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Lawson et Antonelli : un week-end contrasté en F1

« C’est dommage. Je pense qu’on serait passés. » Liam Lawson résume sa journée en une phrase, et elle sonne comme un soupir.

Lawson, un week-end à contretemps

Red Bull a joué son joker moteur sur la voiture du Néo-Zélandais, profitant de l’absence d’Isack Hadjar, toujours blessé. Sur le papier, une opportunité. Sur la piste, un week-end passé à remonter un courant trop fort.

Parti depuis la voie des stands, Lawson échappe au moindre accrochage dans la chicane du premier virage. Il en profite immédiatement : deux places gagnées dès le tour initial, 15e au bout de trois boucles. Le plan de remontée se dessine à peine que tout s’arrête net. Charles Leclerc tape le mur au virage 11, drapeau rouge, plus de trente minutes d’interruption.

La relance lui offre une nouvelle fenêtre. Mais cette fois, tout se dérègle. Contact avec Nico Hülkenberg au virage 4, aileron abîmé, arrêt obligatoire au 13e tour. Lawson ressort 21e. Tout au fond, avec seulement sa vitesse de pointe pour arme.

Il remonte pourtant. Lentement, patiemment. Il lui faut sept tours pour recoller au peloton, jusqu’au 20e passage sur la ligne. Sa chasse aux points, improbable, commence vraiment là.

Il double encore, se débarrasse en piste des deux Cadillac, pendant que Fernando Alonso range son Aston Martin au garage. Lawson grimpe 17e à l’approche de la mi-course. Devant, le trou est abyssal : plus de vingt secondes avec le groupe suivant.

Un Virtual Safety Car au 29e tour, provoqué par l’abandon de Lance Stroll, lui tend la main. Le peloton se resserre, l’écart fond, mais l’avantage stratégique bascule de l’autre côté. Ses rivaux chaussent des pneus plus frais, lui reste en piste avec un train déjà marqué.

Le Kiwi ne lâche rien. Il revient sur les deux Haas d’Esteban Ocon et Ollie Bearman, les dépasse, profite d’un arrêt tardif d’Alex Albon chez Williams pour grappiller encore une position. Il voit l’arrivée avec des pneus âgés de 41 tours, symbole d’une course menée au courage plus qu’à la stratégie gagnante. Sans récompense au classement, mais loin d’être anonyme.

Antonelli renverse tout, Russell perd gros

Devant, un autre récit se construit, à l’opposé total de la lutte de Lawson. Kimi Antonelli s’élance 19e, lui aussi après un changement de moteur. Il termine drapeau à damier en main. Septième victoire de la saison, sans doute la plus marquante.

Le jeune Italien frappe un grand coup dans la lutte interne chez Mercedes. George Russell mène la majeure partie de la course, contrôle les débats, se dirige vers un succès solide. Puis la course se retourne sur un détail qui n’en est pas un : une voiture de sécurité tardive.

Russell reste en piste. Antonelli, lui, plonge aux stands, chausse des pneus plus frais. L’écart de performance fait le reste. Dans le sprint final, la différence de gomme pèse lourd, trop lourd pour Russell, qui doit se contenter de la deuxième place. Antonelli, lui, s’envole aussi au championnat du monde : 66 points d’avance désormais sur son coéquipier.

Derrière le duo Mercedes, Max Verstappen limite les dégâts pour Red Bull avec une troisième place solide. Pierre Gasly, auteur de la pole surprise la veille avec Alpine, ne parvient pas à transformer l’essai sur la durée. Septième seulement, la monoplace française retombe dans le rang sur un relais complet, loin de l’éclat d’un tour qualif.

Racing Bulls sauve les meubles, Madrid en ligne de mire

Sans Lawson dans ses rangs, Racing Bulls trouve malgré tout le moyen de marquer doublement. Arvid Lindblad coupe la ligne en huitième position, Yuki Tsunoda prend le dernier point en jeu avec la 10e place. L’équipe peut se satisfaire de ce résultat d’ensemble, même si son avance dans la course à la cinquième place du championnat constructeurs se réduit à 13 points.

Au rayon abandons, la journée aura été cauchemardesque pour Aston Martin, avec les retraits conjugués de Lance Stroll et Fernando Alonso, tandis que l’erreur de Charles Leclerc chez Ferrari a redessiné le scénario dès le début.

Lawson, lui, n’a plus qu’un souhait : une nouvelle chance, dès le Grand Prix d’Espagne inaugural à Madrid la semaine prochaine, deuxième manche d’un double rendez-vous qui refermera la saison européenne. Une course de plus pour prouver qu’il mérite mieux qu’un simple rôle de doublure. Et peut-être, enfin, un week-end sans avoir à remonter le peloton depuis l’ombre.