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Liverpool entame sa campagne européenne sous Iraola

À Anfield, Liverpool lance sa campagne européenne avec déjà des choix forts à assumer. Mercredi soir, face à l’Atletico Madrid, ce ne sera pas seulement une entrée en Ligue des champions : ce sera aussi le premier grand test continental du Liverpool version Iraola.

Iraola bouscule déjà les habitudes

Fraîchement installé sur le banc des Reds, Iraola n’a pas attendu pour imposer sa marque : pressing haut, transitions éclairs, un football qui exige des jambes, du courage… et de la rotation. Après la victoire à Ipswich vendredi, l’entraîneur a prévenu : tout le monde sera mis à contribution.

Dans son débrief, il a cité deux noms sans détour : Jeremy Frimpong et Ronald Araujo. Un message limpide. Ils ne seront pas de simples figurants dans cette saison, ils doivent être des titulaires d’alternance, lancés selon le contexte et l’adversaire.

Frimpong, laissé sur le banc à Portman Road, vise déjà sa revanche. Anfield, une soirée de Ligue des champions, un Atletico Madrid en face : difficile d’imaginer meilleur décor pour signer son retour dans le onze. Sa vitesse et sa capacité à attaquer les espaces collent parfaitement à l’idée de jeu d’Iraola.

Araujo vers l’axe, Jacquet trop juste

Derrière, la réflexion est ouverte. Ronald Araujo pourrait glisser dans l’axe pour accompagner Virgil van Dijk. Une charnière aux allures de mur, pensée autant pour résister à l’impact de l’Atletico que pour sécuriser une ligne défensive souvent très haute.

Ce possible recentrage tient aussi à la situation de Jeremy Jacquet. Le jeune Français a été remplacé lors des deux premiers matches de Premier League et a fini dans la difficulté le week-end dernier. Pas encore prêt à enchaîner 90 minutes à haute intensité, il oblige Iraola à revoir son plan. Araujo-Van Dijk, sur le papier, offre des garanties immédiates.

Mac Allister menacé, Gravenberch en embuscade

Au milieu, la concurrence s’annonce tout aussi féroce. Alexis Mac Allister, précieux par sa qualité de passe et sa lecture du jeu, pourrait cette fois laisser sa place. Ryan Gravenberch se tient prêt à reprendre sa place aux côtés de Dominik Szoboszlai dans un double pivot plus vertical, plus agressif à la récupération.

Gravenberch apporte des courses vers l’avant, des projections qui collent au modèle d’Iraola. Szoboszlai, lui, reste le métronome énergique, capable de dicter le tempo tout en pressant comme un attaquant.

Derrière eux, un nom gagne du terrain : Trey Nyoni. Utilisé en sortie de banc depuis le début de saison, le jeune milieu a marqué des points. Son entrée en jeu apporte fraîcheur, audace et personnalité. Assez pour prétendre à une première titularisation européenne ? La question se pose réellement.

Isak en pointe, Gakpo sous pression

Devant, le décor est plus clair. Alexander Isak mènera l’attaque. Reposé après avoir été sorti peu après l’heure de jeu contre Ipswich, l’avant-centre suédois reste sur un doublé, son premier sous le maillot de Liverpool. Un signal fort envoyé avant d’affronter une défense réputée pour son cynisme.

Reste l’énigme Cody Gakpo. Le Néerlandais a démarré la saison pied au plancher : un but, trois passes décisives, une influence grandissante entre les lignes et dans les demi-espaces. Sa connexion naissante avec Isak intrigue déjà. Les appels du Suédois, le jeu dos au but et la capacité de Gakpo à se glisser entre les lignes ont offert des séquences très prometteuses.

Mais la rotation guette aussi l’attaque. Bradley Barcola et Rio Ngumoha frappent à la porte du onze. Leur profil plus direct, plus explosif, peut séduire face à un bloc bas et compact comme celui de l’Atletico. Iraola devra trancher : prolonger la dynamique Gakpo-Isak ou injecter du sang neuf pour surprendre Diego Simeone.

Wirtz, le nouveau cerveau

Entre les lignes, un homme s’impose déjà comme la pièce maîtresse du puzzle : Florian Wirtz. Positionné dans le fameux « pocket », ce demi-espace où se décident les matches, l’Allemand incarne le projet offensif d’Iraola. Il décroche, combine, casse les lignes par la passe courte ou la conduite de balle. À chaque prise de balle, Liverpool avance.

Iraola veut en faire son chef d’orchestre, le joueur autour duquel tout s’articule. Dans une rencontre où chaque mètre gagné face à l’Atletico se paie au prix fort, la justesse de Wirtz pourrait peser autant qu’un but.

Des choix forts avant même le coup d’envoi

Deux absences donnent aussi le ton. Wataru Endo n’apparaît pas sur la liste de Liverpool pour la Ligue des champions. Un signe clair sur la hiérarchie actuelle au milieu et sur le virage athlétique pris par le club. Victor Munoz, lui, pourrait être ménagé, preuve qu’Iraola regarde déjà plus loin que ce seul rendez-vous.

Anfield attend la grande nuit européenne, les drapeaux, l’hymne, le vacarme. Iraola, lui, attend surtout de voir si son Liverpool, déjà remodelé, peut imposer son rythme à un Atletico habitué à dicter le sien. La réponse viendra peut-être d’un détail : un pressing réussi, une passe de Wirtz entre deux lignes, un appel d’Isak dans le dos.

Pour un nouveau Liverpool, c’est plus qu’un premier match de poules. C’est une déclaration d’intention.