Mercato : tensions et décisions cruciales à Madrid, Liverpool et Manchester
La deadline approche, les lignes bougent : l’Europe du mercato retient son souffle. À Madrid, Londres et Liverpool, chaque heure pèse lourd sur des dossiers devenus explosifs.
Atlético – Julián Álvarez, bras de fer et ligne rouge Barça
À l’Atlético Madrid, le cas Julián Álvarez est devenu politique. Le club a fixé une échéance ferme : la situation de l’Argentin doit être tranchée ce vendredi. Pas un jour de plus. Les Colchoneros veulent savoir s’ils devront se jeter à la hâte sur un remplaçant avant la fermeture du marché.
Une porte, en revanche, est définitivement verrouillée. Miguel Ángel Gil Marín, directeur général, a été catégorique : Álvarez ne sera « jamais, au grand jamais » vendu au FC Barcelona. Le conseil d’administration a publié un communiqué sans ambiguïté, dénonçant le comportement jugé non professionnel et non respectueux du club catalan. Résultat : « zéro considération » pour un transfert vers le Barça, aucune négociation possible.
Le problème, c’est que le joueur, lui, penche justement pour Barcelona. Il a manqué deux séances d’entraînement de suite, officiellement pour « maladie », après avoir déjà été copieusement sifflé par le Metropolitano lors de son entrée en jeu face à Villarreal. En coulisses, on lui aurait signifié qu’il n’a « zéro pour cent de chances » de rejoindre le club catalan.
Pendant ce temps, Arsenal reste en embuscade. Les Gunners ont fait de l’attaquant de 26 ans leur priorité offensive et scrutent chaque mouvement du dossier, prêts à frapper tard si une brèche s’ouvre ailleurs qu’en Catalogne. Pour l’Atlético, la journée s’annonce décisive : conserver un joueur contrarié ou encaisser un gros chèque pour reconstruire en urgence.
Liverpool charge : Barcola tout proche, Sarr en ligne de mire, Gakpo sur la sellette
À Liverpool, la stratégie est claire : renforcer les ailes à tout prix. Les Reds ont trouvé un terrain d’entente avec le Paris Saint‑Germain pour Bradley Barcola. Montant de l’opération : 100 millions de livres, plus 20 millions de bonus. Le PSG a fini par revoir ses exigences à la baisse, ouvrant la voie à un transfert XXL pour l’ailier français de 23 ans.
Liverpool ne compte pas s’arrêter là. Le club veut aussi Ismaila Sarr, actuellement à Crystal Palace, après avoir renoncé à Yankuba Minteh face à la résistance de Brighton. Une première offre avoisinant les 50 millions de livres a été repoussée par Palace, mais le dossier reste bien vivant. L’entraîneur Andoni Iraola a réclamé trois renforts avant la fin du mercato, dont deux joueurs capables d’évoluer sur les côtés. Barcola doit être l’un d’eux, Sarr pourrait être l’autre.
Cette offensive offensive a une conséquence directe : l’avenir de Cody Gakpo se trouble. Tottenham s’est positionné, tout comme Manchester City. Roberto De Zerbi pousserait fort pour attirer le Néerlandais à Spurs, malgré un été déjà dépensier à plus de 300 millions de livres. Interrogé sur le sujet, Iraola a refusé de promettre quoi que ce soit : « Quand le marché est ouvert, on ne peut rien garantir pour personne. » Une phrase qui en dit long.
Dans ce jeu de chaises musicales, Harvey Elliott pourrait également bouger. De retour d’un prêt décevant à Aston Villa, le milieu offensif attire les regards en Italie. Lazio et Napoli suivent de près son cas et envisagent un mouvement avant la fermeture du marché. Liverpool, actif dans les arrivées, pourrait aussi s’ouvrir à quelques départs ciblés.
Manchester United : Rashford entre deux mondes, Zirkzee vers la sortie
À Manchester United, Marcus Rashford vit un entre‑deux étrange. Prêté à Barcelona la saison dernière, l’attaquant anglais semble sur la voie d’une réintégration progressive sous Michael Carrick. Il est entré en jeu lors de la défaite 2‑0 face à Hull le week‑end dernier et a reçu le soutien public de son entraîneur.
