Lamine Yamal et Rodri : ambitions du Barça pour la Champions League
À Barcelone, personne ne veut entendre parler de transition éternelle. Surtout pas Lamine Yamal. Le prodige du Barça a posé le décor sans détour devant les caméras de Movistar+. Pour lui, viser le sommet n’est pas un luxe, c’est une obligation.
« C’est bien d’être obsédé par la Champions League ; ce serait très lâche de notre part de ne pas croire qu’on va la jouer pour la gagner cette année », lâche l’ailier. Pas une phrase de façade. Une profession de foi.
Dans le vestiaire, assure-t-il, l’état d’esprit suit. Les joueurs entrent sur la saison avec l’idée qu’un sacre européen n’est pas un rêve lointain, mais un objectif concret. « Ça me rend heureux que les gens arrivent au vestiaire en pensant qu’on peut la gagner. Je pense que le problème serait si quelqu’un sortait et disait qu’on va la gagner quoi qu’il arrive, parce que tu ne peux jamais en être sûr », nuance tout de même le jeune international.
Le discours reste ambitieux, mais pas inconscient. Yamal sait d’où il parle, et surtout d’où vient le club. « À la fin de la journée, on est le Barça, et le Barça a eu des périodes où c’était la meilleure équipe de l’histoire et a gagné la Champions League. On a l’effectif pour y arriver. » Le rappel du pedigree n’est pas anodin. Barcelone ne se voit plus comme un outsider romantique. Le club veut redevenir ce qu’il a été : une référence.
Lamine Yamal vise un doublé Liga–Champions League. Rien de moins. Mais au sein du groupe, tout le monde ne se laisse pas emporter par l’enthousiasme du prodige.
Rodri, capitaine de la Roja et voix respectée du vestiaire, pose un regard plus mesuré sur les forces réelles de cette équipe. Pour lui, le Barça n’est pas encore au bout de son évolution sur la scène européenne. « La Champions League est jouable, mais je ne pense pas qu’on soit favoris », prévient-il.
L’objectif est clair : franchir ce fameux « dernier pas » qui sépare une équipe séduisante d’un champion d’Europe installé. « C’est cette étape finale qu’on doit franchir pour s’affirmer et montrer à l’Europe quel genre d’équipe on est. Cette équipe doit encore polir plusieurs choses pour la gagner », insiste le milieu.
L’homme sait de quoi il parle. Fort de son expérience et de ses titres, le vainqueur de Coupe du monde rappelle que la Champions League ne se gagne pas uniquement avec du panache offensif. C’est une affaire de détails, de temps forts et de temps faibles parfaitement gérés. « C’est un tournoi de moments, et de compréhension de ces moments », souligne-t-il, avant de pointer la voie à suivre : devenir « plus réguliers et plus solides », plutôt que de s’en remettre uniquement au talent offensif dans des matches à élimination directe souvent étouffants.
Deux voix, une même ambition, mais deux angles. D’un côté, l’élan brut d’un talent qui n’a peur de rien et refuse la moindre forme de résignation. De l’autre, l’exigence froide d’un cadre qui sait que les trophées se jouent souvent loin des projecteurs, dans la gestion, la discipline, la solidité.
Entre l’obsession assumée de Lamine Yamal et la prudence constructive de Rodri, le Barça trace sa ligne. Reste à savoir si cette saison, l’Europe reverra vraiment un Barcelone qui ne se contente plus de parler de son passé, mais recommence à l’écrire.




