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Medvedev reprend ses marques à l'US Open, forfaits de Cilic et Ruud

Daniil Medvedev n’a pas traîné pour remettre les pendules à l’heure à l’US Open. Un an après une sortie de route d’entrée aussi brutale qu’incompréhensible, le Russe a repris possession de l’Arthur Ashe Stadium comme si rien ne s’était passé. Hugo Gaston a servi de première victime : 6-4, 6-2, 6-4, en à peine plus de deux heures, dans une ambiance qu’il affectionne, entre sifflets, murmures et fascination.

Face au Français, joueur inspiré, friand d’amorties et de variations, Medvedev avait prévenu : il devait imposer son jeu, quitte à prendre des risques. Il l’a fait sans trembler. Trente-quatre coups gagnants, seulement onze pour Gaston. La différence de densité a sauté aux yeux dès le premier set.

Le tournant arrive tôt. À 3-3, Gaston tente de tenir l’échange du fond, mais craque sur un revers mal ajusté. Break offert, Medvedev ne regarde plus en arrière. Service précis, prises de balle précoces, couverture de terrain déroutante pour un joueur de sa taille : le septième jeu du premier set pose le décor de la soirée.

Le deuxième acte devient une démonstration. Gaston cède son engagement dès le troisième jeu sur un coup droit expédié dans le filet, comme un symbole de son impuissance à concrétiser ses idées. Medvedev, lui, accélère. À 4-2, il se procure une nouvelle balle de break et cloue le Français d’un revers sauté, frappé en extension, qui finit dans le coin opposé. Arthur Ashe gronde, partagé entre admiration et frustration devant ce « méchant » autoproclamé qui s’épanouit dans le rôle.

Quelques jours plus tôt, le Russe s’amusait à évoquer une reconversion en pickleball après une défaite inaugurale à Winston-Salem. Sur ce court-là, il n’avait rien d’un joueur en fin d’inspiration. Dès le premier jeu du troisième set, il s’offre un nouveau break, cette fois sur un coup droit fulgurant qui laisse Gaston figé sur la ligne. La suite devient une gestion clinique. Il ferme le match sur un service injouable, sec, limpide, presque froid.

Medvedev attend désormais le vainqueur du duel entre l’Américain Sebastian Gorzny, bénéficiaire d’une wild card, et le Belge Raphael Collignon. Quoi qu’il arrive, il a envoyé un message clair : le champion 2021 est de retour pour jouer le titre, pas pour s’excuser de son statut.

Cilic et Ruud, forfaits qui pèsent lourd dans le tableau

Pendant que Medvedev relançait sa campagne, le tournoi perdait deux noms majeurs. Marin Cilic d’abord, Casper Ruud ensuite. Deux finalistes à New York, deux ambitions stoppées net par les blessures.

Pour Cilic, la nouvelle tombe comme un rappel du temps qui passe. Douze ans après son unique sacre en Grand Chelem à Flushing Meadows, le Croate de 37 ans doit renoncer. Les organisateurs n’ont pas détaillé la nature de sa blessure, mais le verdict est sans appel : il quitte le tableau avant même d’y entrer. Son retrait offre une place de lucky loser à Otto Virtanen, qui affrontera le 23e tête de série Andrey Rublev au premier tour. Ironie cruelle, Virtanen lui-même avait abandonné en qualifications au troisième tour face à Grigor Dimitrov, déjà touché physiquement.

Cilic rejoint une liste d’absents qui s’allonge dangereusement : Jannik Sinner, Jack Draper, Joao Fonseca, Holger Rune… Autant de manques qui rebattent les cartes et ouvrent des brèches dans un tableau masculin soudain moins verrouillé.

Casper Ruud, finaliste malheureux face à Carlos Alcaraz il y a quatre ans, a lui aussi dû renoncer. Le Norvégien n’a pas remis sa colonne vertébrale à l’endroit depuis son abandon à Cincinnati contre Christopher O’Connell, en plein deuxième set. Son dos n’a pas répondu au traitement, malgré l’optimisme affiché par son clan ces derniers jours.

Sur les réseaux sociaux, Ruud a assumé une décision douloureuse mais logique : penser au long terme, laisser son corps respirer, accepter de manquer un Grand Chelem pour mieux revenir. Son retrait profite au Français Arthur Gea, promu lucky loser. Il débutera contre Juan Manuel Cerundolo. Un cadeau empoisonné ou l’occasion d’un déclic inattendu pour le Tricolore ?

Ruud avait tout de même pris part au nouveau format du double mixte la semaine précédente, associé à Diana Shnaider, avec une élimination en quart de finale face à la paire Rublev – Mirra Andreeva. Dernier tour de piste avant la pause forcée.

Pegula, la nervosité d’une future numéro 1 ?

Sur le même Arthur Ashe Stadium, quelques heures plus tôt, Jessica Pegula avait donné une autre image de la pression du très haut niveau. Celle d’une joueuse déjà installée au sommet, mais qui sent le poids de ce qui pourrait arriver.

Tête de série numéro 3, finaliste à Cincinnati récemment face à Coco Gauff, l’Américaine de 32 ans a mis du temps à entrer dans son match contre Elena-Gabriela Ruse. Les chiffres parlent : neuf balles de break manquées d’affilée. Les jambes lourdes, le bras un peu raide, les regards vers son clan en tribune… La tension se lisait partout.

Puis la machine s’est enclenchée. Une fois le premier break enfin converti, Pegula a pris le contrôle de la rencontre, imposant son service et sa cadence de fond de court. Elle s’impose 6-3, 6-2 en 83 minutes, sans concéder la moindre brèche sur sa première balle, remportant 92 % des points derrière son premier service. Une fois lancée, la numéro 3 mondiale a rappelé pourquoi elle est l’une des joueuses les plus régulières du circuit.

Elle ne l’a pas caché : la nervosité était bien là, amplifiée par le contexte. Première sur le court central, attentes du public américain, forme du moment… et surtout, une équation limpide. Avec déjà 46 victoires cette saison, deux titres et trois autres finales, Pegula peut viser plus qu’un simple bon parcours. Si elle décroche à New York le premier titre majeur de sa carrière et que Elena Rybakina, numéro 2 mondiale, s’arrête avant les demi-finales, l’Américaine grimpera sur le trône de la WTA.

Tout est posé. Medvedev relance sa conquête, le tableau masculin perd des poids lourds, Pegula se rapproche du sommet. Reste une question : qui saura transformer ces ouvertures en triomphe, dans un Flushing Meadows plus imprévisible que jamais ?