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Marnus Labuschagne maintenu dans l'équipe australienne pour l'Afrique du Sud

L’Australie a tranché : Marnus Labuschagne reste dans le wagon. Malgré deux années de forme chancelante et une place clairement menacée, le droitier figure dans un groupe de 16 joueurs pour la tournée de trois Tests en Afrique du Sud le mois prochain. Un sursis, mais aussi un pari fort de la part des sélectionneurs.

Dans ce groupe, Labuschagne n’a aucune garantie. Il devra se battre pour une place dans le top order avec Cooper Connolly, 23 ans, et Josh Inglis. Connolly, rappelé après ses débuts en Test au Sri Lanka en février dernier, incarne la nouvelle vague qui frappe déjà à la porte.

Labuschagne, sursis et pression maximale

Les chiffres parlent contre lui. Une série des Ashes décevante, des difficultés récentes au Top End contre le Bangladesh, et un dernier century qui remonte à la tournée des Ashes en Angleterre en 2023. Pour un joueur qui s’était imposé comme pilier du batting australien, la chute a été brutale.

George Bailey, président des sélectionneurs, ne s’est pas caché.

« Nous ne nous dérobons pas au fait que nous aimerions plus de runs de Marn. C’est clair », a-t-il reconnu devant les médias. Mais il a aussitôt réaffirmé sa confiance, convaincu que Labuschagne peut encore « apporter une contribution positive » au groupe.

Un élément pourrait jouer en sa faveur : il ne disputera pas la série d’un-day qui précède les Tests. Une fenêtre pour se consacrer entièrement au red-ball, ajuster sa préparation, retrouver ses repères. Bailey évoque une possible « simplification » de son approche. Le message est limpide : à lui de répondre.

Rien n’est toutefois gravé dans le marbre. Bailey a refusé de le verrouiller au poste de numéro 3 pour le premier Test à Durban le 9 octobre. La composition finale attendra l’arrivée sur place. Les débats internes, eux, ont déjà commencé.

Connolly, le jeune qui bouscule la hiérarchie

Si Labuschagne incarne le doute, Cooper Connolly symbolise l’élan. Le jeune West Australian présente la meilleure moyenne en first-class (42,10) parmi les batteurs de la nouvelle génération australienne, sans avoir encore inscrit le moindre century dans ce format. Un paradoxe statistique, mais une courbe de progression claire.

C’est en white-ball que Connolly a explosé en 2026, avec une campagne remarquée en IPL sous les couleurs des Punjab Kings et un premier century en ODI au Bangladesh en juin. Son profil séduit : batteur, mais aussi left-arm spinner capable d’apporter une option d’all-rounder. Lors de ses débuts en Test contre le Sri Lanka, il avait été aligné au numéro 8.

Bailey ne tarit pas d’éloges sur son attitude. Un joueur « qui apprend vite », avide de développer son jeu, et désormais retenu avant tout comme batteur pour cette tournée. Peut-il s’installer dans le top order ? « Je pense qu’il en sera capable », estime Bailey. Peut-être dès maintenant, peut-être plus tard. L’Australie sait au moins qu’elle tient un joueur capable d’occuper plusieurs positions au fil de sa carrière.

Dans ce contexte, chaque run de Connolly en Afrique du Sud pèsera lourd dans l’avenir de Labuschagne.

Une rotation annoncée chez les quicks

Derrière le débat sur le batting, la structure du bowling se dessine avec plus de clarté. Michael Neser, héros des Ashes, fait son retour pour renforcer la profondeur derrière le capitaine Pat Cummins, Mitchell Starc, Josh Hazlewood et Scott Boland.

Avec trois Tests condensés, séparés chacun par seulement quatre jours, la rotation s’annonce inévitable. Bailey a laissé entendre que Boland et Neser auront leur mot à dire sur le terrain sud-africain, d’autant que la tournée arrive après six one-day internationaux. Le staff veut de la fraîcheur, des options, et la possibilité d’ajuster en fonction des conditions locales.

Au spin, Matthew Kuhnemann est désigné doublure de Nathan Lyon. Le left-arm tweaker pourrait disputer son premier Test hors du sous-continent, un pas important dans sa carrière. Là aussi, l’Australie se ménage une alternative tactique si les surfaces sud-africaines offrent une prise suffisante aux spinners.

Des cartes encore à rebattre dans le batting

En haut de l’ordre, Matthew Renshaw conserve sa place après avoir remplacé Jake Weatherald à Mackay. Beau Webster, lui, reste dans le groupe malgré une série discrète avec la batte contre le Bangladesh. Deux choix qui confirment la volonté des sélectionneurs de donner du temps à certains profils, tout en laissant la porte ouverte à des ajustements internes.

Car les grands noms ne sont pas figés dans le marbre. Travis Head pourrait redescendre dans le middle order. Steve Smith pourrait remonter au numéro 3. Bailey l’a admis : toutes ces options sont « sur la table ».

Le cas Head illustre le dilemme. Brillant au numéro 5, dangereux également en haut de l’ordre, il modifie à lui seul la physionomie du batting australien. Le déplacer, c’est forcément retirer quelque chose là où il excelle déjà. Même interrogation pour Smith, qui a longtemps occupé le poste de numéro 3 avec succès, avant d’être déplacé plus bas.

Chaque choix aura un coût. Chaque réajustement redistribuera les responsabilités. Et au milieu de ce puzzle, la situation de Labuschagne devient le fil rouge de la tournée.

Une tournée lourde de symboles

Ce voyage en Afrique du Sud n’est pas anodin. C’est le premier depuis le traumatisme de Sandpapergate. Trois Tests, à Durban, Gqeberha (anciennement Port Elizabeth) puis Cape Town, pour tourner définitivement la page et affirmer une nouvelle ère.

Le groupe retenu offre un équilibre entre continuité et transition :

  • Pat Cummins (c)
  • Scott Boland
  • Alex Carey
  • Cooper Connolly
  • Cameron Green
  • Josh Hazlewood
  • Travis Head
  • Josh Inglis
  • Matthew Kuhnemann
  • Marnus Labuschagne
  • Nathan Lyon
  • Michael Neser
  • Matthew Renshaw
  • Steve Smith
  • Mitchell Starc
  • Beau Webster

Les cadres sont là. Les prétendants aussi. La marge d’erreur, elle, sera mince.

Pour Labuschagne, cette tournée ressemble à un carrefour. S’il retrouve son meilleur niveau, l’Australie stabilise son top order sans toucher à ses fondations. S’il trébuche, les sélectionneurs devront assumer le grand basculement qu’ils ont pour l’instant repoussé.

La foi des sélectionneurs lui a offert un sursis. À lui de décider si ce sera un simple répit… ou le début d’un renouveau.