Mercato : Everton au centre des transferts chauds
La journée de clôture du mercato en Angleterre n’a même pas encore atteint son point d’ébullition que le téléphone d’Everton ne cesse déjà de vibrer. Sorties majeures, paris d’avenir, dossiers avortés : le club de la Mersey se retrouve au centre d’un tourbillon qui redessine les forces en présence, de Manchester à Hull, en passant par Milan et Malaga.
Hull mise gros sur Iroegbunam
Hull City frappe un grand coup. Le club du Yorkshire a trouvé un accord avec Everton pour Tim Iroegbunam dans un deal pouvant atteindre 22 M£. Le milieu de 23 ans s’apprête à quitter Hill Dickinson Stadium pour un montant initial de 13 M£, assorti de 9 M£ de bonus potentiels.
Arrivé à Everton en 2024 en provenance d’Aston Villa pour 9 M£, Iroegbunam n’aura donc fait qu’un passage express sur la Mersey. Les Toffees lui ont donné le feu vert pour passer sa visite médicale dans l’Est du Yorkshire, preuve que le dossier est désormais dans sa phase finale.
Pour Hull, c’est une pièce de plus dans un puzzle qui prend des allures de révolution estivale : Iroegbunam deviendrait la 13e recrue du club cet été. Et les Tigers ne comptent pas s’arrêter là. Les discussions se poursuivent pour un prêt du milieu de Chelsea Dario Essugo, signe d’une ambition claire à l’approche de la fermeture du marché.
Manchester City rafle Ndiaye, Tottenham reste à quai
Pendant que Hull construit, Manchester City perfectionne. Le champion d’Angleterre a trouvé un accord avec Everton pour Iliman Ndiaye dans un transfert pouvant grimper jusqu’à 65 M£. La base du deal est fixée à 60 M£, plus 5 M£ de bonus pour l’ailier sénégalais de 26 ans.
City ajoute ainsi une nouvelle arme offensive à son arsenal. Mais cette opération laisse un goût amer à Tottenham.
Le club londonien avait pourtant un accord avec Everton depuis vendredi soir pour Ndiaye. Le plan était clair : un deal parallèle voyait Richarlison se rapprocher d’un retour sur la Mersey, Everton ayant formulé une offre d’environ 35 M£ pour l’attaquant brésilien.
Puis tout s’est grippé. Les négociations contractuelles entre Richarlison et son ancien club ont achoppé. Pas d’accord sur les conditions personnelles, pas de retour à Goodison, et donc pas de transfert Ndiaye pour Tottenham. Dans cet espace laissé vacant, Manchester City s’est engouffré. Et n’a pas laissé passer l’occasion.
Aznou repart en Espagne pour se relancer
Dans l’ombre des gros montants, un autre mouvement éclaire la stratégie d’Everton. Le club a officialisé le prêt d’Adam Aznou à Malaga pour la saison 2026-27.
Le latéral gauche de 20 ans, recruté à l’été 2025 en provenance du Bayern Munich, n’a eu droit qu’à deux apparitions avec l’équipe première la saison passée, une en FA Cup et une en Carabao Cup. Trop peu pour un joueur formé dans l’un des environnements les plus exigeants du monde.
Car Aznou revient là où tout a commencé : l’Espagne. Produit de la Masia du FC Barcelona, il avait quitté la Catalogne pour Munich à l’été 2023. Malaga lui offre un terrain de jeu idéal pour retrouver du rythme, du temps de jeu, et rappeler pourquoi les grands clubs européens se sont intéressés à lui si tôt.
Hutchinson, de Forest à l’AC Milan
L’Europe aussi profite de cette frénésie anglaise. Omari Hutchinson quitte Nottingham Forest pour rejoindre l’AC Milan en prêt jusqu’à la fin de la saison.
Le club lombard, sept fois champion d’Europe, se réserve une option pour rendre le transfert définitif à l’issue de l’exercice. Un signe fort de confiance envers un joueur qui n’a pourtant jamais vraiment trouvé son rythme à Forest.
Arrivé pour 37,5 M£ d’Ipswich Town il y a un an, Hutchinson n’a été titularisé que 17 fois en Premier League, sous les ordres de quatre entraîneurs différents. Une instabilité permanente qui a freiné sa progression. Milan lui offre un nouveau décor, un autre tempo, un autre type de pression. À lui de transformer ce prêt en tremplin.
Allan, la nouvelle flèche de City
Manchester City ne se contente pas de Ndiaye. Les champions en titre ont également finalisé la venue d’Allan Elias en provenance de Palmeiras dans un transfert pouvant atteindre 34,2 M£.
City verse 32 M£ immédiatement, plus 2,2 M£ de bonus, pour un contrat de cinq ans. L’ailier droit brésilien de 22 ans arrive avec un profil clair : remplacer son compatriote Savio, parti à Tottenham pour 75 M£ la semaine passée.
Formé à Palmeiras, Allan a disputé 96 rencontres avec le club pauliste, inscrivant 9 buts et délivrant 12 passes décisives toutes compétitions confondues. Des chiffres qui ne racontent pas tout, mais qui confirment un joueur déjà productif à un âge où d’autres apprennent encore les bases. City, fidèle à sa politique, anticipe et empile les talents offensifs.
Forest et Munoz, retrouvailles avec Glasner
À Nottingham, le chantier continue. Nottingham Forest a bouclé le recrutement de Daniel Munoz en provenance de Crystal Palace pour 22 M£.
Le latéral droit colombien retrouve Oliver Glasner, avec qui il a remporté la FA Cup et la Conference League à Selhurst Park. Les deux hommes repartent ensemble à l’assaut de la Premier League, cette fois au City Ground.
Munoz a signé un contrat de trois ans après deux ans et demi à Palace, ponctués de 11 buts en 109 apparitions. Un apport offensif précieux pour un défenseur, et un profil déjà validé par son entraîneur. Il suit les pas de Liam Delap, arrivé pour 50 M£, record de Forest, et pourrait faire ses débuts dès samedi face à Tottenham.
Une horloge qui tourne pour toute l’Europe
Pendant que ces mouvements se bouclent, l’horloge du mercato tourne sans pitié.
En Premier League comme en EFL, la fenêtre se refermera à 23 h, heure britannique, mardi soir. Elle s’était rouverte le 15 juin pour cette deuxième période de l’année, sous la contrainte des règles de la Fifa qui limitent la durée totale d’un mercato à 16 semaines par année civile.
La saison passée, la fermeture avait été avancée à 19 h pour coller aux horaires de bureau. Le football anglais est revenu à son créneau traditionnel de 23 h. Ailleurs en Europe, la tension est tout aussi palpable, mais le rideau tombe plus tôt : Espagne, France, Italie, même jour, mais en début de soirée. En Bundesliga, la fenêtre se ferme à 19 h mardi.
L’Écosse, elle, bénéficie d’un léger sursis : les clubs ont jusqu’au jeudi 3 septembre à 17 h pour finaliser leurs opérations, tout comme ceux de la Women’s Super League.
Les heures à venir décideront si Everton se contente de vendre, si Tottenham trouve un plan B à Ndiaye, si Hull boucle sa révolution, si Forest a vraiment changé de dimension.
Le marché se ferme bientôt. Les questions, elles, ne font que commencer.




