Nicolas Batum annonce sa retraite : retour sur une carrière NBA exceptionnelle
À la fin, ce n’est pas une arène pleine qui a accompagné Nicolas Batum vers la sortie, ni un micro tendu au centre d’un parquet NBA. C’est un salon, une caméra de téléphone, et un échange à hauteur d’enfant avec son fils de 10 ans, Ayden. Lundi 21 septembre, à 37 ans, l’ailier français a officialisé sa retraite dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Simple. Direct. À son image.
« J’ai décidé d’arrêter le basket pour plusieurs raisons », explique-t-il à son fils, assis à ses côtés. Il parle de rentrer à la maison, d’être avec lui, de “laisser la place aux autres”. Une phrase revient comme un point final : « Je pense que j’ai fait mon temps. [...] J’ai fait tout ce que j’avais à faire. » Son histoire avec l’équipe de France s’était déjà refermée deux ans plus tôt. Celle avec la NBA vient de s’achever.
De la France à Portland, la trajectoire d’un couteau suisse
Avant de s’installer durablement de l’autre côté de l’Atlantique, Batum a d’abord fait ses gammes dans le championnat de France, deux saisons au plus haut niveau national. Talent précoce, profil longiligne, lecture du jeu au-dessus de la moyenne : les recruteurs NBA ne mettent pas longtemps à le repérer.
La draft le cueille au premier tour. Direction Portland, ses forêts, sa pluie et ses Trail Blazers. Là-bas, le Français s’impose saison après saison comme un ailier complet, capable de défendre plusieurs postes, de sanctionner à trois points, de faire tourner le ballon. Sept années à l’Oregon pour installer sa réputation de joueur polyvalent, précieux dans l’ombre des stars.
Puis vient Charlotte. Six saisons sous le maillot des Hornets, dans un rôle plus central, plus exposé aussi. Batum ne devient pas une superstar, mais il incarne ce type de joueur que les coaches adorent : fiable, intelligent, capable de tout faire un peu, et souvent au bon moment.
Los Angeles, Philadelphie et le dernier virage
La dernière partie de sa carrière s’écrit sur la côte Ouest, à Los Angeles. Avec les Clippers, Batum trouve un environnement taillé pour son profil. Il étire le jeu derrière l’arc, stabilise les rotations, accepte les missions défensives les plus ingrates. Il y passe la majeure partie de ses six dernières saisons NBA.
Un court passage par Philadelphie en 2023-24 vient compléter le tableau. Rien de clinquant, pas de tournée d’adieu tapageuse. Juste un vétéran respecté, qui continue de rendre des services, d’occuper les bons espaces, de faire circuler la balle.
Au terme de ses 18 années de carrière NBA, la ligne statistique résume bien le joueur : 9,6 points, 4,7 rebonds et 3,0 passes de moyenne, avec 37 % de réussite à trois points. Des chiffres solides, réguliers, qui racontent la constance plus que les coups d’éclat.
L’homme des grandes campagnes bleues
Si son aventure en Bleu s’est arrêtée en 2022, l’empreinte laissée sous le maillot de l’équipe de France reste profonde. Batum a été l’un des piliers d’une génération qui a replacé les Bleus tout en haut du basket mondial.
Son palmarès international culmine avec deux médailles d’argent olympiques, conquises à Tokyo en 2020 puis à Paris en 2024. Deux finales perdues, mais deux campagnes qui ont solidifié le statut de la France parmi les grandes nations du basket.
Dans ces rendez-vous, Batum n’a pas toujours été le meilleur marqueur, rarement la tête d’affiche. Il a été ce joueur qui ferme une ligne de passe, qui pose l’écran décisif, qui prend le tir ouvert au bon moment. Un métronome des grandes soirées.
Savoir s’arrêter
« Quand tu as joué autant de basket que moi, à un moment, il faut savoir quand s’arrêter », confie-t-il à son fils dans la vidéo. La phrase sonne comme une profession de foi. Pas de drame, pas de regret affiché. Juste la lucidité de celui qui a traversé presque deux décennies au plus haut niveau et qui choisit lui-même la porte de sortie.
La NBA derrière lui, l’équipe de France déjà rangée au rayon souvenirs, Batum tourne la page avec la même sobriété qu’il mettait dans son jeu. Sans grand fracas, mais avec le respect acquis dans les vestiaires, sur les bancs et dans les couloirs des salles.
Il laisse une trace singulière : celle d’un Français qui n’a jamais eu besoin de projecteurs permanents pour s’imposer dans la ligue la plus exigeante du monde, et qui choisit de fermer le livre en regardant son fils dans les yeux.
La suite se jouera loin des parquets. Mais pour Nicolas Batum, le plus important, désormais, est déjà à la maison.




