Premier League : Leeds United écrase Newcastle, Brighton brille
La quatrième journée de Premier League a tout renversé. Un promu en feu, un champion qui gagne en se salissant les mains, un géant qui tourne à vide et un autre qui gagne à dix. Et, au sommet de cette hiérarchie basée uniquement sur la performance du week-end, un Elland Road en ébullition.
1. Leeds United – Une nuit d’ivresse à Elland Road
Leeds United 4-1 Newcastle United.
Daniel Farke pouvait résumer ça en trois mots : « Mes garçons étaient brillants. »
Leeds a étouffé Newcastle. Surtout dans une première période d’une intensité rare, où Jayden Bogle semblait partout à la fois. Il contre une tête de Dominic Calvert-Lewin… sans même le savoir, il se retrouve buteur. Symbole d’une équipe qui joue en avançant, sans pause, vague après vague.
Devant, Calvert-Lewin a livré un récital de numéro 9. Il a malmené Sven Botman et Malick Thiaw, les dominant dans les airs, les fixant dos au but, les usant physiquement. Un but, une passe décisive, et l’impression qu’il aurait mérité encore mieux. Noah Okafor, lui, a semé le désordre en repiquant depuis la gauche, récompensé aussi par un but.
Au milieu, Anton Stach, Ethan Ampadu et Ao Tanaka ont marché sur Newcastle, coupant les lignes de passe, pressant à la gorge, ne laissant aucun répit. Farke a parlé de « performance de très haut niveau ». C’était plus que ça : c’était une démonstration.
2. Brighton – Lewis Dunk, capitaine canon
Coventry City 0-5 Brighton.
Deux mots suffisent : Lewis Dunk.
À 34 ans, un central n’a normalement pas à tenter une frappe de 30 mètres en pleine lucarne. Lui l’a fait. Et ce missile a scellé une victoire déjà écrasante.
Ce Brighton-là est privé de Yankuba Minteh, Kaoru Mitoma et Georginio Rutter, quasiment absents depuis le début de saison. Peu importe. L’équipe de Fabian Hürzeler reste la plus prolifique du championnat, plus de trois buts par match.
À Coventry, elle a puni chaque erreur. Malick Yalcouye, encore plus convaincant semaine après semaine, profite d’une défense apathique. Charalampos Kostoulas s’offre un but d’artiste, jongles et finition clinique. Dunk, lui, frappe en patron, tranquille, à longue distance.
Dans l’axe, Pascal Gross et Yasin Ayari se complètent à merveille. Tous deux buteurs, tous deux au cœur du jeu. Brighton avance vite. Très vite.
3. Nottingham Forest – Glasner lâche les chevaux
Aston Villa 1-2 Nottingham Forest.
Oliver Glasner n’a pas seulement vu une victoire. Il a savouré une deuxième mi-temps « incroyable à regarder ». Forest a pris le contrôle juste après la pause, plus vifs sur chaque ballon, plus agressifs, plus sûrs d’eux.
Liam Delap a été le meilleur joueur sur la pelouse. Un but puissant de loin dès le retour des vestiaires, une tête dans le petit filet, un autre but refusé. Il a tout fait, ou presque.
Xaver Schlager, aux côtés de James McAtee, a rayonné. Longues diagonales, projection, une tête dangereuse sur un centre de Daniel Muñoz. Muñoz, justement, a transformé le flanc droit en autoroute, surtout après la sortie sur blessure d’Ian Maatsen, qui a laissé Villa à dix pour les quatorze dernières minutes. Le but de la victoire vient logiquement de ce côté, avec la patte de Morgan Gibbs-White, auteur d’une subtile déviation.
Et pendant ce temps, Neco Williams contrôlait des ballons venus du ciel comme si de rien n’était.
4. Manchester City – À dix, mais maîtres du jeu
Manchester United 0-1 Manchester City.
