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Madrid dévoile son nouveau circuit avec Antonelli en tête

Le Madring n’a pas attendu la course pour dévoiler ses dents. Nouvel ovni du calendrier, mélange de rues urbaines et de sections dédiées, le tracé de 5,4 km a offert une première journée tendue, rapide, parfois brouillonne, mais déjà fascinante. Et au sommet de cette première hiérarchie, un nom : Kimi Antonelli.

Le jeune leader du championnat, porté par son incroyable remontée depuis la 19e place à Monza, a signé le meilleur temps des essais libres sur ce circuit hybride où la moindre approximation se paie cash. Le décor est posé : virages à haute vitesse, murs proches, gros freinages, courbes longues qui torturent les pneus. Une piste qui ne pardonne pas, mais qui semble taillée pour son audace.

« C’est un circuit très cool à piloter », a-t-il résumé.

Une journée piégeuse, mais sans carnage

Le Madring avait tout pour devenir un piège grandeur nature. Il l’a été, sans dégénérer. Peu d’incidents majeurs, mais assez de frayeurs pour rappeler à tous que l’Espagne retrouve son Grand Prix dans une configuration bien plus sauvage qu’à Barcelone.

La première grosse alerte est venue d’Arvid Lindblad. Le Britannique a perdu l’arrière de sa Racing Bulls dans un virage et a terminé dans les barrières, déclenchant le premier drapeau rouge du week-end. Malgré ce crash en deuxième séance, il a signé le quatrième temps, preuve que le rythme est là.

Plus tôt, les formules de promotion avaient ouvert le bal, avec un accident spectaculaire en F2 : Tasanapol Inthraphuvasak a violemment tapé les barrières avant que sa monoplace ne prenne feu. De quoi rappeler aux pilotes de F1 que ce nouveau circuit ne tolère aucune distraction.

Plusieurs d’entre eux sont sortis large, certains ont effleuré les murs, beaucoup ont lutté avec les limites de piste et le trafic dans un tracé où les opportunités de dépassement semblent rares. Tout indique que le samedi jouera un rôle démesuré.

« Les dépassements vont être un vrai défi, a prévenu Antonelli. Ça rend notre tour lancé demain matin encore plus crucial. »

Le ton est donné : la qualif s’annonce comme la clé de la première course de F1 à Madrid depuis 45 ans.

Antonelli devant, Mercedes sous pression stratégique

George Russell avait ouvert la voie en signant le meilleur temps de la première séance, juste devant son coéquipier italien. En deuxième, Antonelli a repris la main, avec une marge infime : Charles Leclerc et Lewis Hamilton se sont intercalés aux deuxième et troisième places, à environ un dixième seulement.

Derrière ce trio, Lindblad a complété un top 4 très compact, devant Russell et Max Verstappen. L’écart se joue au détail, au freinage, dans la gestion des pneus, dans la capacité à oser sans trop mordre sur les limites.

Chez Mercedes, la performance pure n’est pas le seul sujet. Le véritable casse-tête se trouve dans la dégradation des pneus. Russell n’a pas caché l’ampleur du problème : selon les simulations, une course à six arrêts aurait été la plus rapide dans ces conditions d’essais. Evidemment irréaliste pour dimanche, mais révélateur.

« Ce long virage détruit les pneus, ça va être un vrai défi pour tout le monde », a-t-il lâché.

Les équipes ont constaté un paradoxe : une adhérence étonnamment bonne, mais des gommes difficiles à maintenir dans la bonne fenêtre de fonctionnement. Le dimanche pourrait se transformer en exercice d’équilibriste.

Avec 66 points d’avance sur Russell et dix courses encore à disputer, Antonelli ne se contente plus de briller. Il installe son emprise. Madrid peut devenir un tournant si le jeune leader transforme cette pole potentielle en nouvelle victoire.

Lawson propre, mais dominé, Verstappen lance le débat

Dans l’ombre du duel Mercedes–Ferrari, Liam Lawson a signé une journée solide, propre, sans éclat mais sans faute. Deux fois dixième, deux fois à environ huit dixièmes de Verstappen. Sur un circuit nouveau, piégeux, l’intérimaire de Red Bull a fait ce qu’il fallait : rester en piste, empiler les tours, engranger des données.

« Sur un circuit comme celui-ci, tu veux être en piste le plus possible », a-t-il insisté.

Contrairement à Monza ou à d’autres tracés simples et bien connus, Madrid exige du temps, des repères, du feeling. Lawson a coché ces cases, mais un détail reste gênant pour lui : il a été devancé à chaque fois par la Racing Bulls d’Arvid Lindblad, pourtant auteur d’un crash en deuxième séance.

Ce duel interne entre les deux équipes détenues par Red Bull alimente un autre débat, ouvert par Verstappen lui-même. Le triple champion du monde a pointé la proximité de performance entre Red Bull et Racing Bulls comme symptôme d’une F1 où les voitures « anesthésient » davantage les sensations de pilotage.

Il a cité Yuki Tsunoda, immédiatement compétitif en sautant dans une nouvelle voiture, puis Lawson, performant d’une structure à l’autre. Selon lui, les meilleurs restent devant, mais la marge de manœuvre du pilote se réduit. Une critique directe des nouvelles réglementations, au moment où Madrid offre justement un terrain extrême pour se démarquer.

Alonso et Sainz à contre-courant, Norris stoppé net

Pendant que le Madring s’embrase, l’Espagne retient un peu son souffle. Le public, lui, répond présent : 350 000 spectateurs sont attendus sur les trois jours, billets déjà vendus. Mais les chances de voir un drapeau espagnol sur le podium semblent minces.

Fernando Alonso et Carlos Sainz restent loin du compte. L’Aston Martin de l’asturien a connu des soucis d’embrayage en deuxième séance, amputant son temps de roulage. Résultat : 15e puis 17e. Sainz ne fait guère mieux avec Williams : 17e dans la première, 16e dans la seconde. À domicile, le constat est brutal.

La malchance n’a pas épargné non plus Lando Norris, contraint de stopper prématurément sa deuxième séance à cause d’un problème de boîte de vitesses. Sur un circuit où chaque tour compte pour apprivoiser les pièges, perdre du temps de roulage pèse lourd.

Le Madring s’impose déjà

Le nouveau tracé espagnol n’est pas un simple décor. Il impose sa loi. Longs virages à haute charge, changements de dénivelé, points de corde à l’aveugle, zones de freinage violentes : tout concourt à faire de ce Grand Prix un test total pour les pilotes, les ingénieurs, les pneus.

Les voitures de F1 n’y ont encore disputé aucun tour en colère en configuration course, et déjà une certitude émerge : la gestion des pneus et la position sur la grille décideront presque tout. Oser, sans se brûler. Attaquer, sans exploser les gommes.

Pour Antonelli, c’est une opportunité en or de creuser l’écart au championnat. Pour Russell et Mercedes, un exercice stratégique à haut risque. Pour Ferrari, une occasion de bousculer l’ordre établi. Et pour Madrid, une question simple : ce premier rendez-vous va-t-il consacrer un nouveau maître… ou révéler le vrai visage d’un circuit qui ne pardonne rien ?