Lutte libre à l’Arena Mytishchi : Chimaev contre Woodley en vedette
À l’Arena Mytishchi, la lutte libre a pris des airs de grande soirée de gala. Real American Freestyle avait promis un plateau XXL, il l’a livré. Treize combats, des champions olympiques, des visages familiers de l’UFC, des ceintures en jeu et un public moscovite qui n’a jamais levé le pied.
Le choc annoncé entre Khamzat Chimaev et Tyron Woodley fermait la marche, mais la carte avait déjà enchaîné les affiches de prestige et les scénarios marquants bien avant le main event.
Snyder et Dake gardent la main sur leurs trônes
Les ceintures étaient au cœur de la soirée, et les champions ont répondu présent.
En light heavyweight, Kyle Snyder défendait son titre contre le phénomène olympique Akhmed Tazhudinov. Affiche lourde, pression maximale. Snyder n’a pas laissé la moindre ouverture stratégique décider pour lui : il a imposé son rythme, son sens du contact, sa science des enchaînements. Score final : 11-5. Autoritaire. Le champion conserve sa ceinture et rappelle, une fois encore, pourquoi son nom reste une référence de la catégorie.
Juste en dessous, en cruiserweight, Kyle Dake a vécu une défense autrement plus tendue. Face à Kadik, le champion a dû puiser dans ses réserves pour arracher une victoire étriquée, 7-6. Combat serré, marges infimes, chaque séquence comptait. Dake s’en sort, ceinture toujours autour de la taille, mais l’avertissement est clair : la concurrence se rapproche.
Chez les femmes, Kennedy Blades n’a, elle, laissé place à aucun suspense. En jeu, le titre de championne en middleweight. En face, Vusala Parfianovich. Blades a tranché la question en une démonstration expéditive : victoire par supériorité technique, 10-0. Une défense clinique, un message limpide à toutes les prétendantes de la catégorie.
Burroughs, Blades, Nickal : les stars déroulent
Le plateau de Moscou n’était pas qu’un alignement de ceintures. C’était aussi un défilé de noms qui pèsent lourd dans l’histoire récente de la lutte.
Jordan Burroughs, aligné en middleweight face à Magomed Kurbanaliev, a rappelé que son instinct de tueur reste intact. Il a plié l’affaire par supériorité technique, 10-0. Sans bavure. Sans discussion. Quand Burroughs trouve son tempo, la marche est souvent trop haute pour l’adversaire.
Bo Nickal, lui, a dû composer avec plus de résistance en light heavyweight. Opposé à Shirvani Muradov, il s’est imposé 11-7 à l’issue d’un duel ouvert, rythmé, parfois sauvage dans les échanges. Nickal a fait parler sa palette offensive, assez pour garder la main dans un combat qui n’a jamais vraiment ralenti.
Chez les plus légers, Vito Arujau a offert l’une des démonstrations les plus nettes de la soirée. En featherweight, il a surclassé Soslan Ramonov, victoire par supériorité technique 13-3. Un écart qui dit tout de la maîtrise affichée.
Les cartons techniques pleuvent
La soirée a souvent basculé avant même la limite. Les victoires par supériorité technique ont rythmé la carte.
Yusuf Raisov a montré la voie en middleweight, dominant Marif Piraev 12-2. Une gestion froide, une avance construite échange après échange, jusqu’à l’arrêt inévitable.
Même scénario pour Arujau et Burroughs, tous deux en mode rouleau compresseur, et pour Kennedy Blades, intraitable dans sa défense de titre. Quand ces noms-là déroulent, les scores s’envolent.
Magomedov, Nolf, Rahmani : les duels à couteaux tirés
Tout n’a pas été une question de démonstration. Certains combats ont tenu le public en haleine jusqu’au bout.
En cruiserweight, Shara Magomedov a pris le dessus sur Neiman Gracie, 11-3. Score large, mais combat engagé, avec un Magomedov constamment en avance, constamment menaçant.
Jason Nolf a, lui, arraché l’une des fins de combat les plus tendues de la soirée. En catchweight face à Ismail Khaniev, il s’impose… 5-5. Avantage au critère, victoire au bout du fil. Rien de spectaculaire sur le tableau d’affichage, mais un combat où chaque point pesait lourd.
Chez les lourds, Pouya Rahmani a dominé Anatoly Malykhin 10-3. Un succès solide, construit sur la durée, avec suffisamment de maîtrise pour empêcher tout retour adverse.
Sadulaev, Valencia et les autres affiches
Le plateau alignait aussi des noms qui, à eux seuls, justifient le prix du billet. Abdulrashid Sadulaev était annoncé en light heavyweight face à Zac Braunagel, tout comme Zahid Valencia en cruiserweight contre Ibragim Kadiev. Des affiches taillées pour les puristes, dans une soirée où chaque catégorie trouvait son moment.
Chimaev – Woodley, l’affiche qui plane sur Moscou
Tout cela menait à une question : que donnerait le choc en catchweight entre Khamzat Chimaev et Tyron Woodley, en tête d’affiche de cette RAF Moscow ?
Chimaev revenait pour une deuxième apparition sous la bannière RAF, après avoir fait tomber Dillon Danis par tombé en juin. Woodley, lui, débarquait à Moscou porté par un renversement spectaculaire à RAF 12 : mené 8-1 par Joaquin Buckley, il avait renversé la table pour s’imposer 14-8, sa première victoire en sports de combat depuis 2018.
Deux anciens champions UFC, deux trajectoires qui se croisent au cœur d’une soirée dédiée à la lutte, dans une Arena Mytishchi chauffée par des heures d’action. La carte avait déjà tenu ses promesses quand ils se sont avancés vers le tapis.
La question, désormais, n’est plus de savoir si Real American Freestyle a trouvé son public à l’international. Elle est de mesurer jusqu’où ce format hybride, entre stars de la lutte pure et visages venus du MMA, peut encore pousser les frontières de ce sport.




