Rodri, l’été des géants : son choix pour le Barça
L’histoire aurait pu basculer de l’autre côté. Pendant une bonne partie du mercato estival, tout semblait conduire Rodri vers le Real Madrid. Le club le voulait, le joueur réfléchissait, les négociations avançaient. Les Merengues se voyaient déjà tenir leur nouveau métronome.
Au bout du tunnel, c’est pourtant le Barça qui l’a accueilli.
Dans un entretien accordé à MD, le milieu espagnol est revenu sans détour sur ce choix qui a secoué l’été des deux géants. Pas de drame, pas de règlement de comptes. Mais une décision mûrie, assumée, et surtout, profondément sportive.
« Dire non au Madrid, ce n’est pas facile »
Rodri raconte d’abord un été tout sauf reposant. Là où il espérait « deux ou trois semaines de vacances tranquilles », il a vécu un tourbillon. Deux clubs parmi les plus puissants de la planète, des discussions à répétition, des analyses à n’en plus finir.
Il insiste sur un point : il n’a pas choisi Barcelone contre Madrid, mais pour son propre développement.
Il explique avoir pris « une décision au niveau sportif », en se demandant où il pourrait « gagner et grandir davantage comme joueur ». Le choix ne s’est donc pas joué sur l’affect ou sur un épisode médiatique, mais sur la projection de sa carrière, sur le terrain, dans un projet de jeu précis.
Il le reconnaît sans détour : « Dire non au Madrid n’est pas facile ». Le poids de l’institution, l’histoire, les titres, tout pousse généralement un joueur à dire oui sans regarder derrière. Pourtant, Rodri a résisté. Et il prend soin de souligner le comportement irréprochable du club madrilène à son égard, parlant d’une attitude « exemplaire ».
La bascule, elle, est venue de Barcelone. De deux hommes en particulier : Deco et Hansi Flick. « À la fin, Deco et Hansi m’ont convaincu », résume-t-il. Un directeur sportif qui connaît intimement le milieu de terrain, un entraîneur à l’obsession tactique bien connue : l’argumentaire a fait mouche.
Mourinho, le coup de fil et le respect
Dans cette histoire, un autre personnage pèse lourd : Jose Mourinho. L’entraîneur du Real Madrid n’a jamais caché son admiration pour le profil de Rodri. Le joueur confirme des échanges francs, avant et après sa décision.
Il refuse de dévoiler le contenu précis de ces conversations, par respect. Mais il admet que Mourinho lui a clairement fait savoir qu’il le voulait, et lui a détaillé ce qu’il pourrait apporter à l’équipe madrilène. Le traitement, dit-il, a été « très bon ».
Une fois sa décision prise, Rodri ne s’est pas contenté de laisser passer l’orage. Il a pris son téléphone, a rappelé Mourinho pour le remercier de son intérêt et de la manière dont il avait été traité. Un geste rare dans un mercato souvent déshumanisé.
Sur le technicien portugais, le milieu ne tarit pas d’éloges. Il rappelle qu’il a « déjà montré » sa valeur partout où il est passé, lors de ses « grandes étapes » sur les bancs européens. Et il prévient : avec Mourinho à sa tête, le Real Madrid sera « un adversaire difficile » dans la course au titre.
On comprend entre les lignes : Rodri sait exactement ce qu’il a refusé. Et il sait aussi ce qu’il va affronter, plusieurs fois par saison.
Le Ballon d’Or 2024, hors du débat
Un point, enfin, méritait d’être clarifié. Le Real Madrid a décidé de boycotter la cérémonie du Ballon d’Or 2024, remporté par Rodri. Un geste qui a alimenté les débats, les sous-entendus, les interprétations.
Le milieu espagnol coupe court : cette décision du club madrilène n’a joué aucun rôle dans son choix estival. Pas de rancœur, pas de revanche personnelle. Son transfert n’est pas né d’un bras de fer médiatique, mais d’un calcul sportif.
Au bout du compte, Rodri a choisi un camp, sans brûler l’autre. Il a fermé la porte du Santiago Bernabéu, mais avec respect. Il a ouvert celle du Barça, convaincu par un projet qui lui promet de gagner et de grandir.
La suite se jouera sur la pelouse. Entre le Real de Mourinho et le Barça de Flick, chaque Clasico portera désormais, en filigrane, cette question : et si Rodri avait choisi l’autre côté ?




