Retour de la Formule 1 à Madrid : Felipe et ses filles au Madring
Quarante-cinq ans d’attente, et un décor flambant neuf : ce week-end, Madrid a repris sa place sur la carte de la Formule 1. Au Madring, semi-urbain, baigné de soleil et de décibels, les tribunes vibraient déjà pour Fernando Alonso et le local Carlos Sainz. Puis, dans le paddock, un autre type de star a fait son entrée : le roi Felipe, la princesse Leonor et l’infante Sofía.
Une arrivée très observée, presque symbolique, au moment où la capitale espagnole renoue avec un Grand Prix qu’elle n’avait plus accueilli depuis 1981.
Une première officielle pour Leonor et Sofía
De retour de Norvège, où il avait assisté aux funérailles du roi Harald V, Felipe n’a pas traîné. Direction le nouveau circuit madrilène, accompagné de ses deux filles. Sans la reine Letizia, restée en retrait cette fois.
Pour Leonor, 20 ans, et Sofía, 19 ans, l’instant compte. C’est leur première apparition à un Grand Prix de Formule 1 en tant que membres de la famille royale en représentation officielle. Pas une simple escapade privée : une sortie inscrite à l’agenda, assumée comme telle par la Maison royale.
Dans le paddock, les deux sœurs découvrent l’épicentre du week-end. Elles posent aux côtés des deux totems du sport auto espagnol, Fernando Alonso et Carlos Sainz. Image forte. La nouvelle génération de la monarchie face aux légendes d’un sport qui revient s’installer dans la capitale.
Un roi en père de famille au milieu des stands
Ce qui frappe, ce n’est pas seulement le protocole. C’est la décontraction. Felipe, veste beige, chemise bleu clair ouverte et lunettes de soleil sombres, se fond parfaitement dans l’atmosphère du paddock. Un roi, oui, mais aussi un passionné de sport mécanique, à l’aise entre les garages et les motorhomes.
À ses côtés, Leonor et Sofía profitent. Elles sourient, échangent, observent les écrans, les mécanos, les monoplaces prêtes à s’élancer. Le trio discute, commente, partage le moment comme une famille au bord de la piste, au début d’une nouvelle année universitaire pour les deux jeunes femmes.
La Maison royale avait d’ailleurs donné le ton avant même le départ. Un communiqué précisait que « Don Felipe, accompagné de la Princesse des Asturies et de l’Infante Sofía, assistera au Formula 1 TAG Heuer… le dimanche 13 septembre, sur le nouveau circuit ». Un second texte insistait sur le caractère institutionnel de la visite au Grand Prix d’Espagne. Le message est clair : cette passion-là fait aussi partie de leurs fonctions.
Dans les coulisses : la découverte de la Safety Car
Moment fort de la journée : la visite du garage où est stationnée la Safety Car.
Felipe, Leonor et Sofía s’approchent du Mercedes-AMG, voiture de sécurité star des neutralisations de course. Entourés par les responsables du circuit, ils s’attardent sur les détails techniques, les performances, les protocoles de préparation. Une immersion au cœur de la mécanique de la F1, loin des simples photos officielles.
Les trois écoutent, interrogent, scrutent l’habitacle. La scène résume bien l’esprit de la journée : une curiosité réelle pour l’envers du décor, partagée par un père et ses filles, dans une ambiance chaleureuse qui tranche avec la solennité habituelle des grandes cérémonies.
Style discret, présence assumée
Pour ce baptême de paddock, Leonor a choisi la sobriété élégante : haut sans manches rose poudré, taille smockée, pantalon blanc large et taille haute, petite pochette assortie. Frais, net, sans effet de manche.
Sofía, elle, joue le total look blanc. Blouse à manches longues, décolleté en V, pantalon large, ceinture fine en cuir marron et pochette coordonnée pour casser le monochrome. Un duo de silhouettes cohérentes avec l’image moderne que la Maison royale façonne depuis plusieurs années : formelle, mais jamais figée.
