Pacific Division : la lutte pour le trône sans LeBron
LeBron James n’est plus là. La Pacific Division vient de perdre son roi médiatique, et tout l’équilibre de la côte Ouest vacille. Les Lakers changent de visage, les Suns accélèrent, les Warriors s’accrochent à la dernière grande fenêtre de Stephen Curry, les Clippers tirent un trait sur l’ère Kawhi Leonard, tandis que les Kings hésitent encore entre reconstruction et déni.
Un titre de division ne se gagne pas en octobre. Mais cette saison, il se jouera déjà dans les bureaux des dirigeants et dans les salles de rééducation.
Golden State Warriors : la dernière grande course de Curry
La blessure de Jimmy Butler a tout cassé. Sans lui, les Warriors ont fini à 37-45, tout juste assez pour accrocher le play-in, portés encore une fois par un Stephen Curry fidèle à son niveau d’élite. Mais ce n’est plus suffisant. Pas dans cette conférence, pas avec ce bilan.
L’été n’a pas offert la vague de vétérans espérée. Pas de star, pas de grand nom. Juste des ajustements. Mais un nom intrigue : Yaxel Lendeborg.
Ailier de 23 ans, rookie, mais déjà champion universitaire avec Michigan, Lendeborg débarque avec un bagage rare pour un débutant : des matches qui comptent, de la personnalité, une présence. Golden State espère qu’il apportera ce que les chiffres ne décrivent pas toujours : de l’énergie, du liant, un souffle neuf dans un vestiaire qui vit encore sur les restes de sa dynastie.
Les arrivées de Georges Niang et Brandon Williams complètent le tableau. Les départs de Seth Curry, Quinten Post et Pat Spencer n’ont rien de sismique, mais grignotent un peu plus la profondeur.
Tout se résume à une équation brutale : si Butler revient bien de sa chirurgie du genou et si Curry reste à un niveau All-NBA, les Warriors seront dans le coup pour le postseason. Sans ces deux conditions, la “circle of contenders” restera une image du passé. Le temps ne ralentit pas pour personne, même pas pour Stephen Curry.
LA Clippers : tourner la page Kawhi
Les Clippers ont enfin vécu une saison où Kawhi Leonard était à peu près en bonne santé. Résultat : 42-40, play-in, un minimum syndical dans un Ouest chargé. Et puis, le couperet : Leonard envoyé aux Raptors, symbole clair d’un changement d’ère.
La franchise a choisi sa nouvelle tête d’affiche du futur lors de la Draft : Keaton Wagler, combo guard star à Illinois, capable de tout faire ou presque avec le ballon. Transposer ce talent en NBA reste une aventure délicate, mais les Clippers ont décidé de parier sur lui.
Ils ne se sont pas contentés d’un pari. Brandon Ingram, Rui Hachimura, Max Strus, Johni Broome, Nick Martinelli, Baba Miller, Gradey Dick : la rotation a été entièrement reconfigurée. Nicolas Batum, Bogdan Bogdanović, John Collins, Kawhi Leonard, Bennedict Mathurin ont pris la porte. Changement massif de décor.
La mission est claire, l’exécution le sera moins : accrocher les playoffs dans une conférence où au moins une demi-douzaine d’équipes se sont renforcées. Les Clippers, eux, misent sur une saison complète de Darius Garland et sur sa connexion avec Wagler. Si ce duo de backcourt trouve vite ses repères, il peut devenir l’emblème d’une nouvelle direction à long terme pour la franchise. Une équipe moins obsédée par le court terme, plus prête à construire.
Le pari est risqué. Mais pour une équipe qui a longtemps vécu dans le “win now”, c’est peut-être la seule issue.
Los Angeles Lakers : après LeBron, le règne sans partage de Luka
Les Lakers ont déjà vécu des transitions de légendes. De Magic Johnson à Kobe Bryant, de Kobe à LeBron James. Cette fois, la bascule est d’une autre nature : LeBron s’en va, mais la superstar est déjà là. Luka Dončić.
La saison passée, malgré les blessures de Luka et d’Austin Reaves, la franchise a terminé à 53-29 et a atteint le deuxième tour des playoffs. Un bilan plus que respectable, presque rassurant. La base existe. La suite, en revanche, sera très différente.
LeBron James, Deandre Ayton, Rui Hachimura, Jaxson Hayes, Luke Kennard, Maxi Kleber, Marcus Smart, Nick Smith Jr. : toute une partie de l’ossature s’est effacée. En retour, un effectif profond, dense, presque surchargé sur les lignes extérieures : Cameron Carr, Quentin Grimes, Jaden Hardy, Collin Sexton, Matisse Thybulle, Ziaire Williams, plus Walker Kessler et Kevon Looney à l’intérieur, Sandro Mamukelashvili pour compléter.
