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Rodri choisit le FC Barcelona après son Ballon d'Or

Rodri, Ballon d’Or en poche, a choisi son camp. Et ce n’est pas celui que tout le monde imaginait.

Le milieu de 30 ans a quitté Manchester City pour rejoindre le FC Barcelona, tournant le dos au Real Madrid après un été où son nom a occupé la une des marchés des transferts. Un choix sportif, martèle-t-il, presque comme un manifeste à contre-courant d’un football obsédé par les chiffres et les primes à la signature.

Un départ mûri, plus qu’un coup de tête

Rodri ne parle pas de rupture, mais de cheminement. « C’a été un processus, plus qu’une décision », confie-t-il à Mundo Deportivo. À City, son cycle touchait à sa fin dans sa tête avant même que le Barça ne frappe à la porte. Il fallait d’abord accepter l’idée que l’aventure anglaise était allée au bout, que le besoin d’un nouveau défi s’imposait.

Lorsque l’offre blaugrana est arrivée, tout s’est aligné. Pas de volte-face spectaculaire, plutôt la conclusion logique d’une réflexion déjà engagée. « Au moment où l’opportunité à Barcelona s’est présentée, j’ai compris que c’était ce qu’il y avait de mieux pour moi pour de nombreuses raisons », explique-t-il. Le décor était planté, il ne restait plus qu’à trancher.

Le projet Flick–Deco comme aimant

Si le Real Madrid le voulait avec insistance, c’est bien le discours venu de la Ciutat Esportiva qui a emporté la décision. Rodri insiste : ses choix ont toujours été guidés par le terrain, par la promesse de gagner, de progresser, de se sentir heureux dans un cadre de jeu clair.

Le duo Hansi Flick – Deco a joué un rôle central. Le milieu décrit un projet tactique précis, une hiérarchie qui sait où elle va et une génération montante qui lui parle. « J’ai toujours basé mes décisions sur des critères sportifs – là où je pense pouvoir gagner, être heureux et, surtout, me développer comme joueur. C’est pour ça que j’ai choisi le Barça : pour la génération de joueurs qui est là et pour ce que Hansi est en train de construire », détaille-t-il. Au sommet de la structure, Deco et Flick l’ont « convaincu ».

Le Real, lui, encaisse. Le club de Chamartín le courtisait avec insistance, voyait en lui une pièce maîtresse pour prolonger sa domination. Le voir atterrir au Camp Nou a le goût amer d’une occasion manquée.

Dire non au Real, le poids de l’histoire

Refuser Madrid n’a rien d’anodin pour un international espagnol au sommet de sa carrière. Rodri ne cherche pas à enjoliver l’instant. « J’ai dû peser beaucoup de choses et prendre une décision aussi importante entre deux des meilleurs clubs du monde », reconnaît-il. La balance s’est jouée à ce qui faisait battre son cœur un peu plus fort, à ce sentiment intime de pouvoir gagner et grandir davantage dans un environnement plutôt qu’un autre.

« Ce n’était pas une décision facile du tout ; dire non au Madrid n’a pas été simple, surtout qu’ils m’ont traité de manière exceptionnelle », admet-il encore. Le respect est là, la gratitude aussi. Mais l’enthousiasme, lui, s’est rangé du côté blaugrana.

Un Barça “familial” qui séduit

Au-delà des tableaux tactiques et des promesses de titres, Rodri a été touché par la manière dont le Barça l’a approché. Pas de forcing, pas d’ultimatums, pas de compte à rebours. Un climat qu’il décrit comme « très chaleureux, comme un club familial ».

Le club catalan lui a présenté un cadre, une idée de jeu, un rôle précis, sans jamais le pousser dans ses retranchements. « À aucun moment ils ne m’ont mis la moindre pression. Tout le monde a exprimé son envie de m’avoir, de travailler ensemble et de voir ce que je pouvais apporter à l’équipe », raconte-t-il. On lui a parlé football, influence dans le vestiaire, impact sur et en dehors du terrain. C’est ce langage-là qui l’a séduit.

Dans un marché souvent agressif, cette approche douce mais déterminée tranche. Elle colle aussi avec l’image que le Barça tente de reconstruire : celle d’un club qui attire par son idée de jeu autant que par son blason.

Le Ballon d’Or, le boycott et le bruit autour

Ce transfert intervient dans le sillage d’un autre épisode symbolique : le boycott par le Real Madrid de la cérémonie du Ballon d’Or, finalement remporté par Rodri devant Vinicius. De quoi alimenter les théories, les lectures psychologiques, les sous-entendus sur un ressentiment latent.

Le principal intéressé coupe court. Pour lui, ce vacarme médiatique ne pèse pas dans la balance. « Ceux qui me connaissent savent que j’essaie de me tenir à distance de ce genre de choses, du battage médiatique », assure-t-il. Sa boussole reste le jeu, rien d’autre. Il lâche même une formule qui en dit long sur son état d’esprit : il se dit « très anglais » dans sa façon de voir le football, en référence à une Premier League réduite à l’essentiel, « du football et peu de choses autour ».

Il quitte justement cette Premier League qui l’a façonné au plus haut niveau pour plonger au cœur d’une Liga où le bruit, la symbolique et la rivalité entre Barça et Real Madrid saturent chaque semaine. Il arrive Ballon d’Or au bras, au milieu d’un club en reconstruction, dans un championnat où chaque geste sera scruté, chaque Clasico vécu comme un verdict.

Rodri a choisi Barcelona pour le jeu, pour Flick, pour Deco, pour une génération qu’il croit prête à exploser. La question est désormais simple : ce pari sportif assumé suffira-t-il à faire pencher l’Espagne du côté blaugrana dans les années à venir ?