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Mercato de Premier League : qui a vraiment gagné cet été ?

Un mercato de Premier League sous haute tension : Arsenal, Chelsea, City… qui a vraiment gagné l’été ?

Après un été record, des feuilletons à rallonge et un Deadline Day à la limite de la rupture nerveuse, le verdict tombe : certains clubs sortent renforcés, d’autres simplement soulagés… et quelques-uns franchement cabossés.

Arsenal : beaucoup de sorties, deux gros coups, un vide à gauche

Note du mercato : 8/10

Huit. C’est le nombre de cadres qui ont quitté Arsenal cet été, et c’est aussi la note qui colle le mieux à leur mercato.

Gabriel Jesus, Gabriel Martinelli, Leandro Trossard, Christian Norgaard, Fabio Vieira, Ethan Nwaneri (prêt), Jakob Kiwior, Reiss Nelson : presque une ligne offensive et une rotation entière qui disparaissent de l’effectif. Seul Nwaneri, prêté, reste dans les plans à long terme.

Résultat : plus de 100 M£ encaissés, une masse salariale allégée – surtout avec le départ de Jesus. Sur le plan comptable, c’est propre, maîtrisé, presque clinique.

Mais sur les ailes, le compte n’y est pas. Le club a vendu ses deux ailiers gauches principaux… sans les remplacer. Si un pur ailier gauche était arrivé, la note aurait grimpé à 9/10. Avec un Vinicius Junior ou un Julian Alvarez, on parlait d’un 10/10. Les discussions ont existé, signe d’une ambition réelle, mais la montagne était trop haute.

Les supporters ont rêvé, ils sont déçus, mais ils comprennent. Ce qu’ils digèrent moins, c’est ce vide persistant côté gauche. Le dossier Vinicius a tout figé, et derrière, aucune piste ne s’est imposée comme « le bon fit ».

Arsenal va donc bricoler. Christos Tzolis a montré de belles choses malgré un match plus hésitant à Villa Park, Eberechi Eze peut y glisser, Noni Madueke et Bukayo Saka peuvent dépanner à gauche. Déplacer l’un d’eux ouvre aussi la porte à plus de minutes pour Max Dowman à droite. Certains imaginent même Riccardo Calafiori monter d’un cran, dans l’esprit des repositionnements déjà réussis par Mikel Arteta avec Mikel Merino ou Myles Lewis-Skelly.

Pas d’ailier gauche, pas de nouveau numéro 9. En revanche, partout ailleurs, l’entraîneur a gagné en choix. Un coup d’œil au banc à Villa Park suffit : en défense et au milieu, la profondeur est là, au point de pouvoir faire tourner massivement sans perdre en compétitivité.

Et surtout, Arteta a décroché ses deux priorités absolues : Bruno Guimaraes et Ezri Konsa. Rien que pour ça, ce mercato bascule du bon côté.

Aston Villa : champions d’Europe… et forcés de se reconstruire

Note du mercato : 7/10

Aston Villa a soulevé la Europa League. Quelques semaines plus tard, six titulaires de cette finale ont fait leurs valises : Morgan Rogers, Youri Tielemans, Ollie Watkins, Emiliano Martinez, Lucas Digne, Ezri Konsa. Un séisme que même Unai Emery n’avait pas anticipé à ce niveau.

Comment remplacer autant de poids lourds tout en restant dans les clous financiers ? Villa a choisi une voie mixte : jeunesse à fort potentiel et cadres aguerris.

Ibrahim Mbaye et Johan Manzambi incarnent l’avenir, Leon Goretzka et Aaron Wan-Bissaka apportent l’expérience. Nicolas Jackson, déjà rodé à la Premier League, a signé des débuts encourageants. Dans les buts, Zion Suzuki a rassuré pour sa première. Taylor Harwood-Bellis, lucide sur ce qu’il lui reste à améliorer, croit dur comme fer qu’Emery peut l’emmener très haut.

La contrainte économique a été forte, la reconstruction subie. Mais l’« effet Emery » pèse dans la balance : avec lui, ces paris ont une vraie chance de prendre. Reste à voir ce que ces recrues valent dans le maillot de Villa, loin des projections et des vidéos de scouting.

Bournemouth : garder ses joyaux, frapper juste, et éviter la panique

Note du mercato : 9/10

Bournemouth avait vécu un été 2025 douloureux, marqué par des ventes majeures. Cette fois, le plan était clair : conserver les meilleurs. Mission accomplie.

Rayan, Eli Junior Kroupi, Alex Scott sont toujours là. Le modèle du club accepte l’idée de vendre, mais pas trop tôt. Et une promesse a été faite à Marco Rose : on ne lui démonterait pas l’équipe sous les pieds. Engagement tenu, malgré de fortes sollicitations.

