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Louré Pretorius brille avec un siècle et une victoire sud-africaine

À Windhoek, au Namibia Cricket Ground, Louré Pretorius avait laissé quelque chose en plan mardi. Six runs. Six petits runs qui l’auraient mené à son premier siècle international chez les seniors. À 94 sur 51 balles, il s’était écarté très loin de son off stump, avait exposé le reste et vu ses stumps voler, bowled around his legs. Frustré, sans doute, par cette série de partenaires qui se succédaient au retour du pavillon en lui refusant le strike.

Vendredi, face à la Namibie, il est revenu les chercher. Exactement là où il les avait abandonnés. Il les a repris. Et il en a trouvé un de plus.

Pretorius retrouve ses runs perdus

Cette fois, la feuille de stats raconte 101 sur 53 balles. Plus des deux tiers de ses points frappés en quatre et en six. Huit six au total, dont sept envoyés plein axe, dans le V, pour 60 runs en 19 balles. Le reste, ou presque, a filé en coups puissants square of the wicket.

Et le verbe n’est pas trop fort : il a véritablement assené la balle. La légende veut que les gauchers soient plus élégants, que la balle glisse de la batte avec la grâce d’un patineur artistique. On a vu ça chez David Gower ou Brian Lara. Beaucoup moins chez Graeme Pollock ou Graeme Smith.

Pretorius, lui, appartient clairement à la catégorie des forgerons, pas des papillons. Rien de fluet, rien de précieux. Mais terriblement captivant. Il y a quelque chose de réjouissant à voir un joueur qui ressemble à Monsieur Tout-le-monde frapper comme personne ne le fera jamais sur un terrain de quartier.

Quinton de Kock l’a baptisé « Young Lou ». Un autre gaucher qui ne rechigne pas à frapper fort. Young Lou, donc, le fait pour tout le monde, peu importe de quel côté on tient la batte.

Esterhuizen, le droitier qui allume la mèche

À ses côtés, vendredi, un droitier « humble », comme le décrit le récit du match, a joué encore plus fluide que lui : Connor Esterhuizen. Son 88 sur 40 balles parle de lui-même. Taux de frappe : 220,00. Soit 29,44 points de plus que Pretorius.

Les deux ont lancé l’attaque sud-africaine avec une ouverture tonitruante : 156 runs en 70 balles. Un partenariat qui a tenu jusqu’au 12e over, avant qu’Esterhuizen ne cède, emporté par son propre élan, en se jetant de manière désordonnée sur une balle de Jan Balt. Comme Pretorius mardi, il a laissé sur le terrain quelque chose de très concret : son leg stump.

Face aux médias, Esterhuizen a décrit Pretorius comme « super laser-focused et toujours à la recherche de la faille chez l’adversaire » et s’est résumé lui-même comme « parfois un vrai paquet de nerfs sur le terrain ».

Pretorius, lui, a renvoyé le compliment. « Connor m’a beaucoup facilité la tâche, et quand il a perdu son wicket j’ai pu prendre le relais comme leader au milieu et essayer de capitaliser », a-t-il expliqué au diffuseur officiel.

Il connaît le jeu et ses pièges : « Le T20 est un jeu de marges infimes et de coups à haut risque. Quand tu es en forme, tu dois surfer sur cette vague aussi longtemps que possible, parce que tout peut changer très vite. Je suis venu avec la même approche que mardi : essayer d’atteindre la barre des 15 balles jouées. Je savais que le reste suivrait. »

Un total record… et la frayeur derrière

Sur le tableau, le résultat est limpide : 228/4. Premier score au-dessus de 200 dans les six matchs du tournoi. Sur le papier, largement de quoi museler la Namibie à domicile.

Sur le terrain, l’histoire a été moins confortable.

Les Namibiens connaissent trop bien les conditions difficiles, sur le terrain comme en dehors, pour lâcher l’affaire. Ils ont tenu, encore et encore, et ont poussé ce match bien plus loin que ne l’aurait souhaité l’Afrique du Sud.

Louren Steenkamp et Jan Frylinck, encore un gaucher qui frappe fort, ont construit une réponse magistrale : 119 runs en 65 balles pour l’ouverture. Le public y a cru, et pas qu’un peu.

Puis la température a commencé à baisser.

Au 11e over, Frylinck, en feu jusque-là avec 72 sur 36 balles, a tenté un pull sur Andile Simelane vers la limite côté square leg. Tony de Zorzi, parfaitement placé, a jonglé avec la ligne, a sauté, s’est rééquilibré, a gardé ses appuis à l’intérieur et a complété une prise aussi spectaculaire que cruciale.

Le souffle namibien s’est fait plus court à partir de là.

La Namibie pousse jusqu’au bout

Gerhard Erasmus a ensuite pris les commandes de la fin d’innings. Il termine à 30 not out sur 26 balles. Seul véritable soutien significatif : Ruben Trumpelmann, 21 sur 10, venu donner un dernier coup d’accélérateur.

La Namibie finit à 217/3. Onze runs de moins que l’Afrique du Sud. Une victoire sud-africaine, oui, mais au forceps.

Bjorn Fortuin ne s’y est pas trompé au micro du diffuseur : « C’était un peu plus serré que ce qu’on voulait, mais on a appris à ne rien tenir pour acquis dans ce jeu. Une victoire reste une victoire et on a fait de bonnes choses, mais il y a encore beaucoup de travail avant le dernier match. »

Un total record, un siècle réparateur pour Young Lou, une frayeur en défense et un avertissement clair : dans ce tournoi, rien ne sera donné. Tout devra être repris, comme ces six runs perdus à Windhoek.