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Pulisic frustré, Amorim savoure la concurrence à Milan

Christian Pulisic n’a pas joué une seule minute en Serie A cette saison. Et ça le rend fou. Rúben Amorim, lui, adore ça.

À l’heure de préparer le déplacement de l’AC Milan à Rome, l’entraîneur portugais a levé le voile sur l’état d’esprit de son ailier américain, de retour d’une blessure sérieuse à la jambe droite contractée lors de la Coupe du monde. Micro-fracture, contusion osseuse, reprise tardive le mois dernier… et trois premières journées vécues depuis le banc.

Amorim ne s’en inquiète pas. Au contraire.

« Je pense que vous allez voir Pulisic », a-t-il lancé en conférence de presse d’avant-match. Il ne sait pas encore si le numéro 11 débutera ou entrera en jeu en cours de partie, mais une chose est claire : le temps d’attente touche à sa fin. « Je pense qu’il va jouer au moins quelques minutes maintenant et j’aime Pulisic. Je l’aime vraiment comme joueur. Il est contrarié parce qu’il a eu zéro minute jusqu’ici, et j’aime ça chez mes joueurs. »

Un retour… dans un Milan qui a changé

Le problème pour Pulisic, c’est que Milan n’a pas attendu son retour pour avancer. Sur son couloir, un nom s’est imposé, presque sans prévenir : Alphadjo Cisse.

À 19 ans, l’international italien chez les jeunes a profité du vide laissé sur l’aile gauche pour s’y engouffrer. Deux buts déjà, des prises de balle tranchantes, un dribble direct, sans fioritures, et une relation immédiate avec le public de San Siro. En quelques semaines, Cisse est devenu le symbole de l’ère Amorim naissante : intensité, verticalité, mérite.

Le décor est posé : l’une des figures majeures des Rossoneri face à la révélation locale. Même poste, mêmes ambitions, un seul onze de départ.

Amorim ne joue pas les diplomates.

Interrogé sur la gestion de cette concurrence brûlante, il a répondu sans détour : « Je ne vais enlever personne qui fait bien les choses juste pour aligner un joueur. C’est ma façon de gérer le groupe, et je mourrai avec ces principes. »

Le message est limpide. Le statut ne suffira pas. Les minutes, il faudra les arracher.

Le poids du passé, la pression du présent

Pulisic n’arrive pas de nulle part dans cette équipe. Recruté à l’été 2023, lié au club par un contrat de quatre ans, l’ailier de la USMNT s’est imposé comme l’un des hommes forts de Milan. 134 matchs sous le maillot rossonero, toutes compétitions confondues, 42 buts, 27 passes décisives et une Supercoppa Italiana soulevée lors de la saison 2024-25. Des chiffres qui parlent pour lui, un impact offensif constant, une influence évidente dans les grands rendez-vous.

Mais le football ne vit pas dans le rétroviseur. La hiérarchie se réécrit chaque semaine.

Pulisic revient aussi d’un été chargé avec la sélection américaine. Présent au Mondial, il n’a manqué qu’un match de poules, contre l’Australie, en raison de sa blessure. Quatre rencontres disputées, une passe décisive, puis l’élimination en huitièmes de finale face à la Belgique. Le coup physique, puis le coup d’arrêt à Milan.

Aujourd’hui, il se retrouve à devoir regagner une place qu’il tenait jusque-là sans discussion.

Un vestiaire prévenu, un signal envoyé

En rendant publique la frustration de Pulisic et en la présentant comme une qualité, Amorim parle autant à son joueur qu’au reste du vestiaire. Il fixe le cadre. On peut être un cadre de la USMNT, un visage majeur du projet milanais, et se retrouver à regarder un adolescent italien occuper « son » côté.

À Milanello, le message est clair : personne n’est intouchable, mais tout le monde est attendu au même niveau d’exigence. Cisse a ouvert une brèche, Pulisic arrive lancé, vexé, revanchard. L’entraîneur, lui, se place au milieu de ce duel avec une ligne de conduite simple : le terrain décidera.

La prochaine étape se jouera à Rome. Pulisic devrait enfin refouler la pelouse, même pour quelques minutes. Ce ne sera pas un simple retour de blessure. Ce sera le premier épisode d’une bataille pour une aile gauche devenue l’endroit le plus disputé du projet Amorim.