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Luis de la Fuente défend le football espagnol avant le Ballon d'Or

Luis de la Fuente ne baisse pas le ton. À un mois d’une cérémonie du Ballon d’Or annoncée pour le 26 octobre, le sélectionneur de l’Espagne a choisi le micro d’El Larguero pour livrer le fond de sa pensée. Et pour défendre, frontalement, la cause du football espagnol.

Son pays aligne vingt-six nommés, toutes catégories confondues. Pourtant, pour lui, l’essentiel manque encore : le prix suprême. Trop longtemps, selon De la Fuente, les Espagnols ont été laissés à la porte de la plus grande récompense individuelle.

« Je pense qu’il doit être gagné par un Espagnol, parce qu’ils sont les meilleurs du monde dans beaucoup d’aspects, y compris dans leur compréhension du jeu. Le footballeur espagnol est un joueur presque, presque parfait. Ils ont fait largement assez de mérites cette année… Et il semble qu’il soit difficile de donner cette reconnaissance à nos joueurs », lâche-t-il.

Le cas Lamine Yamal, confiance assumée

Au cœur de cette campagne, un visage incarne la nouvelle vague : Lamine Yamal. Le prodige du Barça, déjà propulsé au rang de star mondiale, s’est récemment placé lui-même dans la même catégorie que Kylian Mbappé. Une déclaration qui a fait le tour de la planète.

Provocation ? Arrogance ? Pas pour De la Fuente, qui défend son jeune joueur sans hésiter. Pour lui, cette ambition colle simplement à la réalité du terrain.

« Il faut voir dans quel contexte c’est dit. Et je pense que Lamine le dit simplement parce qu’il a fait assez de mérites, comme Mbappé. Ce sont deux joueurs avec un toucher différent et qui, dans les années à venir, en respectant les autres, vont marquer le football. Ça ne me semble pas un manque de respect de dire qu’ils ont fait des mérites pour le gagner », explique-t-il.

Dans l’esprit du sélectionneur, Lamine Yamal et le nouveau joueur du Real Madrid, Mbappé, représentent à la fois le présent brûlant et l’avenir immédiat du très haut niveau. Deux pôles d’attraction qui captent la lumière… parfois au détriment des autres.

Fabian Ruiz, le grand oublié

Car derrière les grands noms qui trustent les unes, De la Fuente voit surtout des soldats de l’ombre. Et un en particulier : Fabian Ruiz. Le milieu du Paris Saint-Germain, clé de voûte de son équipe nationale, n’obtient pas, à ses yeux, la reconnaissance mondiale qu’impose son rendement.

Le sélectionneur insiste : le Ballon d’Or devrait d’abord récompenser le socle collectif qui a triomphé. En clair, le succès de la Roja doit peser lourd dans le vote.

Interrogé sur un choix entre Rodri et Lamine Yamal pour le trophée, il dévie volontairement : « Et Fabian, dont on oublie toujours de parler. L’autre jour, j’ai dit que Mikel Oyarzabal me manquait, qui au minimum devrait être parmi les 30, pour reconnaître le talent d’un footballeur fantastique et qui a été le meilleur buteur de la sélection championne du monde. »

Le message est clair : les projecteurs sont trop étroits pour englober tous ceux qui ont porté l’Espagne au sommet. Et cela l’agace.

« Ces choses-là, en ce moment, doivent être mises en valeur, qu’ils le gagnent ensuite ou pas. Je suis aussi surpris que Pedri n’y soit pas, mais parmi ceux qui sont là, je ne parie sur aucun en particulier. Celui qui le gagnera, parmi les footballeurs espagnols, me rendra très heureux. »

L’empire espagnol des gardiens

De la Fuente élargit ensuite le cadre. Pour lui, la profondeur espagnole ne se limite pas aux milieux et aux attaquants. Elle s’illustre aussi, et peut-être surtout, dans les buts.

Unai Simón, David Raya, Joan García : les trois gardiens utilisés lors du Mondial figurent tous parmi les nommés pour le trophée de meilleur portier. Une anomalie statistique pour certains, une confirmation pour lui.

Cette triple présence ne fait que renforcer sa conviction : l’Espagne règne sur la position la plus exigeante du jeu. Il le martèle depuis longtemps, et la liste des nommés lui donne, une fois de plus, des arguments.

« Misons sur ce qui est à nous et valorisons-le. Je crois que le Ballon d’Or doit être gagné par un Espagnol, bien sûr. De la même manière que, pour le trophée des gardiens, c’est un privilège d’avoir les trois gardiens du Mondial nommés. Et nous avons toujours dit que parmi les cinq meilleurs gardiens du monde, il y a toujours trois Espagnols, au minimum. »

La ligne est tracée. De la Fuente ne réclame pas un cadeau, il exige une reconnaissance. Si le Ballon d’Or doit raconter la vérité de l’année écoulée, il veut qu’il parle, enfin, avec un accent espagnol.