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Monza 2023 : Leclerc et Hamilton en conflit au Grand Prix d'Italie

Le rugissement des tribunes de Monza n’a duré que deux tours pour Charles Leclerc. Deux tours seulement au volant de la Ferrari, à domicile, avant le choc brutal contre les barrières de pneus à la Parabolica et une fin de Grand Prix prématurée.

Au deuxième tour, la Ferrari décroche. Leclerc perd l’arrière dans ce virage mythique, glisse dans le gravier, demi-tête-à-queue, puis frappe latéralement les pneus. Impact violent. La monoplace est détruite, le drapeau rouge tombe, la course est interrompue un peu plus d’une demi-heure, le temps de dégager la voiture et de réparer la barrière.

Le Monegasque est conduit au centre médical du circuit. Il s’en sort avec des douleurs logiques après un tel choc, mais sans blessure grave. Il expliquera ensuite qu’il roulait déjà avec un problème de vision trouble à l’œil droit.

« C’était ça qui m’inquiétait le plus. Mais maintenant ça va », souffle-t-il. Soulagement dans le clan Ferrari, même si la déception sportive est immense.

Duel fratricide au départ

Avant le crash, Monza avait déjà retenu son souffle. Leclerc avait pris le départ depuis la troisième place sur la grille, avec son coéquipier Lewis Hamilton juste derrière, en quatrième position. Les deux Ferrari côte à côte dès les premiers mètres du Grand Prix d’Italie : le scénario rêvé pour les tifosi… jusqu’à ce qu’il tourne à la limite.

Dès le premier enchaînement, au deuxième virage, Leclerc ferme la porte. Très fort. Hamilton se retrouve sans espace, forcé à élargir et à mordre le gravier. Les deux rouges se frôlent, la tension grimpe instantanément.

Leclerc raconte la scène sans détour : « Lewis a essayé de me dépasser. Il n’y avait pas beaucoup de place. J’ai simplement essayé de prendre le deuxième virage le plus serré possible. C’était beaucoup trop serré et je ne sais pas si on s’est touchés. J’étais à l’intérieur, sur les vibreurs, en essayant de passer. Je n’ai pas réussi à le prendre assez serré, et ensuite j’ai vu dans le rétroviseur ce qui s’était passé. »

Dans ce rétroviseur, justement, Hamilton partait dans le bac à graviers. Une image qui fait grincer des dents quand il s’agit d’un duel entre coéquipiers. « Bien sûr, tu ne veux jamais ça quand tu te bats contre ton coéquipier », admet Leclerc.

Tension en piste, apaisement en coulisses

Les images nourrissent immédiatement les rumeurs : guerre interne chez Ferrari, rivalité explosive, fracture dans le garage. Leclerc coupe court.

« Je ne sais pas d’où viennent ces histoires selon lesquelles on se bat l’un contre l’autre. C’était déjà un sujet à Zandvoort », insiste-t-il. Le ton se veut posé, presque agacé par la répétition de ce thème.

Il reconnaît pourtant que la limite a été franchie à Monza : « C’est vrai qu’on est allés trop loin ici. Lewis est allé trop loin au premier virage. Ensuite j’ai essayé de prendre le deuxième virage le plus serré possible, mais ce n’était tout simplement pas suffisant. Faire ça, évidemment, ce n’est pas bien. »

Entre les lignes, le constat est clair : chacun a poussé l’autre au bord du précipice. Leclerc au deuxième virage, Hamilton au premier. Deux champions dans la même équipe, deux ego, une seule trajectoire possible au départ. À Monza, cette trajectoire a fini dans les graviers pour l’un, dans les pneus pour l’autre.

La Ferrari numéro 16 est sortie en morceaux, mais Leclerc, lui, repart debout, lucide, avec un message double : la santé d’abord, la paix affichée avec Hamilton ensuite.

Reste une question, brutale : combien de fois Ferrari pourra-t-elle frôler ce genre de collision interne avant que la bataille ne déborde vraiment hors de la piste ?