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Piastri domine les essais Pirelli à Mugello

À Mugello, Piastri mène la danse, Lawson avale les kilomètres

Sous une chaleur écrasante en Toscane, le premier jour d’essais Pirelli à Mugello a pris des allures de laboratoire à ciel ouvert. Deux jours au programme, trois gommes parmi les plus dures de la gamme, et deux pilotes décidés à ne rien laisser au hasard : Oscar Piastri pour McLaren, Liam Lawson pour Red Bull.

Piastri, la référence du jour

Piastri a signé le meilleur tour de la journée en 1’21’’358, au terme d’un programme dense et méthodique. 93 tours, 488 kilomètres, et un menu complet C1, C2, C3 pour explorer le comportement des pneus les plus robustes de Pirelli.

La séance de l’Australien s’est structurée autour de relais d’abord plus courts, avant de se terminer par deux séries de 14 tours. Un travail typique de simulation de relais course, où l’on scrute la dégradation, la constance des temps, la température des gommes. Le chrono brut n’était pas censé être la priorité, mais son 1’21’’358 s’est rapidement imposé comme la référence officieuse de cette première journée.

Sur un asphalte porté à 55 degrés, chaque tour devenait un test de gestion thermique. Mugello ne pardonne pas : longues courbes rapides, appuis soutenus, pneus martyrisés. Dans ces conditions, tenir le rythme sur la durée vaut parfois plus qu’un tour canon.

Lawson, le métronome de Red Bull

En face, Liam Lawson n’a pas cherché le coup d’éclat. Il a choisi l’endurance. 116 tours, 608 kilomètres, soit l’équivalent de presque deux Grands Prix. Une journée de fond, taillée pour les ingénieurs.

Le Néo-Zélandais s’est concentré presque exclusivement sur la C2. D’abord des séries répétées de huit tours, comme un métronome, puis des relais allongés au fil de l’après-midi, à mesure que le programme de comparaison s’étoffait. Son meilleur temps, 1’22’’297, est resté à bonne distance de celui de Piastri, mais la chasse au chrono n’était pas le sujet. Pirelli voulait des données, des tendances, des écarts entre les composés pour nourrir son développement 2027. Lawson les lui a offertes, tour après tour.

Un retour express dans le baquet Red Bull

Ce roulage tombait à un moment particulier pour Lawson. Quelques jours seulement après son rappel express pour le Grand Prix des Pays-Bas, le voilà de nouveau au volant d’une Red Bull.

Appelé en urgence à Zandvoort après la blessure au poignet d’Isack Hadjar, il avait saisi l’occasion : huitième sur la grille, septième à l’arrivée. Ses premiers points en tant que pilote Red Bull, après une courte pige de deux courses au tout début de la saison 2025. Une confirmation, plus qu’une découverte.

Le contexte donne un relief supplémentaire à cette journée de test. D’un côté, un rôle officiel de développement pour Pirelli. De l’autre, un pilote qui sait que chaque tour, même en essais, peut peser dans les décisions d’un top team.

Monza en ligne de mire, incertitude chez Red Bull

Red Bull espère récupérer Hadjar dès le Grand Prix d’Italie le week-end prochain. Le souhait est clair, la certitude beaucoup moins. Aucune confirmation définitive n’a encore été donnée sur l’aptitude du Français à tenir sa place à Monza. Si Hadjar devait renoncer, Lawson pourrait se voir offrir un nouveau week-end de course.

Dans une équipe où chaque siège vaut de l’or, ces heures accumulées à Mugello ne sont pas de simples formalités. Elles nourrissent la banque de données de Pirelli, bien sûr, mais elles entretiennent aussi la candidature d’un pilote qui frappe à la porte du plateau à plein temps.

Norris, Iwasa et Audi entrent en scène

La deuxième journée d’essais s’annonce tout aussi chargée. McLaren confiera la voiture à Lando Norris, qui prendra le relais de Piastri pour poursuivre le travail sur les composés durs. Chez Red Bull, Ayumu Iwasa remplacera Lawson, nouvelle pièce d’un puzzle où chaque jeune pilote vient se mesurer à l’exigence technique du programme.

Un autre acteur fera son entrée : Audi. Le constructeur allemand rejoindra la séance avec Nico Hülkenberg au volant. Une présence qui rappelle que ces essais ne servent pas seulement Pirelli, mais aussi les projets à moyen terme des équipes et des constructeurs engagés dans la prochaine ère de la discipline.

Mugello, sa chaleur étouffante et ses courbes à haute vitesse auront donc offert un décor idéal : un circuit qui met les pneus à nu, et des pilotes qui savent que, derrière chaque relais, se joue un morceau de leur avenir.