Oubliez le vacarme autour de la VAR. Sur le terrain, Manchester City a transformé un carton rouge en avantage tactique. Phil Foden expulsé après 23 minutes pour avoir réagi sur Bruno Fernandes, Enzo Maresca revoit tout.
Il sort Rayan Cherki à la pause, choix fort, et fait entrer Iliman Ndiaye. Un pari parfaitement calibré : volume de course, capacité à porter le ballon loin du but, intelligence dans les transitions. Erling Haaland, lui, a résumé la prestation de Ndiaye en une image : « Il a ressemblé à Neymar par moments. »
City a reculé d’un cran, verrouillé la profondeur, supprimé les transitions dont Manchester United se nourrit habituellement. Elliot Anderson a encore couvert le terrain comme un marathonien en crampons. Résultat : à dix, City a semblé plus sûr de lui que son rival à onze.
5. Arsenal – Le champion sait aussi gagner sale
Sunderland 0-2 Arsenal.
Cette fois, pas de festival. Pas de grandes envolées comme face à Chelsea. À Sunderland, Arsenal a dû accepter un combat rugueux. Et il l’a gagné.
Les hommes de Mikel Arteta ont mis les mains dans le cambouis. Duels, courses de retour, gestion des temps faibles : tout y est passé. Christos Tzolis, bousculé à Villa Park par Matty Cash, a répondu cette fois en serrant les dents, en multipliant les efforts, jusqu’à traverser la moitié du terrain pour tacler après une décision arbitrale défavorable.
David Raya, encore une fois, a tenu son rang de meilleur gardien du championnat. Un penalty arrêté, moment bascule du match. Sur l’action suivante, Arsenal prend l’avantage grâce à l’entrée de Bruno Guimarães, auteur d’une frappe lointaine somptueuse après avoir remplacé Myles Lewis-Skelly.
Sunderland n’a jamais lâché. Arsenal n’a jamais plié. Ces effondrements-là appartiennent à un autre temps.
6. Hull City – Le promu qui refuse de baisser la tête
Chelsea 2-2 Hull City.
La scène la plus frappante n’est pas un but. C’est cette fin de match où Hull, à Stamford Bridge, ne se contente pas du nul. Sergej Jakirovic et ses joueurs continuent d’attaquer, comme s’ils n’avaient pas lu le script.
Mohamed-Ali Cho aurait pu offrir une victoire historique, s’il avait mieux repris un centre parfait de Ryan Giles – encore lui, encore décisif dans le couloir.
On les annonçait condamnés avant même le coup d’envoi de la saison. Quatre journées plus tard, Hull signe le troisième meilleur départ de l’histoire pour un promu, avec huit points. Sans le ballon, bloc bas en 5-4-1, compact, discipliné. Avec le ballon, une vraie menace, surtout via Mohamed Belloumi, double buteur à Chelsea, inspiré entre les lignes.
Et pour mesurer l’état d’esprit, il suffit de revoir Regan Slater, à la 92e minute, chipant le ballon à Valentin Barco. Ces joueurs-là ne lèvent jamais le pied.
7. Fulham – Un point à Anfield, et bien plus que ça
Liverpool 0-0 Fulham.
Alvaro Arbeloa attendait une réaction. Il l’a eue. Après un début de saison très compliqué, Fulham s’est offert un nul à Anfield qui ressemble à un tournant.
David Affengruber, titularisé en Premier League en lieu et place de Joachim Andersen, n’a pas tremblé en défense centrale. Alex Iwobi, repositionné plus haut à gauche, a trouvé un rôle hybride, « ailier intérieur dans le demi-espace », comme l’a décrit son entraîneur. Son entente avec Antonee Robinson a souvent déséquilibré Liverpool.
Devant, Josh King a joué comme il sait le faire : appels dans le dos, feintes déroutantes – dont ce crochet qui laisse Dominik Szoboszlai au sol – et une activité constante qui laisse penser que Fulham ferait bien de profiter de lui tant qu’il est là.