Le cœur du projet est limpide : entourer Luka et maximiser chaque possession qu’il touche. Walker Kessler devient central dans ce plan. Sign-and-trade avec Utah, grosse extension, profil idéal sur le papier : mains sûres pour finir près du cercle, présence au rebond, protection de cercle solide. Le pick-and-roll Luka–Kessler peut devenir l’arme de base de toute la saison.
Austin Reaves, lui aussi prolongé, reste le lieutenant créatif, le relais sur le périmètre. Sexton peut apporter du scoring en sortie de banc, Thybulle de la défense ciblée, Grimes du tir, Looney de la stabilité.
Les Lakers ne remplaceront pas LeBron James. Personne ne le peut. Mais avec un Luka en pleine possession de ses moyens, une raquette sécurisée par Kessler et quelques apports secondaires bien calibrés, ils resteront dans le haut du panier à l’Ouest. La question n’est plus : “peuvent-ils exister sans LeBron ?” Elle est désormais plus tranchante : jusqu’où Luka peut-il les emmener, seul maître à bord ?
Phoenix Suns : la surprise qui veut devenir une habitude
Personne ne les attendait là. Sans Kevin Durant ni Bradley Beal, les Suns ont terminé à 45-37, ont décroché les playoffs et se sont imposés comme l’une des plus belles surprises de la ligue. Une équipe annoncée en transition, qui a refusé de se voir fragile.
Le duo GM Brian Gregory – coach Jordan Ott, arrivé lors du grand ménage précédent, a imprimé sa marque très vite. Et l’intersaison a prolongé cette logique : consolider les piliers qui ont émergé, puis ajouter des pièces ciblées.
Dillon Brooks, Collin Gillespie, Mark Williams, Jordan Goodwin : tous sortaient de la meilleure saison de leur carrière. Tous ont été prolongés. Un message clair envoyé à Devin Booker : le noyau qui l’entoure pendant ses années de prime ne va pas bouger au moindre courant d’air.
Sur cette base, Phoenix a ajouté du vrai talent offensif. Miles Bridges, scoreur certifié à 20 points par match, vient épauler Booker dans la création et le scoring. Luke Kennard remplace Grayson Allen dans le rôle du sniper extérieur, avec une efficacité redoutable derrière l’arc. Koa Peat, rookie musclé, apporte du volume et du physique sur la ligne de front, avec la promesse de minutes dès sa première année.
La métamorphose des Suns ne ressemble pas à un feu de paille. Elle ressemble à un projet. Structuré, assumé, pensé autour de la durée de vie du prime de Devin Booker. Dans une division en recomposition, Phoenix n’a pas seulement l’intention de confirmer sa surprise : la franchise vise désormais un statut durable de candidat aux playoffs. Et plus si affinités.
Sacramento Kings : entre attente, incertitude et dernière chance
Les Kings ont vécu ce que la NBA réserve souvent aux équipes sans boussole claire : 22 victoires, 60 défaites, et une saison sans playoffs, sans identité forte, sans leader incontestable. La tentation d’exploser le noyau était grande. Elle n’a pas été saisie.
L’été à Sacramento a été étonnamment calme. Pas de révolution. Pas de trade majeur. L’impression que la vraie bascule est reportée à 2027.
Les arrivées ? Darius Acuff Jr., Alex Karaban, Emanuel Sharp, et un nom qui ne laisse jamais indifférent : Ben Simmons. Les départs ? Devin Carter, DeMar DeRozan, Drew Eubanks, Killian Hayes, Doug McDermott, Russell Westbrook. DeRozan n’a pas été prolongé, signe d’une volonté de tourner une page, sans pour autant écrire la suivante.
Le poids offensif retombera, une nouvelle fois, sur Zach LaVine. Probablement pour la dernière saison. Il entre dans la dernière année de son contrat. De’Andre Hunter, lui aussi en fin de deal, apporte son profil de deux-way player solide après un passage à Cleveland.
Tout se joue désormais sur une série de décisions à venir. Que faire de LaVine ? Que faire de Domantas Sabonis ? Les garder et tenter encore de bricoler autour ? Les échanger pour repartir de zéro ? Sacramento a choisi, pour l’instant, d’observer, de tester encore ce groupe, de voir si un sursaut est possible.
La Pacific Division avance, se transforme, se réinvente. Les Kings, eux, semblent figés à un carrefour. Reste à savoir combien de temps une franchise peut rester immobile dans une conférence qui ne pardonne jamais l’attentisme.




