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Qinwen Zheng renverse Iga Swiatek et atteint les quarts de finale

À New York, Qinwen Zheng joue avec le feu… et ne se brûle jamais. Pour la deuxième fois en deux matchs, la Chinoise a remonté un gouffre de 0-5 dans un set. Cette fois, la victime s’appelle Iga Swiatek, sextuple lauréate en Grand Chelem, renversée 7-5, 6-3 sur le Arthur Ashe Stadium. Direction les quarts de finale pour Zheng, qualifiée, revenue de loin physiquement comme au score, et désormais en pleine tempête positive.

De la qualif à l’exploit XXL

Il y a quelques semaines encore, Zheng n’était qu’un nom perdu au-delà du top 100, reléguée au 121e rang après une longue absence pour une blessure au coude. Elle a dû passer par les qualifications pour s’offrir une place dans le tableau principal. Aujourd’hui, elle vient de sortir l’une des patronnes du circuit, deux ans après l’avoir déjà battue en finale olympique à Paris.

Son parcours à Flushing Meadows tient de la fable. Au troisième tour, face à Madison Keys, ancienne vainqueure de l’Open d’Australie, Zheng se retrouve menée 0-5 dans le troisième set, balle de match contre elle. Le public pense déjà au clap de fin. Elle, non. Sept jeux d’affilée, un renversement hallucinant, et une victoire 1-6, 7-6 (7-3), 7-5 contre la tête de série n°22 américaine.

On se dit alors que ce genre de miracle n’arrive qu’une fois. Deux jours plus tard, la même scène se rejoue, mais sur la plus grande scène du tournoi.

Swiatek s’écroule, Zheng s’enflamme

Face à la tête de série n°8, ancienne championne de l’US Open, Zheng démarre mal. Très mal. Iga Swiatek impose son rythme, avance dans le court, mène 5-0. Le scénario semble écrit : la Polonaise contrôle, la qualifiée subit.

Puis tout bascule.

Zheng commence à tenir l’échange, à lâcher ses coups, à respirer enfin dans l’immensité de l’Ashe. Point par point, elle remonte. Elle grignote, puis avale l’écart. Sept jeux consécutifs, set arraché 7-5. Swiatek ne comprend plus, son compteur de fautes directes grimpe, jusqu’à atteindre 28 au total.

Le deuxième set ressemble davantage à un bras de fer mental. Un seul break, au bon moment, suffit à Zheng. Elle verrouille son engagement, ne tremble pas sur les points clés, et boucle l’affaire 6-3. Sur sa quatrième balle de match, elle s’effondre sur le dos, raquette lâchée, submergée.

Sept victoires de rang à New York. Une troisième qualification pour les quarts de finale de l’US Open. Et surtout, une première victoire depuis longtemps contre une joueuse du top 10, qu’elle savoure pleinement.

Sur le court, elle raconte avoir « mal commencé », avoir mis du temps à retrouver ses sensations sur ce central qu’elle n’avait plus foulé « depuis longtemps ». Elle explique avoir joué « point par point », au point d’en oublier le score à 4-5 dans le premier set. Concentration totale, tunnel mental, score effacé, seule la balle compte.

Swiatek, elle, quitte l’Ashe en larmes. Son histoire récente en Grand Chelem se répète : depuis son sacre à Wimbledon en 2025, ses cinq dernières éliminations majeures se sont toutes faites en deux sets secs. Une spirale dont elle ne parvient pas à s’extraire.

Andreeva s’en sort, Potapova s’effondre

Avant le choc Zheng–Swiatek, une autre remontée avait animé la journée. Mirra Andreeva, titrée à Roland-Garros cette saison, a signé son premier billet pour les quarts de finale à l’US Open en renversant Anastasia Potapova : 5-7, 6-4, 6-3.

Potapova, qui représente l’Autriche, mène une vraie bataille, emporte le premier set, reste au contact dans le troisième. À 5-3 pour Andreeva, elle se jette sur un coup droit, se tord violemment le genou. Le silence tombe. Strap lourd, regard fermé, elle choisit de finir malgré tout. Elle ne marquera plus un seul point.

Andreeva, encore adolescente, ne masque pas son malaise en voyant son amie blessée au moment décisif. Elle souligne la qualité du match, répète que ce n’est « pas la manière » dont elle voulait conclure, mais assure que Potapova reviendra plus forte, la qualifiant de « guerrière ».

Rybakina ou Osaka pour Zheng

La suite promet. En quarts, Qinwen Zheng affrontera soit Elena Rybakina, tête de série n°2, soit Naomi Osaka, double championne de l’US Open et de retour dans les grands soirs new-yorkais.

Après avoir survécu à 0-5 contre Keys, puis renversé Swiatek dans le même gouffre, une question s’impose : jusqu’où peut aller la joueuse qui, à New York, a décidé que même l’impossible ne suffisait plus à la freiner ?