Face à elles, Felipe conserve son style décontracté-chic habituel. Veste claire, pantalon bleu marine, lunettes classiques. Un roi prêt pour une journée de course, sans en faire trop, mais sans rien laisser au hasard.
Madring, nouvelle scène d’un retour attendu
La présence du roi et de ses filles donne un relief particulier à ce week-end déjà historique pour Madrid. Le Madring, tracé semi-urbain de 5,4 km, accueille la F1 pour la première fois, avec un virage déjà commenté par tout le paddock : « La Monumental ».
La dernière fois que la capitale avait vibré au son des monoplaces, c’était en 1981, à Jarama, avec la victoire de Gilles Villeneuve. Quarante-cinq ans plus tard, l’Espagne s’offre une nouvelle vitrine, plus moderne, plus spectaculaire, au cœur d’une ville qui se revendique capitale sportive.
Les tribunes se remplissent de drapeaux pour Alonso et surtout pour Carlos Sainz, enfant du pays. Mais le Madrilène arrive au départ avec un goût amer en bouche. Sa qualification a tourné au cauchemar. « C’était une très mauvaise séance de qualification », admet-il sans détour. Une phrase sèche, à l’image de sa frustration, qui contraste avec l’euphorie générale d’un week-end de renaissance pour Madrid.
Deux princesses, une longue histoire avec le sport espagnol
Si leur présence à la F1 attire les regards, elle ne sort pas de nulle part. Depuis leur enfance, Leonor et Sofía s’affichent aux côtés des équipes nationales et des athlètes espagnols dans les grands rendez-vous.
Leur histoire avec le sport commence très tôt. En 2010, à Zarzuela, elles tentent de soulever le trophée de la Coupe du monde remportée en Afrique du Sud, aux côtés d’Iker Casillas. Leonor a quatre ans, Sofía trois. L’image fait le tour du pays. Deux ans plus tard, elles revivent la scène après l’Euro 2012, toujours avec la Roja sacrée.
Les années passent, leur rôle public évolue. En 2022, elles se rendent à Brentford pour l’Euro féminin, leur premier déplacement officiel à l’étranger sans leurs parents, pour soutenir la sélection espagnole. En 2023, Sofía est sur la pelouse à Sydney pour fêter le sacre historique de l’équipe féminine en Coupe du monde.
Les Jeux olympiques de Paris 2024 prolongent ce fil rouge : on les voit dans les tribunes, encourager Rafael Nadal, Carlos Alcaraz et d’autres figures du sport espagnol. Leur enthousiasme ne se limite pas aux sourires devant les caméras. Lors des Princess of Girona Awards 2026, l’horaire de la cérémonie est avancé pour permettre à toute la famille de suivre un match crucial de l’Espagne avant la finale de Coupe du monde.
Entre études et tribunes, une passion partagée avec Felipe
Cette sortie à Madring s’inscrit dans un calendrier personnel chargé. Leonor vient de commencer des études de sciences politiques à l’Université Carlos III de Madrid. Sofía, elle, s’apprête à repartir en France, à Paris, pour sa deuxième année de cursus à Forward College.
Entre amphithéâtres et déplacements officiels, les deux sœurs continuent de cultiver ce lien avec le sport, dans la lignée de leur père. Felipe, déjà présent en mars pour la course de Formula E à Jarama, affiche la même constance : quand l’Espagne joue, roule ou brille, il n’est jamais très loin.
Ce dimanche, au Madring, les trois ont joint leurs voix au vacarme des moteurs pour célébrer un retour majeur : celui de la Formule 1 à Madrid. Une journée qui dépasse le simple cadre d’un Grand Prix, et pose une question simple pour les années à venir : combien d’autres grands rendez-vous sportifs la capitale espagnole s’apprête-t-elle encore à s’approprier ?




