Real Madrid tenu en échec par le Betis : match nul à La Cartuja
Le décor était parfait, la promesse aussi. Mais à l’Estadio de La Cartuja, le choc entre le Real Betis et le Real Madrid s’est figé dans un 0-0 qui dira peu sur le spectacle, mais beaucoup sur les imprécisions des attaquants madrilènes et la rigueur des Sévillans.
Sur le papier, tout penchait pour les hommes de José Mourinho. Trois victoires en trois journées, une attaque portée par Mbappé, Vini Jr, Bellingham et Arda Güler, et une dynamique de candidat au titre. En face, le Betis de Manuel Pellegrini, joueur, ambitieux, mais encore marqué par la gifle reçue à Levante (5-2). Sur le terrain, l’histoire fut moins tranchée.
Un Real Madrid dominateur, mais brouillon
Le Real Madrid a pris le ballon très tôt, a poussé la ligne défensive du Betis vers sa surface, mais a laissé filer les occasions une à une. La première alerte sérieuse est venue de Vini Jr, lancé en contre avant la pause. Le Brésilien est forcé vers le coin de la surface, parvient à frapper, mais voit son tir dévié en corner. Sur l’action qui suit, Huijsen s’élève plus haut que tout le monde, mais sa tête file juste au-dessus de la barre.
La séquence qui résume le mieux la soirée madrilène arrive peu avant la mi-temps. Vini Jr s’échappe encore, attire Valles, mais temporise trop. Il sert finalement Mbappé en retrait. Le Français frappe, contré une première fois. Il se jette sur le rebond, mais bute encore, étouffé par le bloc andalou. Deux occasions dans la même action, zéro but, et une impression persistante : le Real Madrid sait se créer des brèches, mais manque de tranchant dans les seize mètres.
Plus tôt, une incompréhension entre Arda Güler et Jude Bellingham avait déjà coûté une situation idéale. Long centre venu de la droite, les deux milieux déclenchent le même appel dans la surface, se gênent, et Güler ne parvient qu’à toucher le ballon du bout du pied. Valles n’en demandait pas tant.
Même Vini Jr, si souvent chirurgical, a déraillé. Sur une offrande tardive de Mbappé, le Brésilien temporise, hésite, puis trouve l’extérieur du poteau au lieu du petit filet. Le geste est beau, le résultat nul. Et chaque raté alimente la confiance du Betis.
Le Betis répond par séquences, Courtois veille
Le Betis n’a pas seulement subi. Par moments, surtout en première période, les hommes de Pellegrini ont su piquer. Antony a signé le premier tir des locaux après avoir profité d’une série de passes madrilènes mal assurées. Sa frappe, puissante, se dirige vers la lucarne gauche, mais Courtois se détend et repousse, comme si de rien n’était.
Sur les transitions, le Betis a souvent semblé à un but de faire exploser le match. Mais dans les derniers mètres, les choix ont manqué de justesse. Une contre-attaque prometteuse se termine par une passe courte et lisible, offrant au Real Madrid le temps de se réorganiser. L’impression revient, lancinante : Betis sait sortir, sait courir, mais se perd au moment de conclure.
La tension est montée d’un cran lorsque Huijsen a taclé Cucho avec un peu trop d’enthousiasme. Les esprits s’échauffent, Antony vient dire sa façon de penser au défenseur madrilène, l’arbitre siffle une pause fraîcheur. Le match ne dérape pas, mais la température émotionnelle grimpe.
Une seconde période sans étincelle
Au retour des vestiaires, le rythme tombe d’un ton. Les jambes sont un peu plus lourdes, les idées un peu moins claires. Un coup franc pour le Real Madrid offre une nouvelle opportunité d’ouvrir le score, mais le ballon, trop flotté, termine dans les bras de Valles. Simple formalité pour le gardien du Betis.
L’intensité s’effiloche, les fautes se multiplient, les attaques perdent en précision. Le Real Madrid continue de pousser, sans véritablement asphyxier son adversaire. Le Betis, lui, guette la moindre ouverture en contre, mais n’exploite jamais complètement les espaces laissés par Dumfries et Cucurella sur les ailes.
Manuel Pellegrini finit par modifier son arrière-garde après un choc entre deux de ses joueurs. Llorente, touché au nez, doit céder sa place à Bartra. Un changement contraint, qui ne bouleverse pas l’équilibre d’une équipe andalouse plus disciplinée que flamboyante.
Troy Parrott, spectateur concerné
Pendant ce temps, sur le banc, Troy Parrott observe. L’attaquant irlandais, au cœur des discussions à Séville après ses débuts contrastés en Liga, n’entre pas en jeu. Pas de troisième apparition, pas de revanche immédiate sur les critiques espagnoles, qui l’avaient sévèrement noté après la défaite à Levante.
Son influence, pourtant, n’est pas passée inaperçue lors de ses premières sorties : un rôle clé dans le but victorieux contre Valencia, une passe décisive pour Marc Bartra, mais aussi un but refusé et une grosse occasion manquée. De quoi alimenter les colonnes d’Estadio Deportivo, sans indulgence particulière. Ce soir, Pellegrini choisit de le garder en réserve. Le match ne lui offrira pas de scène.
Deux trajectoires, un même frein
Au classement, ce nul sans but n’arrange vraiment personne. Le Real Madrid reste solidement installé dans le haut du tableau, à la poursuite de Barcelona, mais laisse filer des points qui pèsent lourd en fin de saison, surtout après un départ parfait face à Espanyol, Real Sociedad et Málaga.
Le Betis demeure dans le wagon européen, à hauteur de Sevilla, mais traîne encore les séquelles du naufrage de Levante. Face à un ogre comme le Real Madrid, tenir le 0-0 a de la valeur. Le problème, c’est que ce Betis-là donne aussi l’impression de pouvoir faire plus, sans jamais aller au bout de ses intentions.
Un soir comme celui-ci laisse une question en suspens : est-ce un point précieux pour les Andalous, ou deux perdus pour un Real Madrid armé pour tout gagner ? La réponse, elle, n’attendra pas longtemps. La Liga, cette saison, ne pardonnera pas souvent ce genre de rendez-vous manqué.




