Lindy Waters III quitte la NBA pour les Beijing Ducks
Lindy Waters III ne portera plus le maillot des San Antonio Spurs. Ni celui d’aucune autre franchise NBA, du moins pour l’instant. Après cinq saisons à naviguer entre rotation de bout de banc, contrats partiels et éclairs de réussite, l’ailier a choisi une nouvelle voie : la Chinese Basketball Association. Il s’est engagé avec les Beijing Ducks, comme l’a révélé Brett Siegel (ClutchPoints).
Un virage net dans une carrière construite à la force du poignet.
De l’Oklahoma à Pékin
Formé pendant quatre ans à Oklahoma State, Lindy Waters III n’avait pas entendu son nom le soir de la Draft 2020. Premier coup dur. Il rebondit en The Basketball League avec les Enid Outlaws, circuit loin des projecteurs, avant que l’Oklahoma City Thunder ne lui ouvre la porte.
À Oklahoma City, Waters passe trois saisons à faire l’aller-retour entre la NBA et l’équipe affiliée en G League, l’Oklahoma City Blue. Un rôle de shooteur de complément, parfois utilisé, souvent oublié. Sur 104 matchs avec le Thunder, il tourne à 5,3 points et 1,8 rebond. Rien de clinquant, mais assez pour rester dans les radars.
L’été 2024 marque un tournant. Les Golden State Warriors misent sur lui. Dans une rotation plus structurée, Waters trouve un peu d’air : 38 matchs, dont 9 en tant que titulaire, 5,5 points, 2,5 rebonds et 1,1 passe de moyenne. Il montre qu’il peut tenir son rang dans un effectif ambitieux.
La parenthèse californienne se referme pourtant vite. Au milieu de la saison 2024-25, il est envoyé aux Detroit Pistons dans le cadre du gigantesque échange à cinq équipes autour de Jimmy Butler. Changement d’environnement, hiérarchie différente, rôle réduit : en 14 matchs, il ne produit plus que 3,4 points et 1,0 rebond.
L’été suivant, nouvelle adresse : San Antonio.
Une dernière danse avec les Spurs
Les Spurs le signent l’été dernier. Waters devient un élément de rotation très limité, mais intégré dans un projet qui grimpe. Gregg Popovich l’utilise surtout en sortie de banc, sur de courtes séquences : 40 matchs, 7,1 minutes de moyenne, 2,4 points.
Son temps de jeu reste maigre, mais le décor change. San Antonio avance. Portés par un Victor Wembanyama déjà au cœur de la ligue, les Spurs tracent leur route jusqu’aux Finales NBA 2026. Waters y participe à la marge : 9 apparitions, 3,8 minutes, 1,7 point par match. Des miettes, certes, mais des miettes au plus haut niveau.
Une fois la saison bouclée, la franchise texane choisit pourtant de ne pas lui proposer de nouveau contrat. Sans place garantie dans une rotation NBA et avec le marché qui se resserre, Waters opte pour une solution radicale : quitter la ligue.
Les Beijing Ducks lui offrent ce que la NBA ne lui donne plus vraiment : un rôle plus important, des responsabilités, un nouveau statut. Il y rejoindra JaKarr Sampson dans une équipe qui reste ambitieuse : quatrième de la saison régulière CBA l’an dernier (29 victoires, 13 défaites), les Ducks ont atteint les demi-finales avant de tomber face aux futurs champions, les Shanghai Sharks.
San Antonio se reconstruit autour de Wembanyama
Pendant que Waters fait ses valises pour la Chine, les Spurs, eux, verrouillent leur futur. Sortis frustrés des Finales, ils n’ont pas dynamité l’effectif. Ils l’ont consolidé.
Le geste le plus fort est sans surprise pour Victor Wembanyama : une prolongation de cinq ans pour 252 millions de dollars. Franchise player assumé, visage de la ligue en devenir, le Français devient officiellement la pierre angulaire de tout le projet texan.
Autour de lui, San Antonio choisit la continuité : Harrison Barnes, Julian Champagnie et Jordan McLaughlin obtiennent de nouveaux contrats. Le front office ne bouleverse pas le vestiaire, il le renforce par touches ciblées.
Le poste d’ailier-fort était désigné comme le besoin prioritaire de l’été. La réponse arrive avec la signature de Tobias Harris pour deux ans. Un vétéran capable de prendre des responsabilités, de scorer, de s’adapter à différents cinq majeurs. Il devrait entrer en concurrence directe avec Julian Champagnie pour une place de titulaire au poste 4, juste à côté de Wembanyama.
Sur la Draft, les Spurs poursuivent leur logique de construction en profondeur. Jayden Quaintance et Tarris Reed Jr. arrivent au premier tour, Ja’Kobi Gillespie et Maliq Brown au second. Quatre jeunes pièces de plus à intégrer dans un système déjà bien huilé.
Un choix de carrière et une question ouverte
Pour Lindy Waters III, ce départ vers Pékin n’est pas un exil forcé, mais un pari. La NBA lui a offert cinq saisons, des bouts de rotation, quelques opportunités, un passage en Finales. La CBA peut lui offrir autre chose : des minutes, des tirs, un rôle central dans une équipe qui joue le titre.
Les Spurs, eux, avancent sans lui, avec un effectif resserré autour de Wembanyama et une fenêtre de titre qui s’ouvre à peine.
Reste une inconnue, comme pour tant d’Américains partis en Chine avant lui : ce voyage à Pékin sera-t-il une parenthèse avant un retour en NBA, ou le début d’un tout nouveau chapitre définitif loin des parquets nord-américains ?




