Kim Birrell brise sa malédiction au premier tour de l'US Open
On ne brise pas si facilement une malédiction de premier tour à l’US Open. Kim Birrell vient de le prouver, raquette serrée, regard dur, au terme d’un combat qui a traversé la nuit, la pluie et la peur de tout perdre sur une seule balle.
Sur le court 7 de Flushing Meadows, l’Australienne a renversé Petra Marcinko 3-6, 7-6 (7-4), 6-3 pour signer, à 28 ans, sa toute première victoire à l’US Open, lors de sa quatrième participation. Un score sec sur le papier, une histoire bien plus rugueuse dans la réalité.
Une balle de match dans la nuit, 14 heures de doutes
Dimanche soir, Birrell vacille. Elle a déjà perdu le premier set, elle se retrouve au bord du gouffre dans le deuxième. Dans le douzième jeu, Marcinko obtient une balle de match. Une seule. Mais suffisante pour tout faire basculer. L’Australienne la efface, s’accroche, force le jeu décisif.
Même là, rien ne lui est offert. Elle se retrouve menée par un mini-break. Encore en retard, encore dos au mur. Elle serre le jeu, ajuste ses frappes, grignote point après point jusqu’à retourner le tie-break et arracher ce deuxième set 7-6 (7-4). Le match est relancé, mais pas terminé.
Puis le ciel s’en mêle. La pluie tombe sur New York, interrompt tout, renvoie les joueuses à l’hôtel. Quatorze heures de coupure, de pensées qui tournent en boucle, de corps qui refroidit. Birrell repart dormir en sachant qu’elle devra revenir sur le court le lendemain, avec un troisième set à jouer et une occasion rare à ne pas laisser filer.
Mardi matin (heure australienne), elle revient sur le court 7 avec une mission : finir le travail. Elle ne tremble pas. Elle use Marcinko, hausse l’intensité, verrouille son service dans les moments chauds et finit par empocher le troisième set 6-3. Cette fois, la malédiction du premier tour est brisée.
Vengeance sur Marcinko, revanche sur le passé
Cette victoire a un goût particulier. Il y a deux mois à Eastbourne, sur gazon, la Croate lui avait infligé une défaite nette en deux sets. Avant cela, lors de leur première confrontation au Texas en février, Birrell s’en était sortie, mais après avoir encaissé un 6-0 dans la première manche.
Les confrontations entre les deux femmes n’ont jamais été tranquilles. À New York, l’Australienne a choisi son camp : celui de la résistance. Elle encaisse le premier set, recolle au mental, puis finit par user son adversaire sur la durée. Une victoire arrachée, plus construite que brillante, mais sans doute l’une des plus satisfaisantes de sa carrière.
Elle devient la deuxième Australienne à rallier le deuxième tour cette année, dans le sillage de Taylah Preston, déjà qualifiée. Un symbole fort pour une joueuse qui restait sur trois éliminations d’entrée à Flushing Meadows, en 2023, 2024 et 2025.
Alexandrova en ligne de mire… et un joli chèque
Sa récompense ne se limite pas au soulagement. Birrell s’offre un rendez-vous de haut vol avec Ekaterina Alexandrova, 19e mondiale. Un défi brutal, face à une frappeuse installée dans le top, mais aussi une opportunité de prolonger cette semaine new-yorkaise qui vient enfin de s’ouvrir pour elle.
Quoi qu’il arrive, elle repartira avec un chèque d’au moins 190 000 dollars américains, soit environ 265 000 dollars australiens. Si elle récidive mercredi (jeudi heure australienne), le parcours prendra une toute autre dimension.
Vukic s’incline, les autres Aussies entrent en scène
Pendant que Birrell s’accrochait à sa ligne de fond, Aleksandar Vukic, lui, n’a pas réussi à forcer le destin. Repris lui aussi après l’interruption météo, il était déjà mené d’un break dans la manche décisive face au Japonais Rei Sakamoto. À la reprise, Sakamoto ne lui laisse aucune ouverture : six points d’affilée sur son service, aucune balle lâchée, et un succès final 6-4, 6-7 (5-7), 6-4, 3-6, 6-4.
Le contingent australien ne s’arrête pas là. Quatre autres joueurs se préparent à tenter leur chance pour rejoindre Birrell et Preston au deuxième tour.
Alexei Popyrin hérite d’un nom lourd d’histoire à New York : Grigor Dimitrov. L’ancien demi-finaliste doit passer par les qualifications cette année après une longue absence sur blessure, mais le danger reste évident. Rinky Hijikata n’est pas mieux loti : il affronte le troisième tête de série, Felix Auger-Aliassime, montagne à gravir dès l’entrée.
James Duckworth, lui, se mesure à l’Italien Matteo Arnaldi, tandis que la jeune Maya Joint se frotte à Liudmila Samsonova, l’une des joueuses les plus redoutées du tableau.
Et dans l’ombre de ces premiers tours, le patron du tennis australien entre à son tour dans la danse. Numéro 7 mondial, Alex de Minaur lancera sa quête de titre mardi (mercredi heure australienne) face au qualifié italien Andrea Guerrieri.
Pour Birrell, la première barrière est enfin tombée à New York. Reste à savoir si ce n’est qu’une parenthèse lumineuse… ou le début d’un vrai chapitre dans son histoire avec l’US Open.




