Nuno Tavares : De l’ombre à la lumière avec la Seleção
Il y a un an, Nuno Tavares semblait coincé dans une impasse. Freiné par une saison compliquée sous les ordres de Maurizio Sarri, annoncé sur le départ ou relégué derrière le nouveau venu Alfonso Pedraza, le latéral de la Lazio voyait sa trajectoire en club comme en sélection sérieusement s’assombrir.
Le décor a changé. Radicalement.
Gattuso le relance, Tavares répond
L’arrivée de Gennaro Gattuso sur le banc romain a tout bousculé. Là où Sarri l’avait parfois exposé, le technicien italien a capitalisé sur les leçons de cette période pour durcir le joueur. Tavares a musclé son jeu défensif, corrigé son placement, accepté de souffrir sans ballon.
En retour, Gattuso lui a rendu la clé du couloir gauche. Titulaire, libre de déborder, encouragé à attaquer la profondeur pendant 90 minutes. Une confiance totale, assumée.
Le résultat s’est vu en grand format lors du 2-2 face au AC Milan. Dans une rencontre ouverte, tendue, Nuno Tavares a été, de loin, l’un des hommes forts de la Lazio. Toujours disponible, toujours lancé, il s’est trouvé au cœur des actions qui ont mené aux buts de Matteo Cancellieri et Tijjani Noslin. Pas seulement un coureur de ligne : un vrai catalyseur offensif.
Cette montée en puissance n’a pas échappé à Lisbonne.
Jorge Jesus le rappelle avec le Portugal
Nouveau sélectionneur du Portugal, Jorge Jesus n’a pas hésité : Nuno Tavares fait son retour dans la liste pour la longue trêve internationale qui arrive. Une convocation qui récompense ses prestations à Rome, mais aussi sa capacité à se réinventer après une saison délicate.
La hiérarchie, elle, ne bouge pas : Nuno Mendes reste le titulaire indiscutable du poste, considéré comme l’un des tout meilleurs latéraux gauches de la planète. Tavares arrive derrière, en doublure. Mais une doublure appelée à jouer.
Le calendrier est chargé : quatre matches de phase de groupes dans la nouvelle édition de l’UEFA Nations League, face au pays de Galles, à la Norvège (deux fois) et au Danemark. Avec cette cadence, la rotation devient une obligation. Le joueur de la Lazio sait qu’il aura sa fenêtre.
Un passé timide en sélection, un présent à saisir
Pour l’instant, la trace de Nuno Tavares en Seleção reste mince : trois sélections, toutes comme remplaçant. La dernière remonte à octobre 2025, contre la Hongrie. Depuis, plus rien.
Ce rappel marque donc une vraie rupture dans sa trajectoire internationale. Il ne revient pas par défaut, mais porté par une forme solide dans un grand championnat et un rôle majeur à la Lazio. Cette fois, la porte ne s’entrouvre pas : elle s’ouvre réellement.
Reste un fait incontournable : malgré ce retour, le débat national se concentre ailleurs.
Ronaldo toujours là, dans une liste dense
L’annonce de la liste de Jorge Jesus a été dominée par un nom, encore et toujours : Cristiano Ronaldo. L’attaquant d’Al Nassr figure bien dans le groupe, preuve que son influence reste intacte au sein de la sélection, même dans un effectif qui se renouvelle.
Autour de lui, la structure du Portugal reste impressionnante. Diogo Costa, Rui Silva et Samuel Soares gardent les buts. En défense, Diogo Dalot, João Cancelo, Gonçalo Inácio, Rúben Dias, Renato Veiga, Nuno Mendes, Tomás Araújo et donc Nuno Tavares composent une ligne arrière dense, où la concurrence est féroce.
Au milieu, Rúben Neves, João Neves, Vitinha, Bruno Fernandes, Bernardo Silva et João Palhinha offrent un éventail complet de profils, de la sentinelle rugueuse au meneur de jeu créatif. Devant, la ligne offensive affiche du talent à chaque poste : João Félix, Francisco Trincão, Francisco Conceição, Pedro Neto, Rafael Leão, Gonçalo Ramos, Cristiano Ronaldo et Fábio Silva.
Dans ce paysage, Tavares n’est pas la tête d’affiche. Mais il incarne autre chose : la valeur du travail dans la durée, la capacité à se relever après avoir frôlé la sortie de route.
Une nouvelle étape, pas un aboutissement
Ce retour en sélection ne clôt rien pour Nuno Tavares. Il ouvre un chapitre. Sa mission est claire : prouver qu’il peut être plus qu’un simple relais derrière Nuno Mendes, qu’il peut devenir une option fiable sur la durée dans une équipe qui vise haut sur tous les fronts.
À 26 ans, après une saison charnière à Rome, le latéral de la Lazio se retrouve de nouveau sur la scène internationale. Il a retrouvé sa place sur la photo.
Reste à savoir s’il saura, cette fois, y rester.




