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Pakistan en crise : Gillespie attaque Aaqib Javed et le PCB

La tournée anglaise tourne au fiasco sportif, mais aussi politique, pour le Pakistan. Après deux humiliations successives face à l’Angleterre, le Pakistan Cricket Board (PCB) a choisi la solution la plus brutale : sept joueurs renvoyés au pays, deux membres du staff également, et un vestiaire laissé sous le choc.

Dans la ligne de mire, un homme concentre désormais la colère des anciens : Aaqib Javed, président des sélectionneurs et directeur de la haute performance. Jason Gillespie, ancien sélectionneur Test du Pakistan, ne mâche plus ses mots.

Sept joueurs écartés, un vestiaire déboussolé

La décision est tombée cette semaine. Mohammad Rizwan, Imam-ul-Haq, Salman Ali Agha, Sarfaraz Ahmed et Umar Gul ont reçu leurs « ordres de marche ». Sept remplaçants ont été appelés en urgence, tandis que la direction de l’équipe Test a été confiée à Mike Hesson, habituel patron du white-ball.

Un coup de balai massif après deux premiers Tests catastrophiques : une défaite par une manche et 103 points à Headingley, puis un revers de 194 points à Lord’s. Le terrain a parlé. Mais c’est la manière dont le PCB a réagi qui provoque la tempête.

Les anciens joueurs dénoncent une gestion à l’aveugle, sans vision, ni cohérence. Gillespie va plus loin : pour lui, les joueurs évoluent désormais dans la peur.

Il cite un exemple qui résume, selon lui, l’absurdité du moment : Salman Ali Agha, capitaine lors du premier Test contre l’Angleterre, se retrouve écarté pour le deuxième, puis renvoyé au pays avant même le troisième. Un capitaine un jour, un passager en classe retour le lendemain. Comment construire une équipe dans ces conditions ?

« Ils changent d’avis comme ils changent de pantalon »

Pour Gillespie, le cœur du problème porte un nom : Aaqib Javed. Pas question de parler de crise conjoncturelle ou de simple mauvaise passe sportive. Il accuse une absence totale de stratégie de sélection, des plans réécrits au gré des humeurs.

Selon lui, le Pakistan ne suit aucune ligne directrice sous la présidence de Javed. Les choix fluctuent sans logique apparente, les joueurs sont promus, rétrogradés, puis sacrifiés, sans que personne ne sache pourquoi.

Et derrière la brutalité des décisions, il pointe un autre scandale : la manière dont les joueurs apprennent leur éviction. D’après Gillespie, certains n’auraient même pas été prévenus officiellement, découvrant leur sort par la famille, des amis, ou les médias. Pour un vestiaire déjà fragilisé par les résultats, le coup est violent.

Dans ce climat, il estime que les joueurs ne jouent plus pour gagner, mais pour survivre. Chaque erreur peut signifier un billet retour. Chaque mauvaise série, une mise à l’écart définitive. L’expression « jouer avec la peur » prend soudain un sens très concret.

Guerre ouverte entre anciens techniciens

Aaqib Javed n’est pas resté silencieux ces dernières semaines. L’ancien pacer a publiquement mis en cause Jason Gillespie et Gary Kirsten, les accusant de n’avoir ni communiqué avec lui, ni tenu compte de ses remarques lorsqu’ils étaient en poste.

Gillespie démonte cette version. Il rappelle un fait simple : Javed est président des sélectionneurs depuis deux ans. Lui et Kirsten, eux, ne sont plus impliqués dans le dispositif pakistanais. Les résultats actuels, insiste-t-il, ne peuvent pas leur être imputés.

Il s’étonne, presque ironiquement, de voir Javed lui faire porter la responsabilité d’un chaos qu’il gère lui-même au quotidien. Pour l’Australien, le constat est clair : Javed doit « se regarder dans le miroir » et cesser de chercher des boucs émissaires qui ne sont plus là.

Derrière cette passe d’armes, c’est tout le fonctionnement du cricket pakistanais qui se retrouve exposé. Les tensions internes, les luttes d’influence, les renvois précipités : tout remonte à la surface au moment où l’équipe a le plus besoin de stabilité.

Edgbaston en ligne de mire, et une question brûlante

Sportivement, le Pakistan arrive au bord du gouffre. Deux défaites écrasantes, une équipe décapitée, un nouveau responsable pour les Tests avec Mike Hesson, et un troisième rendez-vous à Edgbaston le 9 septembre.

Le timing est cruel. Le Pakistan doit sauver ce qui peut l’être d’une série déjà perdue, tout en gérant une tempête institutionnelle. Les joueurs restants, eux, savent désormais qu’un mauvais jour peut les renvoyer directement à l’aéroport.

Le terrain d’Edgbaston dira si ce choc frontal entre dirigeants, anciens coachs et joueurs débouche sur une réaction de fierté… ou sur un naufrage encore plus profond. Mais une question s’impose déjà : tant que la maison est en feu au sommet, combien de temps encore l’équipe pourra-t-elle tenir debout sur le terrain ?