Il n’a manqué qu’un but. Jeremy Jacquet s’en est chargé pour Liverpool en sauvant sur sa ligne une tentative de Gonzalo Garcia. Fulham repart sans frisson offensif, mais avec une prestation enfin solide des deux côtés du ballon.
8. Bournemouth – Du jeu, des occasions… et toujours pas de victoire
Bournemouth 2-2 Brentford.
Marco Rose l’a dit : il a aimé la façon dont son équipe a attaqué. Et il y avait de quoi. Le problème, c’est la suite de l’histoire, toujours la même.
Bournemouth régale par séquences. Une action, dans le dernier quart d’heure, résume tout : relance depuis leur camp, Ryan Christie, Alex Scott, Tyler Adams, Marcus Tavernier, combinaisons rapides… et, au bout, une frappe complètement manquée de Rayan. Le scénario de leur début de saison.
Antonio Silva, Rayan (plus tôt dans le match) et Scott ont tous raté de très belles occasions. Evanilson, lui, a offert une prestation complète : jeu dos au but, appels dans la profondeur, constamment trouvé par Silva sur des passes longues. De quoi faire dire à Keith Andrews, coach de Brentford, que le Brésilien est « un client compliqué ».
Mais encore une fois, Bournemouth a mené. Encore une fois, Bournemouth n’a pas tenu. Quatre matchs, quatre avantages dilapidés. Les erreurs individuelles continuent de leur coûter cher.
9. Ipswich Town – Leif Davis, le latéral qui fait tout
Crystal Palace 2-3 Ipswich Town.
Match étrange, mais au bout du compte, Gary O’Neil a raison : Ipswich mérite sa victoire. Les chiffres le confirment. Plus de tirs, plus de frappes cadrées, plus de touches dans la surface, un xG au moins deux fois supérieur à celui de Palace.
Avec un joueur de plus pendant près d’une heure après le rouge d’Axel Disasi, Ipswich a pourtant souffert. En seconde période, Palace aurait pu mener 3-2 si Anan Khalaili, seul au second poteau, n’avait pas manqué l’immanquable.
O’Neil a regretté les occasions gâchées juste après la pause. Mais il a aussi salué Leif Davis. Et comment faire autrement ? Le latéral gauche signe un après-midi monumental : un centre somptueux pour l’ouverture du score, un but, puis une tête sur la barre qui se transforme en passe décisive sur le troisième but.
Pour un défenseur, le terme paraît presque insuffisant. Davis joue comme un meneur excentré.
10. Sunderland – Le manifeste Brian Brobbey
Sunderland 0-2 Arsenal.
Pour comprendre ce que signifie « jouer dos au but », il suffisait de regarder Brian Brobbey. Dans le temps additionnel, Nordi Mukiele lui glisse encore un ballon dans les pieds. Neuvième fois du match où il fixe Ezri Konsa, le repousse, protège la balle, et trouve un partenaire. Arsenal n’a jamais trouvé la solution.
Sunderland a appuyé sur ce point fort sans complexe. Du jeu direct, des duels, un pressing haut, une intensité maximale. Dès les premières secondes, Granit Xhaka chipe le ballon à Myles Lewis-Skelly. À la deuxième minute, Brobbey bouscule Konsa au pressing. Message reçu par les champions.
Le tournant, pourtant, se joue en deux minutes. Penalty pour Sunderland : Enzo Le Fée s’élance, David Raya repousse. Sur l’action suivante, Bruno Guimarães envoie une frappe splendide pour Arsenal. Match renversé.
Mais l’impression laissée par Sunderland reste forte. Cette équipe a un style, une idée claire, et un numéro 9 presque injouable.
11. Chelsea – Spectacle garanti, défense en lambeaux
Chelsea 2-2 Hull City.
Vingt matchs de championnat sans clean sheet. Chelsea encaisse, encore et toujours. Hull en a profité comme tant d’autres.
