logo

Nicolas Batum : Fin de carrière et renaissance avec les Clippers

Nicolas Batum a rangé ses chaussures. À 37 ans, après 18 saisons en NBA, l’ailier français a annoncé le 21 septembre qu’il mettait un terme à sa carrière, refermant une parenthèse américaine entamée en 2008 et relancée de façon spectaculaire chez les Los Angeles Clippers.

La dernière page s’est tournée loin des parquets NBA, dans un gymnase de Pont-l’Évêque, en France, là où tout avait commencé. À ses côtés, son fils. Face à la caméra, un discours simple, direct, avec une idée forte : il est temps de laisser la place aux autres, de se consacrer davantage à sa famille. Mais derrière cette décision, il y a surtout une histoire de renaissance, et elle porte un nom : Clippers.

Los Angeles, le reset inattendu

Quand Nicolas Batum débarque à Los Angeles en 2020, sa cote n’est plus la même. Sa fin de parcours avec les Charlotte Hornets a laissé des traces. L’avenir en NBA s’obscurcit. Le Français sort d’une période compliquée, son rôle s’érode, son contrat pèse, les perspectives se rétrécissent.

Les Clippers lui tendent alors la main. Lawrence Frank, président des opérations basket, et le propriétaire Steve Ballmer misent sur lui à un moment où peu de franchises sont prêtes à le faire. Batum ne l’a pas oublié. Dans son message d’adieu, il les cite nommément, avec une phrase qui résume presque tout : « Merci de m’avoir donné une chance il y a quatre ans quand c’était très, très compliqué. Vous m’avez aidé à prolonger ma carrière. »

Cette chance, il ne la gaspille pas.

Dès sa première saison à Los Angeles, en 2020-21, Batum retrouve de l’air. Ses statistiques – 8,1 points, 4,7 rebonds, 2,2 passes, 40 % au tir – ne racontent qu’une partie de l’histoire. L’essentiel est ailleurs : Tyronn Lue en fait l’un de ses hommes de confiance. Batum défend sur plusieurs postes, fait circuler le ballon, accepte de jouer sans le monopoliser. Il se fond dans le collectif, mais pèse sur les matchs.

La récompense collective arrive vite : cette équipe atteint les finales de la Conférence Ouest 2021, une première dans l’histoire de la franchise. Phoenix mettra fin au parcours en six matchs, mais pour Batum, le message est clair : il a encore sa place au plus haut niveau.

Il reste. Et il s’installe.

Un vétéran utile jusqu’au bout

Sauf pour une courte parenthèse aux Philadelphia 76ers durant la saison 2023-24, Los Angeles devient sa base. Son port d’attache NBA. Les années passent, le rôle évolue, mais il ne se contente jamais d’un simple statut de figurant.

Sa dernière saison, en 2025-26, ne ressemble pas à un tour d’honneur symbolique. Batum dispute 74 rencontres avec les Clippers, tourne à 17,5 minutes de jeu. Son volume de points chute à 4,0 unités par match, mais son adresse longue distance reste tranchante : 40,4 % à trois points sur 3,1 tentatives. Pour un vétéran de rotation, c’est une production réelle, utile, presque précieuse dans une ligue obsédée par le spacing.

Les Clippers finissent par décliner son option d’équipe pour 2026-27. Le Français se retrouve libre. Une autre franchise aurait pu l’appeler, un nouveau rôle aurait pu se dessiner. Il choisit de dire stop. Dix-huit saisons, c’est suffisant. Le moment est venu de fermer le chapitre joueur.

Une relation particulière avec les Clippers

Dans son message de départ, Batum prend soin de remercier chacune de ses étapes en NBA. Mais lorsqu’il évoque Los Angeles, le ton change. Plus grave. Plus chargé.

Il insiste sur la confiance retrouvée, sur ces dirigeants qui ont cru en lui quand sa carrière semblait filer vers la sortie. « Merci de croire en moi ces quatre dernières années », lâche-t-il. En réalité, son passage cumulé chez les Clippers s’étend sur plus de quatre ans, mais l’essentiel est ailleurs : sans cette relance à Los Angeles, son histoire en NBA n’aurait sans doute pas eu cette fin-là.

Arrivé comme un joueur que beaucoup voyaient sur la pente descendante, il est devenu l’un des vétérans les plus fiables de Tyronn Lue, a prolongé sa carrière jusqu’à la fin de la trentaine et a terminé en portant le maillot des Clippers.

Une deuxième vie sportive, offerte à un moment où la première semblait s’éteindre.

Reste désormais à savoir sous quelle forme il reviendra dans le basket. Car sur ce point, Nicolas Batum a été clair : il quitte le terrain, pas le jeu.