Monza : Leclerc et Ferrari dominent la FP1
Le décor est planté. Ciel bleu, chaleur, tribunes déjà tachetées de rouge, et un Monza qui vibre dès la première séance d’essais. Charles Leclerc n’a pas attendu longtemps pour se mettre le temple de la vitesse dans la poche : meilleur temps de la FP1, devant son équipier Lewis Hamilton, pour un doublé Ferrari qui résonne fort dans les oreilles des Tifosi.
Sur un tour en 1’23’’008, réalisé en pneus médiums alors que beaucoup passaient aux tendres, le Monégasque a fixé une référence que personne n’a réussi à aller chercher jusqu’au drapeau à damier. Une annonce claire : Ferrari est là, à domicile, et compte bien dicter le tempo.
Leclerc au-dessus, Hamilton en renfort, Russell en chasseur
La séance s’est animée au moment où le peloton commençait à chausser les gommes tendres pour les premiers vrais tours rapides. C’est là que Leclerc a frappé. Pas avec les pneus les plus performants, mais avec une exécution parfaite. Son 1’23’’008, posé presque sans bruit, a tenu tout le reste de l’heure.
George Russell avait pourtant donné le ton en début de séance. Le pilote Mercedes s’était installé en tête avec un 1’23’’802, près de quatre dixièmes devant Lando Norris. Plus tard, une fois les tendres montés sur la W15, il est remonté, mais pas assez pour faire vaciller la Ferrari numéro 16. Russell termine finalement troisième, à trois dixièmes du sommet.
Hamilton, lui, a construit sa séance plus progressivement. Longtemps calé derrière, il a trouvé le bon tour dans le dernier quart d’heure pour remonter en deuxième position, à moins de deux dixièmes de son équipier. Résultat : une première ligne virtuelle 100 % Ferrari, suivie d’une Mercedes qui observe, prête à bondir.
Rookies partout, repères bousculés
Cette première séance italienne n’avait rien d’un simple tour de chauffe. Quatre rookies au programme, des noms nouveaux au volant de machines de pointe, et un plateau aux allures de séance de tests.
Ayumu Iwasa a pris le baquet de Max Verstappen chez Red Bull, Luke Browning celui d’Alex Albon chez Williams, Paul Aron a retrouvé l’Alpine de Pierre Gasly, tandis que Colton Herta vivait sa troisième apparition de la saison en lieu et place de Sergio Perez chez Cadillac.
Dans le même temps, Liam Lawson enchaînait un deuxième week-end consécutif pour Red Bull, toujours en remplacement d’Isack Hadjar blessé. Conséquence en cascade : Yuki Tsunoda héritait une nouvelle fois du siège de Lawson chez Racing Bulls. Un jeu de chaises musicales qui a donné à cette FP1 un parfum de laboratoire à ciel ouvert.
Malgré ce contexte, Lawson a tiré son épingle du jeu : quatrième temps au volant de la Red Bull, juste derrière Russell, devant Kimi Antonelli et Norris. De quoi rappeler qu’il ne se contente pas de faire de la figuration.
Drapeau rouge, trafic et tensions en piste
Dès le lancement de la séance, à 12h30 locales, le ton était donné : piste bondée, soleil écrasant, et la majorité des voitures en pneus durs pour poser les premiers repères. D’autres tentaient déjà les médiums ou les tendres. Monza ne pardonne pas, même en essais, et le trafic s’est rapidement invité dans les conversations radio.
Iwasa s’est plaint d’Aron, croisé sur la trajectoire. Plus tard, Tsunoda s’est à son tour agacé de l’Estonien, encore au mauvais endroit au mauvais moment. Les rookies ont découvert à vitesse réelle ce que signifie gérer un tour rapide au milieu d’un train de voitures lancées.
La séance a basculé une première fois quand Colton Herta s’est immobilisé en piste, victime d’un problème hydraulique suspecté. Sommé par son équipe de s’arrêter, l’Américain a déclenché un Virtual Safety Car, avant qu’un drapeau rouge ne soit brandi pour permettre aux commissaires d’évacuer la MAC-26. Cinq tours seulement pour Herta, et une dernière place au classement, loin de ce qu’il espérait.
Antonelli, casque Rossi et top 5 à domicile
À la reprise, avec un peu plus de la moitié de la séance restante, Norris menait le bal en 1’23’’719. Les premiers relais en tendres ont suivi, notamment pour les deux Mercedes, Russell et Kimi Antonelli. L’Italien, casqué aux couleurs de Valentino Rossi pour son Grand Prix à domicile, s’est invité dans le haut du tableau.
Antonelli s’est installé un temps en quatrième position et termine finalement cinquième, juste derrière Lawson et devant Norris. Une performance solide, dans une séance où l’on jonglait entre programmes de tests, trafic et changements de pneus.
Derrière, le top 10 s’est complété avec Arvid Lindblad pour Racing Bulls, Gabriel Bortoleto pour Audi, Franco Colapinto sur l’Alpine et Paul Aron, malgré ses déboires dans le trafic.
Le peloton se resserre derrière
Juste en dehors du top 10, Oscar Piastri place sa McLaren en 11e position, devant Tsunoda et la première Audi de Nico Hulkenberg. Ollie Bearman, au volant d’une Haas dotée d’évolutions, signe le 14e temps, devant Browning et l’autre Williams de Carlos Sainz.
Iwasa conclut sa première séance au volant de la Red Bull derrière ce groupe, suivi par Fernando Alonso sur l’Aston Martin, Esteban Ocon pour Haas, Valtteri Bottas chez Cadillac et Lance Stroll sur l’autre Aston Martin.
Au fond du classement, Herta ferme la marche, plombé par son arrêt prématuré. Cinq tours, aucun vrai chrono, et une séance à oublier.
Une première indication, pas un verdict
Ferrari démarre son week-end à Monza comme les Tifosi en rêvaient : Leclerc devant, Hamilton dans le sillage, un doublé rouge qui fait trembler les tribunes dès la FP1. Russell et Lawson restent en embuscade, Antonelli s’offre un top 5 symbolique à domicile, et les rookies continuent d’apprendre à haute vitesse.
Les chronos ne racontent jamais toute l’histoire d’un vendredi midi à Monza. Mais une chose est déjà claire : si Ferrari voulait allumer la mèche à domicile, c’est fait. Reste à voir, lors de la deuxième séance à 16h, si ce feu d’artifice peut durer tout le week-end.