La qualification européenne a imposé une gymnastique financière : renforcer l’effectif, ajouter de la qualité et de la profondeur… tout en réduisant certains coûts pour rester dans les clous de l’UEFA.

Le recrutement est chirurgical. Michele Di Gregorio arrive après une saison en tant que numéro 1 à la Juventus. Antonio Silva, longtemps associé à de très grands clubs, débarque en défense centrale pour un prix qui ressemble à une belle affaire. Juanlu Sanchez offre une option fiable sur le côté, Alvaro Rodriguez apporte un profil offensif différent.

Les départs concernent surtout des joueurs de rotation, et surtout, Bournemouth a travaillé tôt, calmement, sans se jeter dans la frénésie du Deadline Day. Une rareté. Rose et la direction peuvent regarder ce mercato comme un succès net. À eux, désormais, de transformer cette stabilité en résultats.

Brentford : un patron au milieu, des renforts partout, et presque le mercato parfait

Note du mercato : 9/10

Difficile de trouver une vraie faute dans l’été de Brentford. La priorité était limpide : recruter un milieu de terrain autour duquel bâtir l’avenir. Mamadou Sangare coche toutes les cases, et ses 39 M£ ressemblent déjà à une aubaine. Certains le voient déjà dans la conversation pour le titre de recrue de la saison.

Il est la grande nouveauté dans le onze type, mais il n’est pas seul. El Hadji Malick Diouf, arrivé tard, a tout pour s’installer à gauche de la défense. Devant, Jaidon Anthony a déjà enchaîné deux titularisations, Callum Wilson assume parfaitement le rôle de doublure – voire de concurrent – d’Igor Thiago, et Jannik Schuster offre une couverture bienvenue en charnière, surtout avec la blessure de Sepp van den Berg.

Brentford a aussi réussi l’essentiel : garder ses hommes forts. Jordan Henderson manquera pour le leadership, mais Thiago, Kevin Schade et Yehor Yarmoliuk – très courtisé – sont toujours là. Michael Kayode et Vitaly Janelt ont prolongé.

Le Deadline Day ? Un simple prêt de Jayden Meghoma à Portsmouth, dans la logique d’un club obsédé par le temps de jeu de ses jeunes. La note ne grimpe pas à 10, parce qu’il y a toujours matière à peaufiner. Mais la base, elle, est solide comme rarement.

Brighton : beaucoup de mouvements, beaucoup d’argent, et quelques paris lourds

Note du mercato : 7,5/10

Brighton a quitté ses habitudes de discrétion pour un été XXL : neuf recrues pour l’équipe première, près de 170 M£ investis, et une profondeur renforcée, surtout derrière.

Luka Vuskovic, acheté 50 M£, signe un record pour le club et un joli coup sur le marché. Au milieu, la venue de Chema Andres en toute fin de fenêtre, arraché à Stuttgart, apporte un profil de sentinelle moderne, international espoirs espagnol, pour combler le départ de Carlos Baleba vers Manchester United. Il aura besoin de temps, mais le talent saute aux yeux.

Devant, Brighton perd du vécu et des buts avec le départ de Danny Welbeck. Promise David, recrutée en prêt, devra rapidement trouver ses repères pour éviter un trou d’air offensif.

Une bonne nouvelle majeure : Yankuba Minteh, ciblé par Liverpool, reste. Un symbole de l’ambition des Seagulls. Une fois l’infirmerie désengorgée et les automatismes créés, Fabian Hurzeler disposera d’un effectif armé pour encaisser à la fois la Premier League et la Conference League. Sur le papier, le pari est cohérent. Sur le terrain, la réponse arrivera vite.

Chelsea : virage stratégique, Xabi Alonso en étendard, et un vestiaire regonflé

Note du mercato : 9/10

Chelsea a changé de visage et de méthode. Fini le tout-jeune sans expérience immédiate : cet été, le club a ciblé des joueurs prêts à performer tout de suite, pour encadrer une base déjà très talentueuse.

Les pistes Jordan Henderson, Emiliano Martinez, Danny Welbeck ont marqué ce tournant. Le club continue d’attirer des pépites – Geovany Quenda en est la preuve – mais a admis qu’il fallait aussi du prêt-à-jouer.

Joao Pedro a été prolongé pour calmer les convoitises : le cœur de l’effectif est verrouillé. Après une saison catastrophique, plombée par le départ d’Enzo Maresca et un climat délétère malgré une finale de FA Cup, l’arrivée de Xabi Alonso et cette nouvelle ligne de recrutement ont réveillé Stamford Bridge. Le 4-3 renversant contre Brighton a rallumé les tribunes.

