Mondial 2023 : Israël éliminé après sa défaite contre la Lettonie
La fenêtre d’août se referme brutalement pour la sélection israélienne. Battue 106-86 par la Pologne en ouverture du deuxième tour, l’équipe nationale a de nouveau chuté dimanche soir à Riga, cette fois face à la Lettonie (85-70), et dit adieu à ses espoirs de qualification pour la Coupe du monde.
Deux matchs, deux défaites, et une élimination actée. Mais l’histoire aurait pu prendre une autre tournure.
Un avantage envolé en quelques minutes
Face à la Lettonie, Israël a d’abord semblé tenir le bon bout. Après un premier quart accroché, conclu en tête 22-21 grâce à l’activité de Lior Carrera, Netanel Artzi et quelques éclairs d’Eitan Burg, les hommes d’Ariel Beit Halachmi ont pris feu derrière l’arc au début du deuxième quart.
Les tirs primés de Guy Palatin et Burg ont forcé un premier temps mort letton. La réaction locale a tardé, et Israël en a profité : la défense tenait, l’attaque déroulait, et un 12-2 a fait grimper l’écart jusqu’à +11 (40-29), le plus gros avantage du match pour les visiteurs.
Puis tout s’est déréglé.
La Lettonie est revenue du temps mort comme une autre équipe. Agressive sur les lignes de passe, chirurgicale à trois points, elle a infligé à son tour un 12-1 à Israël. En quelques possessions, le matelas s’est évaporé. À la pause, tout était à refaire : 41-41.
La bascule en deuxième mi-temps
Artzi a bien tenté de relancer la machine au retour des vestiaires, avec cinq points rapides pour redonner un peu d’air à Israël. Mais la Lettonie a aussitôt répondu, accélérant le rythme, durcissant le contact, sanctionnant chaque erreur.
Un 8-2 a offert l’avantage aux locaux (49-48). Arturs Strautins a alors pris le relais, multipliant les paniers et creusant un écart que Beit Halachmi n’est jamais parvenu à enrayer. Le sélectionneur a posé un temps mort quand le score a filé à 58-52, mais Strautins est resté incandescent, poussant la Lettonie à +9 (67-58) à l’orée du dernier quart.
Là, la lumière s’est éteinte côté israélien.
Trois tirs primés consécutifs des hôtes ont porté la marque à 76-62 à sept minutes de la fin. Israël ne marquait plus, ne trouvait plus de rythme, accumulait les fautes. La Lettonie, elle, gérait, contrôlait le tempo, et a tranquillement bouclé sa victoire.
Israël n’a inscrit que 29 points en deuxième mi-temps. Trop peu pour survivre à une équipe aussi adroite de loin.
Yam Madar a terminé meilleur marqueur israélien avec 15 points. Artzi en a ajouté 11, tandis qu’Itay Segev et Roman Sorkin ont chacun contribué 9 unités. Insuffisant pour compenser l’écroulement offensif après la pause.
Beit Halachmi : « Nous n’avons pas le luxe de nous présenter sans nos leaders »
Ariel Beit Halachmi n’a pas cherché d’échappatoire au moment d’analyser cette nouvelle défaite et l’élimination.
« Nous avons bien commencé le match, mais vers la fin du deuxième quart-temps nous avons perdu le momentum. En deuxième mi-temps, nous avons eu des problèmes de fautes, et cela a changé la dynamique de la rencontre. Ils ont tiré à un pourcentage élevé à trois points et ont profité de nos erreurs. Ça a renversé le match, et nous nous sommes retrouvés en difficulté avec les fautes », a-t-il expliqué.
Le sélectionneur a aussi pointé un mal plus profond : l’instabilité de l’effectif sur ces fenêtres internationales.
« Je pense que nous n’avons pas le luxe de nous présenter pour ces fenêtres sans nos joueurs majeurs. Il nous manquait pas mal de joueurs, et cela a eu un impact. Des joueurs différents ont été disponibles à chaque fenêtre, et c’est difficile d’implanter un style de jeu. Le basket israélien n’a pas l’option de “jeter” des matchs, nous avons besoin de tout le monde. D’autres sélections jouent avec le même noyau depuis longtemps, mais ce n’est malheureusement pas notre cas », a-t-il regretté, tout en remerciant la fédération lettone pour son accueil et son aide logistique à Riga.
Sorkin lucide : « On ne peut pas se montrer comme ça »
Roman Sorkin, l’un des intérieurs d’Israël, n’a pas cherché à se protéger derrière le contexte.
« Du côté des joueurs, dont je fais partie, on doit montrer un meilleur visage. On ne peut pas se montrer comme ça. On doit mieux jouer. Je parle de moi, je ne critique personne d’autre. Je n’ai aucune excuse ; la seule chose que je sais, c’est qu’on doit mieux jouer et aborder les matchs différemment », a-t-il reconnu.
Des mots forts, à la hauteur de la déception.
La claque polonaise en ouverture
Cette désillusion face à la Lettonie s’inscrit dans la continuité d’un premier revers déjà lourd face à la Pologne, toujours à Riga, au début du week-end.
La Pologne avait frappé fort d’entrée, portée par Mateusz Ponitka, Jordan Loyd et Aleksander Balcerowski. Dominateurs dans l’intensité comme dans l’adresse, les Polonais avaient bouclé le premier quart avec huit points d’avance, avant de s’envoler avant la mi-temps (55-42) sous l’impulsion d’un Loyd en pleine réussite.
Au retour des vestiaires, Sorkin, Madar et Tamir Blatt ont tenté de relancer Israël, mais Andrzej Pluta et Jarosław Zyskowski ont répondu par une démonstration d’adresse extérieure. L’écart a continué de gonfler. Même un excellent dernier quart israélien, qui a un temps laissé croire à un improbable retour, n’a pas suffi : la marge était trop importante, la Pologne a finalement bouclé une victoire nette, 106-86.
Deux matchs, deux adversaires en confiance, trop d’absents, trop de trous d’air. Israël sort des qualifications avec le sentiment d’avoir laissé filer bien plus qu’une simple fenêtre internationale. La question, désormais, n’est plus de savoir pourquoi cette campagne s’est terminée si tôt, mais comment reconstruire une base stable pour que la prochaine ne commence pas déjà avec un genou à terre.