Le début de rencontre laissait pourtant entrevoir une soirée tranquille. Cole Palmer, Joao Pedro et Morgan Rogers combinent à merveille pour ouvrir le score après sept minutes. Fluide, naturel. Presque trop facile.
Puis le chaos défensif reprend ses droits. Sur l’égalisation, la règle de base – « ne laisse pas le ballon rebondir » – est ignorée deux fois. Malo Gusto, Jorrel Hato et Wesley Fofana sont tous impliqués dans ce naufrage miniature.
Xabi Alonso ne s’est pas caché : « Si tu es tendre, si tu n’es pas prêt, tu es puni. » Chelsea est puni chaque semaine. L’équipe est trop ouverte en transition, et l’absence de Moises Caicedo laisse un trou béant au milieu.
En fin de match, c’est du football total version déséquilibrée : Palmer, Rogers, Joao Pedro, Estevao, Danny Welbeck à l’assaut, pendant que Hull presse comme des fous sur Valentin Barco et le milieu londonien. Divertissant, oui. Rassurant, pas vraiment.
12. Everton – Solides, mais timides
Tottenham Hotspur 0-0 Everton.
Point précieux ou occasion manquée ? David Moyes a rappelé que Spurs aurait pu les assommer dans le premier quart d’heure. Mais, au final, Jordan Pickford a passé une soirée étonnamment tranquille.
Sa première vraie intervention, une frappe molle de Matheus Fernandes après la pause. La seconde, à la 89e minute, pour corriger sa propre erreur de relance. Entre-temps, Everton a souffert par séquences, mais a tenu.
Jarrad Branthwaite a multiplié les interventions décisives, notamment deux contres héroïques sur Fernandes et Sandro Tonali. Devant lui, James Garner a harcelé, taclé, fermé les espaces.
Garner s’est aussi projeté, combinant avec Kiernan Dewsbury-Hall sur la meilleure occasion de Brennan Johnson. Dewsbury-Hall, lui, a failli profiter d’une relance suicidaire d’Antonin Kinsky, ce fameux « ballon le plus dangereux du football » joué plein axe.
Everton, pourtant, n’a jamais vraiment mis le pied sur l’accélérateur. Face à une équipe de Spurs en plein doute, pouvait-on espérer plus d’ambition ?
13. Tottenham Hotspur – Quinze minutes de lumière, puis plus rien
Tottenham Hotspur 0-0 Everton.
Le scénario est connu. Quinze minutes d’énergie, de courses, d’intentions. Puis le rideau tombe.
Dans leur meilleur temps fort, Spurs ne se créent pourtant pas d’occasions franches. À la 6e minute, Savio sert Matheus Fernandes, seul. Il n’a qu’à frapper. Il décide de caresser le ballon sous sa semelle. Occasion envolée.
La suite donne l’image d’une équipe vidée de confiance. À la 38e minute, séquence caricaturale : Micky van de Ven récupère le ballon au centre. Tonali joue latéral sur Fernandes. Fernandes lui rend. Tonali passe à Rodrigo Bentancur, tout proche. Bentancur redonne à Tonali. Aucun risque, aucune verticalité. Le public gronde.
Même scène plus tard entre Mohammed Kudus et Lucas Bergvall : une passe mur inutile, qui agace Roberto De Zerbi sur le bord du terrain autant que les tribunes.
Deux tirs cadrés seulement. L’un accueilli par des applaudissements ironiques. L’addition la plus cruelle, pour l’instant, se lit dans les visages plus que sur le tableau d’affichage.
14. Brentford – Schade sauve les meubles
Bournemouth 2-2 Brentford.
Ce n’était pas le Brentford séduisant qui avait étouffé Spurs puis dominé Leeds pendant une mi-temps à Elland Road. Loin de là.