Le seul nuage : le feuilleton Enzo Fernandez. Date butoir fixée au 15 août à 17h, incertitudes, débats entre supporters… Sans garantie de le voir rester, la saga a empoisonné le début de saison. Mais trois victoires en trois matchs laissent penser que le vestiaire a tenu le choc.

Sur le terrain, Emiliano Martinez, Morgan Rogers et Maxence Lacroix élèvent immédiatement le niveau du onze. Marc Cucurella parti, Chelsea a tout de même très bien vendu ses indésirables : Liam Delap, Nicolas Jackson, Alejandro Garnacho, tous cédés à des montants conformes aux exigences du club.

Chelsea confirme son statut de maître dans l’art de vendre. Il reste à prouver qu’il peut redevenir maître dans l’art de gagner.

Everton : chaos, occasions manquées et un manager encore démuni

Note du mercato : 2/10

Everton, encore. Et toujours la même impression de chantier mal maîtrisé.

Le club a laissé partir Beto à la Fiorentina avant d’avoir finalisé l’arrivée de Folarin Balogun. La tentative de se rabattre sur Joshua Zirkzee à Manchester United, une fois le deal Balogun vacillant, a renforcé ce sentiment de panique de fin de fenêtre.

Dans le même temps, Everton a vendu son joueur le plus excitant, Iliman Ndiaye. On répétait depuis des semaines que le club était en position de force, avec trois ans de contrat restants. Il part finalement pour 65 M£, soit plus de quatre fois le prix payé deux ans plus tôt, mais en dessous du montant qui aurait rendu l’opération acceptable pour les supporters.

Le scénario aurait pu être tout autre : Ndiaye devait initialement filer à Tottenham pour 60 M£, avec Richarlison dans l’autre sens pour 35 M£. Une valorisation très élevée pour le Brésilien, adoré à Goodison, mais ce deal a été le premier à s’effondrer le jour J. Kenny Tete n’est pas venu non plus, Fulham refusant de le lâcher sans remplaçant – une leçon que certains à Everton auraient dû méditer.

Au milieu de cette tourmente, la direction a même envisagé l’offre de 40 M£ de Nottingham Forest pour Harrison Armstrong, pendant que David Moyes réclamait des renforts. Les supporters, eux, oscillent entre gêne, colère et inquiétude. Et ils ont raison : ça n’avait pas besoin d’être aussi compliqué.

Sur le papier, il y a des arrivées : Ainsley Maitland-Niles, Jack Grealish, Hayden Hackney, Christian Norgaard, Merlin Rohl, Tyrique George, Brennan Johnson. Mais les points positifs sont écrasés par un constat brutal : le manager n’a toujours pas les armes nécessaires.

L’an passé, il manquait un latéral droit et un buteur fiable. Cette saison, il devra patienter au moins jusqu’en janvier avec Thierno Barry comme seul avant-centre de métier. Dans ces conditions, viser l’Europe relèverait presque du mirage. Et si Everton échoue à s’en mêler, ce ne sera pas un drame sportif… mais bien un échec de planification.

Manchester City : Rodri parti, un milieu à 300 M£ et un pari assumé sur Enzo Fernandez

Note du mercato : 8/10

Difficile de saluer un mercato où l’on perd Rodri, meilleur joueur du dernier Mondial. Et pourtant, Manchester City sort de l’été avec un effectif que le club juge plus fort que celui de la saison passée.

Longtemps, l’immobilisme a inquiété les supporters. Puis, dans les dernières heures, le champion d’Angleterre a frappé fort. Enzo Fernandez est arrivé lors d’un Deadline Day incandescent, avec un record de transfert battu pour la deuxième fois de l’été. Il rejoint Elliot Anderson et Ayyoub Bouaddi dans un milieu flambant neuf, à près de 300 M£, qui fera saliver une bonne partie de l’Europe.

Les ventes de Savio, Omar Marmoush, Nico Gonzalez, Tijjani Reijnders, Nathan Ake et James Trafford ont alimenté cette reconstruction. City a aussi ajouté Iliman Ndiaye et Allan à ses options offensives, élargissant encore la palette à disposition d’Enzo Maresca.

Le technicien a désormais les outils pour sa révolution tactique. Reste à voir si ce nouvel équilibre, sans Rodri mais avec un milieu ultra-talentueux, suffira pour garder la main sur le titre.

Manchester United : un milieu refait, des manques sur les côtés, mais un certain optimisme

Note du mercato : 7/10

La priorité de Manchester United était claire : reconstruire le milieu. Objectif atteint avec trois recrues pour environ 155 M£ : Andrey Santos, Youri Tielemans, Carlos Baleba. Ajoutés à Kobbie Mainoo, ils offrent à Michael Carrick une palette de combinaisons bien plus riche pour toutes les compétitions à venir.

