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Nasser Hussain critique le pari pakistanais sur le Test cricket

Nasser Hussain n’a pas tourné autour du pot. Devant les images de Saim Ayub, propulsé en urgence au plus haut niveau et balayé par la réalité d’un Test en Angleterre, l’ancien capitaine d’England a livré un réquisitoire frontal contre la stratégie pakistanaise.

« Je ne sais pas qui peut penser que c’est une bonne idée de faire venir quelqu’un depuis d’autres conditions, en jouant un format complètement différent, et imaginer qu’il va s’en sortir ici avec une balle Dukes, face à Ollie Robinson et l’attaque d’England », a-t-il lancé, agacé.

Le Test cricket, pas un laboratoire d’essais

Pour Hussain, la décision dépasse le simple pari tactique. Elle touche au cœur de ce que représente le Test cricket.

« C’est une forme de manque de respect et de mépris pour le Test match cricket. Le Test match cricket, comme n’importe quel joueur vous le dira, est le format le plus difficile. Ouvrir la manche en Angleterre est la tâche la plus ardue, et on a l’impression que certains pensent qu’ils peuvent faire venir quelqu’un d’un coin du monde et lui dire : bonne chance », a-t-il poursuivi.

Le contexte rend la critique encore plus lourde. Pakistan a remodelé son groupe après le deuxième Test à Lord’s : sept joueurs sortis du squad, staff technique remplacé, et une structure de coaching orientée white-ball installée sous la direction de Mike Hesson… pour gérer une série de red-ball. Une rupture brutale, presque expérimentale, dans un environnement où la moindre approximation se paie cash.

Le précédent Sehwag comme avertissement ignoré

Hussain a rappelé que ce type de pari avait déjà échoué sur la même scène. Et pas avec n’importe qui.

« Virender Sehwag a tenté le coup sur ce même terrain, si vous vous souvenez… ils l’ont fait venir. Virender Sehwag a fait un pair, et on parle de Virender Sehwag, un joueur meilleur, plus expérimenté que Saim », a-t-il souligné.

Le message est clair : si même un géant du jeu comme Sehwag s’est brisé sur ces conditions en arrivant de nulle part, que pouvait-on raisonnablement attendre d’un jeune joueur moins aguerri, catapulté dans la tempête anglaise avec une balle Dukes neuve et un Ollie Robinson en rythme ?

Responsabilités partagées, décision contestée

Hussain n’a pas totalement dédouané le joueur. Le tir au but mal négocié reste le sien.

« Une part de responsabilité revient au garçon pour le coup qu’il a joué », a-t-il reconnu. Mais il a immédiatement élargi le cadre : « Mais aussi, à quiconque a pensé que c’était une très bonne décision et qu’il allait s’en sortir cette semaine ? »

Au-delà de l’échec d’un innings, c’est toute une philosophie de sélection qui se retrouve sur la sellette. Entre formats mélangés, rotations brutales et staff white-ball parachuté sur une série de Test, Pakistan joue avec les codes d’un format que Hussain, comme beaucoup d’anciens, considère comme sacré.

Dans un pays où le talent brut ne manque jamais, la vraie question devient alors moins « qui » joue… que « comment » on le prépare à affronter la réalité implacable d’un Test en Angleterre.