civil depuis le banc.

Les Raptors poussent tous leurs jetons au centre

Ce mouvement ne laisse aucune place au doute : les Raptors sont en mode « win now ». Le premier trade pour Leonard avait offert le Graal, un titre historique. Cette fois, le contexte est très différent, l’effectif aussi.

La saison passée, Toronto n’a affiché que le 15e meilleur offensive rating de la ligue. Moyen. Trop moyen pour espérer une longue route en playoffs. L’arrivée de Leonard vise précisément ce point faible : un scoreur d’élite, capable d’étirer la défense, de créer son tir, de punir derrière l’arc et de garder le niveau défensif au sommet.

Il rejoint un groupe où Scottie Barnes incarne déjà le futur visage de la franchise. L’association est intrigante : un vétéran champion, rompu aux joutes de mai et juin, aux côtés d’un jeune All-Star en devenir. Deux pôles autour desquels tout le reste doit s’articuler.

Une équipe ambitieuse, mais fragile

Le talent ne manque pas. La jeunesse non plus. La solidité, en revanche, reste une vraie question. Leonard arrive dans un vestiaire qui connaît déjà trop bien les infirmeries. Immanuel Quickley n’a disputé que 141 matchs depuis son arrivée à Toronto, Barnes a accumulé quelques blessures aussi improbables que frustrantes.

Cette accumulation de fragilités transforme la saison à venir en véritable funambule. Le potentiel est celui d’un candidat sérieux aux premières places de la Conférence Est et à une place en NBA Finals. Mais le moindre pépin peut tout faire dérailler.

Pour l’instant, Toronto choisit de voir le verre à moitié plein : Leonard sort d’une saison pleine, le scandale est derrière lui, les soucis extra-sportifs ne devraient plus parasiter sa préparation. La prolongation était la dernière pièce contractuelle à régler avant de se concentrer sur le parquet.

Dernier chapitre d’une carrière mouvementée ?

À 35 ans, Leonard se rapproche de la dernière ligne droite de sa carrière. Cette étape à Toronto pourrait bien être son ultime grand chapitre en NBA. La franchise, elle, se projette déjà : un duo Leonard–Barnes en vitrine, une base jeune autour, et une fenêtre de tir qui ne restera pas ouverte très longtemps.

Les Raptors ont décidé d’assumer le risque. Ils ont déjà vu ce que Kawhi Leonard pouvait leur apporter au sommet de sa forme : un trophée Larry O’Brien. La question, désormais, est simple, brutale, et elle planera sur toute la saison : son corps tiendra-t-il assez longtemps pour leur offrir une nouvelle chance d’y goûter ?