Le point noir, c’est le poste de latéral gauche, resté sans renfort dédié. Le club mise sur la polyvalence : Noussair Mazraoui a déjà dépanné à gauche avec le Maroc, Diogo Dalot peut aussi s’y installer ponctuellement. Ce n’est pas l’idéal, mais ce n’est pas un gouffre non plus.

Les départs attendus n’ont pas eu lieu. Joshua Zirkzee, Manuel Ugarte, Marcus Rashford sont restés, limitant la marge de manœuvre pour renforcer d’autres zones. Paradoxalement, si Rashford confirme ses bonnes premières sorties, Carrick pourra considérer qu’il a gagné une recrue… sans avoir à la présenter.

United n’a pas tout réglé, loin de là. Mais son milieu, longtemps point faible, ressemble enfin à une base crédible pour reconstruire.

Newcastle : huit recrues, un budget massif, et un virage finalement réussi

Note du mercato : 8/10

Newcastle a bouclé une transformation en profondeur. Matias Fernandez-Pardo, arrivé sur le fil du Deadline Day, est la huitième recrue de l’été.

Parmi elles, Lukas Hornicek, Amar Dedic, Nico Gonzalez et Fernandez-Pardo sont taillés pour entrer directement dans le onze. Derrière, Sean Steur, Aladji Bamba, Bazoumana Toure et Ewan Jaouen représentent l’avenir : jeunes, bruts, perfectibles, mais à haut potentiel.

Les chiffres donnent le tournis : 262 M£ dépensés, 245 M£ encaissés pour Sandro Tonali, Bruno Guimaraes et Anthony Gordon. L’effectif est plus dense, plus jeune, plus modulable. Et surtout, les signatures de Gonzalez et Fernandez-Pardo, pour un total de 101 M£, incarnent l’ambition nouvelle du club.

La fenêtre avait pourtant mal démarré, entre deals avortés et pistes détournées. Newcastle a redressé la barre. Et les performances d’Anthony Elanga et Yoane Wissa, recrutés pour 110 M£ l’été dernier et enfin pleinement intégrés, donnent presque l’impression de deux recrues supplémentaires.

Tottenham : dépenses XXL, coups d’éclat, et un pari risqué sur Mudryk

Note du mercato : 7/10

Sur l’engagement financier, Tottenham mérite un 10/10. Le club a tenu parole : il a dépensé, beaucoup, et vite. Mais sur la valeur individuelle des recrues, le jugement reste en suspens. La note s’arrête donc à 7.

Le mercato a commencé en trombe. Spurs a grillé la priorité de Manchester United pour Mateus Fernandes et a arraché Sandro Tonali, un nom qu’on n’imaginait pas forcément à Londres nord. Roberto De Zerbi a eu les clés pour remodeler son effectif.

La meilleure preuve : près de 50 M£ mis sur Jan Paul van Hecke, à un an de la fin de son contrat. Un mouvement que l’on n’aurait jamais associé à Tottenham il y a encore quelques années.

La défense et le milieu ont été renforcés, mais le vrai problème de la saison passée se situait devant. La longue poursuite de Savio a enfin abouti, et Omar Marmoush l’a rejoint, pour le plus grand plaisir des supporters.

De Zerbi réclamait encore un « gros » renfort offensif. Le nom ciblé : Cody Gakpo. Mais l’entrée en scène de Manchester City a tué l’espoir. Puis, après une défaite frustrante contre Newcastle, les fans se sont réveillés avec un nouveau « coup » annoncé : accord avec Everton pour Iliman Ndiaye, Richarlison faisant le chemin inverse. Un joueur capable de faire vibrer le stade. Lundi, Ndiaye a finalement choisi City, et Richarlison a publiquement critiqué Tottenham.

Le club s’est alors tourné vers Chelsea pour Mykhailo Mudryk et Tosin Adarabioyo. Mudryk symbolise une confiance totale accordée à De Zerbi par le board et la cellule de recrutement. Historiquement, Spurs et Chelsea ne font pas affaire. Les temps changent, les finances aussi, les dirigeants encore plus. Mudryk reste un pari énorme : presque deux ans sans vrai rythme compétitif.

Si De Zerbi réussit à réveiller le joueur entrevu par flashes à son arrivée en Angleterre, Tottenham aura peut-être réalisé l’un des coups les plus audacieux de l’été. Sinon, cette fenêtre restera comme le symbole d’un club prêt à payer le prix fort… sans certitude d’avoir trouvé les bonnes pièces.

Au bout du compte, ce mercato raconte une chose : la Premier League ne se contente plus d’acheter cher, elle doit acheter juste. Certains s’en sont approchés. D’autres ont raté la marche. La saison, elle, ne laissera aucune marge d’interprétation.