Kevin Schade, auteur d’un doublé, a reconnu que son équipe avait eu « de la chance » de repartir avec un point. Ses deux buts sont les seuls tirs cadrés de Brentford. L’un offert par une passe catastrophique du gardien Djordje Petrovic.
Brentford n’a jamais trouvé de rythme, même en menant. Mamadou Sangare, si brillant lors des deux premières journées, a participé au premier but en récupérant le ballon sur Adrien Truffert, mais n’a pas retrouvé son influence.
Plus inquiétant encore : Igor Thiago. Toujours muet en championnat, peu pesant à Bournemouth, il laisse l’impression d’un secteur offensif dépendant presque exclusivement de Schade. Pour une équipe qui a fait de la variété offensive sa marque de fabrique, le signal est clair : quelque chose s’est grippé.
15. Liverpool – Retour brutal sur terre
Liverpool 0-0 Fulham.
Andoni Iraola a résumé le problème : parfois, ces matchs se gagnent sur un coup de pied arrêté ou un éclair de génie offensif. Liverpool n’a eu ni l’un ni l’autre.
Victor Muñoz a bien placé une tête sur corner, repoussée par Bernd Leno. Alexander Isak a eu une demi-occasion dans les dernières secondes. C’est tout. Pour le reste, une stérilité inquiétante.
Bradley Barcola manque encore de rythme. Florian Wirtz a traversé le match sans le marquer, si ce n’est sur une talonnade inspirée pour lancer Barcola, dont le centre en retrait n’a trouvé personne. Une action qui résume l’après-midi : promesse, puis déception.
Après deux victoires convaincantes contre Ipswich et l’Atletico Madrid, Liverpool est apparu plat, lent, sans idées. Fulham n’a pas été un adversaire féroce. Mais Liverpool n’a pas trouvé l’énergie ni la qualité pour les faire craquer.
16. Aston Villa – Une leçon signée Forest
Aston Villa 1-2 Nottingham Forest.
Unai Emery n’a pas cherché d’excuses. Oui, il a jugé que le tacle de James McAtee sur Ian Maatsen méritait rouge. Non, cela ne change rien à la réalité : « On ne méritait pas mieux. En deuxième mi-temps, on a été très, très mauvais. »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 22 tirs pour Forest, 7 pour Villa. Emery a tout tenté, cramant ses cinq changements avant l’heure de jeu. Mauvais calcul : Maatsen sort ensuite blessé, et Villa finit à dix.
Au milieu, c’est la débâcle. Dès le coup d’envoi de la seconde période, Ross Barkley et Boubacar Kamara perdent chacun un ballon dans leur propre camp. Sur la perte de Kamara, Liam Delap ouvre le score. Il offre à Forest un point d’ancrage devant que Villa n’a jamais trouvé.
Nicolas Jackson, censé être ce point de fixation, quitte la pelouse à la pause, menacé par un second jaune. Tammy Abraham, son remplaçant, ne pèse pas. Et pour conclure, Johan Manzambi, pour sa première touche de balle sous ce maillot, envoie une volée directement en touche. Image parfaite d’un après-midi raté.
17. Manchester United – Le rouge de Foden, faux cadeau
Manchester United 0-1 Manchester City.
Même en mettant de côté la polémique autour du but d’Erling Haaland, le constat est sévère. Manchester United a livré une prestation très pauvre. Et le carton rouge de Phil Foden, loin de les aider, les a presque paralysés.
Leurs meilleures tentatives viennent de loin : Marcus Rashford et Kobbie Mainoo touchent le poteau. Il faut attendre la 70e minute pour voir le premier tir cadré après l’expulsion de Foden. Entre-temps, une circulation de balle lente, sans imagination, sans prise de risque.
Des cadres défaillants – Bruno Fernandes étrangement absent – et des choix tactiques discutables de Michael Carrick. Comment expliquer que Benjamin Sesko, vrai avant-centre, n’entre pas plus tôt face à une équipe réduite à dix ?
