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Naomi Osaka dompte Siniakova et atteint le troisième tour de l'US Open

Naomi Osaka a retrouvé ce mélange de panache et de puissance qui a fait d’elle une reine de New York. Bousculée, agacée, presque rattrapée par ses vieux démons, elle a fini par dompter Katerina Siniakova en trois sets, 6-2, 5-7, 6-1, pour s’ouvrir les portes du troisième tour de l’US Open.

Sur le Arthur Ashe Stadium, la Japonaise de 28 ans est entrée comme elle aime le faire : en faisant tourner les têtes. Après une première tenue inspirée par la légende NBA Allen Iverson au premier tour, elle est revenue jeudi dans une robe blanche brodée de petites raquettes. Le style, toujours. Mais cette fois, le scénario n’a pas été aussi linéaire que son entrée.

Un départ canon, puis le trou d’air

Le début de match a rappelé la Osaka de ses grandes années à Flushing Meadows, titrée en 2018 et 2020. Service claquant, prises de balle précoces, frappes lourdes qui repoussent Siniakova loin derrière la ligne. En une demi-heure, le premier set est plié, 6-2, sans trembler.

La 13e tête de série semble alors lancée vers une victoire propre, presque clinique. Elle break pour mener 4-2 dans le deuxième set à l’approche de l’heure de jeu. Le tableau est clair : Osaka contrôle, Siniakova subit. Le match paraît filer droit.

Puis tout se dérègle.

Osaka sert pour le match à 5-3. Elle a la main sur la rencontre, les points dans la raquette. Mais sa régularité s’effrite soudainement. Les fautes s’enchaînent, les choix se brouillent. Quatre jeux de suite pour Siniakova, qui profite pleinement de cette chute de régime. Le set lui échappe, 7-5, dans un enchaînement improbable de quatre breaks consécutifs.

Sur les 29 fautes directes d’Osaka dans la rencontre, 20 tombent dans cette seule deuxième manche. Un chiffre qui dit tout du trou d’air.

Pause, reset, puis rouleau compresseur

La Japonaise quitte alors le court pour une pause. Pas un simple passage aux vestiaires : une coupure mentale assumée. Elle l’explique ensuite au public de l’Arthur Ashe, encore bien garni en soirée.

Elle revient avec un visage fermé, presque dur. Cette fois, plus question de se disperser. Les premiers échanges du troisième set le confirment : la vitesse de balle remonte, la précision revient, la langue du corps se redresse. Siniakova, numéro un mondiale en double, sent immédiatement la différence.

La pression finit par peser lourd. Osaka serre le jeu, nettoie ses trajectoires, retrouve cette première balle qui lui offre des points gratuits. Elle ne laisse plus d’ouverture. Le dernier acte se transforme en démonstration : six des sept derniers jeux pour la Japonaise, qui boucle l’affaire 6-1, en deux heures et deux minutes de combat.

Cette fois, pas de nouvelle alerte. Juste une conclusion nette, presque brutale.

Mertens en ligne de mire

Ce succès lui offre un troisième tour piégeux face à Elise Mertens, tête de série numéro 23. Une joueuse solide, accrocheuse, qui ne donne presque rien. Le genre de profil qui teste autant la tête que le bras.

Osaka, elle, avance avec un message clair : son tennis est encore capable de produire des séquences dominantes, mais l’équilibre reste fragile. Elle l’a reconnu sans détour sur le court : elle s’est montrée « un peu trop dure » avec elle-même après les occasions manquées du deuxième set, avant de « se regrouper » durant cette pause salvatrice pour revenir sans regrets.

À New York, elle sait mieux que quiconque que les titres se gagnent autant dans les vestiaires qu’au fond du court. La question, désormais, est simple : cette victoire arrachée dans la douleur marque-t-elle le début d’une vraie campagne, ou seulement un sursaut dans la nuit new-yorkaise ?