Maresca : le derby ne se résume pas au but de Haaland
Enzo Maresca n’a pas mâché ses mots. Pour le manager de Manchester City, réduire la victoire de son équipe à Old Trafford à une seule image, celle du but controversé d’Erling Haaland, relève du « assez pauvre ».
Dimanche, City a remporté un derby étouffant, 1-0, sur la pelouse de Manchester United. Un succès arraché grâce à Haaland à l’heure de jeu, alors que les Citizens jouaient en infériorité numérique depuis l’expulsion de Phil Foden. Un succès qui aurait pu lancer un récit sur la résistance, la maîtrise et le caractère. Il a surtout ouvert un nouveau chapitre dans le feuilleton sans fin autour du VAR.
Un but, un VAR… et une erreur reconnue
Sur le terrain, l’arbitre de touche lève d’abord son drapeau : hors-jeu. La frappe de Haaland est annulée. Puis le VAR intervient. Les lignes sont tracées, la position du Norvégien réévaluée : il est jugé juste en jeu. Le but est validé, City mène, et ne lâchera plus l’avantage.
Mais la polémique ne s’arrête pas là. Très vite, un autre détail apparaît au ralenti : la position d’Enzo Fernandez, lancé vers le ballon dans l’axe, en situation de hors-jeu et jugé, après coup, comme interférant avec des adversaires. Un élément que l’équipe vidéo n’a tout simplement pas pris en compte.
Le corps arbitral l’a depuis reconnu : la décision est erronée. Howard Webb, patron de l’instance en charge de l’arbitrage en Premier League, l’a admis publiquement. Il a expliqué que le VAR n’avait pas évalué l’offense potentielle de Fernandez avant le but de Haaland.
« J’étais vraiment déçu par ce dénouement. Nous le sommes tous », a-t-il confié dans l’émission ‘Match Officials Mic’d Up’. Selon lui, les arbitres impliqués « souffrent » de cette erreur, tant leur fierté professionnelle est touchée.
Maresca : « Parler d’un seul épisode, c’est assez pauvre »
Face aux micros, à la veille du troisième tour de Carabao Cup contre Norwich City, Maresca a recentré le débat. Pour lui, l’histoire de ce derby ne peut pas se limiter à un arrêt sur image.
« Parler d’un épisode, d’un moment, après ce match où nous avons joué pendant 70-75 minutes à dix, je trouve ça assez pauvre », a-t-il lâché.
Le technicien italien, arrivé cet été pour succéder à Pep Guardiola, insiste sur la copie rendue par ses joueurs. « La performance a été incroyable, et je suis très content de la performance », a-t-il insisté.
City a enchaîné ce soir-là une quatrième victoire consécutive en championnat, dans des conditions loin d’être idéales. Réduits à dix, les champions en titre ont tout de même contrôlé de larges séquences, pliant sans rompre, jusqu’à ce que Haaland frappe.
« Parfois pour toi, parfois contre toi : c’est le football »
Maresca ne nie pas l’erreur. Il la pose, sèchement, dans le décor. « Tout le monde sait qu’il y a eu une erreur, et c’est tout. Parfois c’est pour toi, parfois contre toi. C’est le football », résume-t-il.
Il n’oublie pas non plus la mémoire du vestiaire. Ni celle des supporters. L’Italien replonge trois ans en arrière, quand il officiait encore comme adjoint de Guardiola.
« Il y a trois ans, quand j’étais ici (comme adjoint), il s’est passé exactement la même chose contre United », rappelle-t-il. « Le but n’était pas régulier et personne ne s’est excusé. On attend encore les excuses pour ça. »
Une pique assumée, adressée à un système qui reconnaît aujourd’hui ses fautes mais qui, selon lui, n’a pas toujours offert la même transparence.
Un derby qui laisse des traces… mais pas les mêmes pour tout le monde
Pour United, ce derby restera comme un nouvel épisode d’amertume, nourri par une décision arbitrale officiellement classée dans la colonne des erreurs. Pour City, il restera surtout comme une victoire à dix contre onze à Old Trafford, scellée par son buteur phare et portée par une prestation que Maresca refuse de voir effacée par la polémique.
La Premier League, elle, se retrouve encore une fois à devoir expliquer son outil technologique phare, à justifier ses protocoles, à promettre des corrections. Pendant ce temps, City avance, quatre succès de rang en championnat, et un message clair de son entraîneur : les débats sur le VAR peuvent gronder, mais son équipe, elle, n’a pas l’intention de se laisser définir par un simple arrêt sur image.