Mais tant que la fenêtre reste ouverte, rien n’est figé. En Turquie, Fenerbahçe rêve de le recruter pour renforcer son attaque avant la Ligue des champions. Le président Cihan Kamer souhaiterait engager des discussions autour de Rashford. Le joueur se retrouve ainsi pris entre une main tendue à Old Trafford et la tentation d’un nouveau départ européen.
Joshua Zirkzee, lui, se dirige clairement vers la sortie. L’attaquant néerlandais, relégué dans la hiérarchie offensive de Carrick, est proche d’un prêt à la Fiorentina. Selon la Gazzetta, les deux clubs discutent d’un prêt payant à hauteur de 4,2 millions de livres, assorti d’une option d’achat l’été prochain. Une opération qui offrirait du temps de jeu à Zirkzee et une bouffée d’air financier à United.
Arsenal tourne la page Reiss Nelson
Pendant que le club surveille le feuilleton Julián Álvarez, Arsenal a déjà acté une séparation forte sur le plan symbolique. Reiss Nelson quitte les Gunners après 18 ans au club, de l’académie à l’équipe première. Les deux parties ont trouvé un accord pour une résiliation de contrat à l’amiable, permettant à l’ailier de 26 ans de devenir libre immédiatement.
Le bilan est celui d’un enfant du club qui n’a jamais vraiment réussi à s’imposer durablement : 90 apparitions en équipe première, 8 buts, 9 passes décisives, mais aussi des titres, avec une FA Cup en 2020 et deux Community Shield en 2017 et 2020. Avant cela, 68 matches avec les équipes de jeunes, puis quatre prêts pour tenter de se lancer : Hoffenheim, Feyenoord, Fulham et Brentford.
Arsenal a salué son professionnalisme et son attachement au club. Nelson, lui, va devoir se réinventer ailleurs, à un âge où une carrière bascule souvent d’un côté ou de l’autre.
Brighton temporise, Chelsea s’interroge, City guette
À Brighton, Fabian Hürzeler refuse de céder à la panique de fin de mercato. L’entraîneur se dit « vraiment content » de son effectif, malgré quelques blessures qui compliquent ses plans. Il assure vouloir chercher des solutions plutôt que des excuses, tout en laissant la porte entrouverte à une ou deux arrivées, à condition qu’elles collent à la personnalité, au caractère et au style de jeu de l’équipe. Une approche mesurée, presque rare dans cette dernière ligne droite souvent frénétique.
À Londres, Chelsea vit une autre forme d’urgence. Le club a trouvé un accord à 7,5 millions de livres pour recruter Emiliano Martinez en provenance d’Aston Villa. Les erreurs coûteuses de Robert Sanchez lors de la victoire 3‑2 à Fulham ont précipité la réflexion : il fallait une concurrence crédible au poste de gardien. Martinez arrive pour jouer, pas pour regarder.
Au milieu, un autre dossier brûlant : Enzo Fernandez. Chelsea est prêt à le vendre au « bon prix » alors que Manchester City discute toujours pour le recruter. Aucune négociation formelle entre clubs pour l’instant, mais le message est clair : les Blues écouteront. Fernandez n’était même pas dans le groupe pour la victoire en Carabao Cup contre Luton, un signe qui ne trompe jamais vraiment à ce moment de l’année. Si le champion du monde part, Chelsea pourrait se tourner à nouveau vers Alex Scott, actuellement à Bournemouth, pour remodeler son entrejeu.
De l’autre côté, City continue de pousser pour renforcer son milieu. Le champion d’Angleterre sait qu’un joueur comme Fernandez ne se libère pas souvent. Tout se jouera sur la capacité du club à convaincre Chelsea… et à boucler l’opération à temps.
Des ultimatums à Madrid, des paris à Liverpool, des équilibres fragiles à Manchester et Londres : le marché s’emballe, les positions se durcissent, les opportunités se créent. Dans quelques jours, toutes ces portes se refermeront d’un coup sec. La vraie question sera alors simple : qui aura vraiment gagné ce mercato, une fois le ballon remis au centre ?




