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Lautaro et l’Inter : un objectif clair pour la C1

Inter Milan arrive à Madrid sans trembler. Ou du moins sans le dire. Mardi, au Santiago Bernabéu, les Nerazzurri lancent leur campagne de Ligue des champions 2026-27 face au Real Madrid, maître des nuits européennes, avec une idée fixe que Lautaro Martinez refuse de ranger au rayon des illusions.

Pour lui, la Coupe n’est plus un fantasme. C’est un plan de route.

« C’est un objectif », martèle le capitaine de l’Inter en conférence de presse, le regard déjà tourné vers la pelouse madrilène. Il ne parle ni de rêve lointain ni d’obsession maladive. Il parle de but concret, à atteindre, comme on vise un titre de Serie A ou une finale mondiale. « On a tous des rêves, mais c’est plus qu’une obsession. On doit rester calmes, on sait qu’il y a beaucoup d’équipes fortes. C’est clairement un objectif pour nous. Depuis mon arrivée ici, je répète qu’on doit travailler pour ramener le plus de trophées possible à l’Inter. »

Le décor est posé. Face à eux, le Real Madrid. Face à lui, Kylian Mbappé.

Mbappé en face, le respect… mais pas la crainte

Le duel a tout d’une affiche dans l’affiche. Lautaro Martinez d’un côté, Kylian Mbappé de l’autre. Deux des attaquants les plus tranchants de leur génération, réunis dans le théâtre le plus impitoyable d’Europe.

Supporter déclaré du Milan AC, Mbappé n’a pourtant pas ménagé ses compliments à l’égard de l’Inter. Il a salué la valeur du club lombard, rappelé qu’il mérite un immense respect, et placé Lautaro parmi les meilleurs avant-centres de la planète. Des mots forts, qui n’ont pas déstabilisé l’Argentin, bien au contraire.

Lautaro écoute, prend acte, puis renvoie le message avec la même assurance. Oui, le Real regorge de champions. Oui, Mbappé est l’une des références mondiales. Mais l’Inter de Cristian Chivu arrive avec ses propres armes, ses propres certitudes et un football suffisamment souple pour bousculer les Espagnols chez eux.

« J’ai entendu ce qu’il a dit, reconnaît Martinez. On va affronter une équipe remplie de champions, mais nous avons nos armes et des joueurs qui prouvent, année après année, qu’ils sont au top niveau. On s’est bien préparés, on a récupéré de l’énergie. On sait contre qui on joue, et Mbappé est clairement l’un des meilleurs attaquants du monde. »

Rien de bravache. Plutôt la voix d’un capitaine qui sait d’où vient son équipe. Trois Ligue des champions dans l’histoire de l’Inter, la dernière en 2010, sous les ordres d’un certain José Mourinho, aujourd’hui sur le banc madrilène. Deux finales perdues récemment, en 2023 puis en 2025. La blessure est fraîche, la cicatrice motive.

L’Inter ne débarque pas pour admirer le décor. Elle vient solder ses comptes.

L’ombre du Bernabéu, la mémoire des finales perdues

Le voyage à Madrid n’a rien d’une simple entrée en matière. C’est un test d’identité. L’Inter se présente avec le poids de ses échecs récents et l’ambition d’en faire un moteur plutôt qu’un frein.

Cette équipe a déjà vu la coupe de près, trop près, avant de la laisser filer. Elle sait ce que représente un printemps européen, ce que coûte une erreur, ce que vaut un détail. Au Bernabéu, ces détails décident souvent de la nuit.

Cristian Chivu, désormais aux commandes, s’appuie sur un groupe mûri par ces échecs. Lautaro, lui, incarne cette continuité : déjà là lors des finales perdues, toujours là pour porter la nouvelle tentative. Son discours ne laisse aucune place au fatalisme. L’Inter ne vient pas pour « faire bonne figure ». Elle vient pour se mesurer au plus grand et se prouver qu’elle peut enfin aller au bout.

Alvarez, l’ami en difficulté

Entre deux questions sur Mbappé et le Real, la conférence de presse a glissé vers un autre front : celui de la sélection argentine. Lautaro Martinez a été interrogé sur la situation de son compatriote Julian Alvarez, plongé dans une période délicate à l’Atletico Madrid.

L’attaquant a clairement affiché son envie de partir cet été, avec une attirance marquée pour le FC Barcelona. La direction de l’Atletico a fermé la porte, refusant catégoriquement de renforcer un rival direct en Liga. Résultat : Alvarez reste sous les ordres de Diego Simeone, sans avoir obtenu le changement qu’il souhaitait.

Lautaro ne commente pas la politique des clubs. Il se place sur un autre terrain, celui de l’amitié et du vestiaire albiceleste. « Alvarez est un ami, confie-t-il. Ce n’est pas un moment facile pour lui, mais la décision a été prise par le président de son club. J’espère qu’il continuera à montrer le niveau qui a toujours été le sien. »

Les mots sont simples, mais disent beaucoup. Dans cette génération argentine, les liens dépassent les rivalités de clubs. À Madrid, Barcelone, Milan ou ailleurs, ils se croisent en adversaires, mais restent liés par une histoire commune en sélection.

Après Messi, un vide à combler

Impossible de parler de l’Argentine sans évoquer la fin d’une ère. Lionel Messi a tiré un trait sur sa carrière internationale, fermant un chapitre que Lautaro a vécu de l’intérieur, du sacre mondial de 2022 jusqu’à la finale de 2026.

Dans le groupe, la nouvelle n’a pas été une surprise totale. La possibilité planait déjà. Mentalement, ils s’y étaient préparés. Mais quand le moment arrive vraiment, le choc reste immense.

« On savait tous que ce moment viendrait, reconnaît Lautaro. C’est une grande nouvelle, compte tenu de ce que Leo représente pour l’équipe et pour chacun de nous. Je garderai toujours avec moi tout ce qu’il nous a appris. »

Ce qu’il laisse derrière lui ? Un vide de leadership, de génie, d’aura. Aux joueurs de cette génération – Lautaro en tête – de transformer cet héritage en responsabilité. De passer de l’ombre du numéro 10 à la lumière de leurs propres rôles.

Un objectif assumé

À Madrid, tout se mélange : l’histoire de l’Inter, la présence de Mourinho, l’explosion annoncée de Mbappé, l’ambition nue de Lautaro, la transition de l’Argentine post-Messi. Mais pour le capitaine nerazzurro, tout converge vers une idée unique.

La Ligue des champions n’est plus un rêve enfantin. C’est une cible.

Inter Milan sait ce qu’il en coûte de la frôler sans la toucher. Le Bernabéu lui offre une nouvelle rampe de lancement. À Lautaro et aux siens de prouver que, cette fois, l’objectif n’est pas seulement déclaré. Il est réellement à portée.