Marnus Labuschagne écarté : l’Australie prépare son ODI avant l’Afrique du Sud
L’Australie prépare déjà la défense de sa couronne mondiale. Et le message envoyé par les sélectionneurs est brutal : personne n’est intouchable, pas même un héros de finale comme Marnus Labuschagne.
À un an de la Coupe du monde sur le continent africain, le panel emmené par George Bailey a tranché après une tournée délicate au Pakistan puis au Bangladesh. Cinq joueurs sortent du groupe pour la série d’ODI au Zimbabwe puis en Afrique du Sud. Labuschagne est le nom qui claque le plus fort.
Labuschagne, du sommet de l’Inde à la douche froide
Il y a moins de deux ans, Labuschagne signait un 58* précieux en finale de Coupe du monde contre l’Inde en 2023, au cœur d’un succès historique. Aujourd’hui, il regarde le prochain bloc d’ODI à la télévision.
Les chiffres récents plaident contre lui. Depuis cette finale, son plus gros score en 50 overs reste un 77* en Angleterre, il y a déjà deux ans. Sur la tournée combinée Pakistan–Bangladesh au milieu de l’année, il n’a signé qu’un seul cinquante. Trop peu pour convaincre dans un format où l’Australie cherche un visage plus tranchant.
Cette mise à l’écart tombe au plus mauvais moment pour lui : la sélection pour la tournée de Tests en Afrique du Sud approche, et la dynamique ne joue pas en sa faveur.
Il n’est pas le seul à payer la note. Matt Short, Ben Dwarshuis, Todd Murphy et Liam Scott sortent eux aussi du groupe après la série d’ODI disputée entre fin mai et début juin.
Un lifting assumé avant la Coupe du monde
L’Australie ne gagne plus assez en 50 overs. La série perdue 2-1 au Bangladesh en juin a prolongé un cycle morose, déjà entamé par un revers sur le même score au Pakistan en mai. Depuis le succès 3-2 contre l’Angleterre à la fin de l’été boréal 2024, une seule série d’ODI a été remportée : face à l’Inde en 2025/26. Le reste ? Des défaites contre l’Afrique du Sud, le Sri Lanka, puis ces deux dernières tournées en Asie.
Les sélectionneurs ont donc décidé de secouer le cocotier. Place à un mélange assumé entre cadres de classe mondiale et jeunes profils à fort potentiel.
Le cas le plus intrigant se nomme Ollie Peake. L’adolescent victorien, encore inconnu du grand public, embarquera pour l’Afrique à quelques semaines seulement de la tournée de Tests et à un an d’une Coupe du monde sur le même continent. Il est sélectionné pour les trois rencontres face au Zimbabwe ce mois-ci, aux côtés d’un autre jeune que le staff tient en très haute estime, Joel Davies.
Pour Bailey, ce bloc de six matches au Zimbabwe puis en Afrique du Sud est un laboratoire grandeur nature. Même climat, mêmes conditions que la Coupe du monde à venir. L’encadrement veut des réponses, vite, sur la composition d’un groupe capable de conserver le trophée conquis en Inde en 2023.
Le retour des poids lourds
Dans ce décor d’expérimentation, une certitude rassure les supporters australiens : les grandes armes reviennent. Pat Cummins et Mitchell Starc ont confirmé qu’ils participeraient aux ODI en Afrique du Sud, juste avant la série de Tests. Les deux champions visent clairement la prochaine Coupe du monde 2027 et annoncent la couleur : ils veulent être au cœur du projet, pas à sa périphérie.
Le retour de Travis Head et de Josh Hazlewood renforce encore l’ossature. Mitch Marsh, lui, devient la figure centrale du projet à court terme.
Il portera le brassard lors des matches face au Zimbabwe. En Afrique du Sud, il se partagera le leadership avec Cummins, dans une formule à deux têtes qui doit permettre de stabiliser un groupe en quête de repères dans le format.
Autour d’eux, la liste raconte l’équilibre recherché : Alex Carey et Josh Inglis pour le poste de wicketkeeper, Cameron Green comme couteau suisse de luxe, Adam Zampa pour verrouiller le milieu d’innings, Nathan Ellis et Xavier Bartlett pour injecter de la fraîcheur au bowling, Spencer Johnson et Billy Stanlake pour la vitesse, Cooper Connolly et Matthew Renshaw pour la polyvalence, sans oublier Travis Head, toujours capable de retourner un match en quelques overs.
Une tournée test pour une génération montante
Pour Peake et Davies, c’est bien plus qu’une simple convocation. C’est une porte ouverte sur un cycle entier. Bailey l’a rappelé : les deux jeunes sont « très bien notés » en interne. L’Afrique sera leur première grande scène sous le maillot national, une occasion de s’installer dans le paysage à un moment où plusieurs places restent à prendre.
L’Australie se présente donc en Afrique avec un groupe hybride : un noyau de champions du monde qui vise un nouveau sacre, entouré de jeunes qui veulent prouver qu’ils peuvent porter le flambeau jusqu’en 2027.
Reste une question, en toile de fond : dans ce puzzle en recomposition, Marnus Labuschagne retrouvera-t-il une pièce à sa taille, ou cette tournée marquera-t-elle le vrai tournant de sa carrière en ODI ?