Au-delà de la défaite, cette rencontre a mis en lumière le fossé de qualité entre les deux effectifs. Et rappelé, au passage, à quel point la VAR peut déformer la lecture d’un match sans en changer le fond.
18. Crystal Palace – Défendre, ce n’est pas optionnel
Crystal Palace 2-3 Ipswich Town.
Pierre Sage n’a pas tourné autour du pot : « Il faut empêcher les centres et être plus agressifs dans la surface. » Tout est là.
La semaine précédente, Palace s’en était sorti face à Fulham. Cette fois, le châtiment est tombé. Le rouge d’Axel Disasi complique évidemment la donne, mais n’explique pas tout. Les problèmes sont plus profonds.
Comment Emersonn peut-il se retrouver seul pour placer une tête entre Disasi – occupé à réclamer un hors-jeu – et Honest Ahanor, perdu entre deux zones, alors que Palace joue à trois centraux ? Pourquoi Daichi Kamada recule-t-il sans intervenir dans l’action menant au deuxième but, laissant Tyrick Mitchell en deux contre un ? Sur le troisième, qui surveille qui ? Où sont Will Hughes, Ahanor, quand Julio Enciso a tout le temps de centrer ?
Et puis, il y a cette occasion de Khalaili à 2-2. Seul au second poteau, il rate le ballon de la saison pour Palace. Trop de questions, trop de failles, pas assez de réponses.
19. Coventry City – Fragiles derrière, timides devant
Coventry City 0-5 Brighton.
Frank Lampard a tenté de positiver : « On a fait de bonnes choses, mais le match est vite devenu très difficile. » Problème : ces bonnes choses ont duré quelques minutes à peine.
Le match bascule définitivement à la 53e minute. Taiwo Awoniyi voit rouge, peu après un deuxième but offert à Brighton par une défense en retard. Aurele Amenda doit couper le ballon avant Malick Yalcouye. Il ne le fait pas.
La fragilité défensive de Coventry saute aux yeux. Elle était déjà visible lors de la défaite contre Hull. Elle éclate de nouveau face à Brighton. Sur le penalty du 3-0, Charalampos Kostoulas devance Bobby Thomas d’un rien. Un détail ? Non. C’est l’illustration d’une équipe constamment en retard.
Devant, Coventry se crée des occasions, surtout autour de la demi-heure. Bart Verbruggen réalise de beaux arrêts, mais le manque de conviction à la finition devient une tendance lourde. Quand on est friable derrière et timide devant, les après-midi à 0-5 ne sont jamais loin.
20. Newcastle United – Une humiliation signée Elland Road
Leeds United 4-1 Newcastle United.
Alan Shearer n’a pas mâché ses mots sur X, parlant d’un « show de m… absolu » à la mi-temps. À 3-0 pour Leeds, difficile de le contredire. Et le quatrième but n’a pas tardé.
Pendant une heure, Newcastle a pris l’eau de partout. Dominic Calvert-Lewin a martyrisé Sven Botman et Malick Thiaw, gagnant presque tous ses duels. Au milieu, la sortie de Nico Gonzalez sur commotion à la 19e minute a forcé l’entrée de Sean Steur, 18 ans, aux côtés de Lewis Miley, 20 ans. Mission impossible face au trio Stach–Ampadu–Tanaka.
Steur, malheureux, offre même le deuxième but à Leeds sur une passe ratée. Le but est attribué à Jayden Bogle, mais l’action appartient à Calvert-Lewin, qui devance Botman et Thiaw d’un saut impressionnant.
Newcastle se fait transpercer dans l’axe, recule, ne crée presque rien. Il faut une vague de changements pour voir un peu de vie en seconde période : six de leurs sept tirs arrivent après la pause. Trop tard. Le mal est fait.
La performance, bien plus que le score, laisse une question brutale : comment un candidat déclaré à l’Europe peut-il se faire bousculer à ce point ?




