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Ruben Amorim face à la Juventus : un Milan en quête d'histoire

Le décor est planté : un dimanche soir à Turin, un Juventus–Milan qui sent la poudre, et un entraîneur portugais qui peut déjà inscrire son nom dans l’histoire rossonera. Ruben Amorim n’a encore dirigé que deux matches de Serie A avec Milan. Deux victoires. Six points. Et déjà un parfum de record.

Face à la Juventus, ce ne sera pas seulement un choc de prestige. Ce sera un rendez-vous avec 1958.

Un début parfait… à confirmer à Turin

Le Milan d’Amorim a démarré la saison comme un bloc lancé à pleine vitesse. Un 2-1 solide sur la pelouse du Torino pour ouvrir le championnat, puis un 2-0 net et sans bavure contre Venezia à San Siro. Deux matches, deux succès, une impression de maîtrise croissante et un banc déjà très écouté.

Sur la touche du Stadio Olimpico Grande Torino, fin août, on a vu un Amorim habité, constamment en mouvement, à la fois nerveux et sûr de son idée de jeu. Le message est passé : ce Milan-là ne compte pas attendre l’hiver pour exister.

Mais le vrai test, le premier, arrive maintenant. Gagner à Turin, contre la Juventus, ce n’est jamais anodin. Pour Amorim, ce serait bien plus qu’un troisième succès d’affilée.

Un record que même Sacchi, Capello et Ancelotti n’ont jamais touché

Les chiffres sont implacables : depuis 1958, aucun entraîneur du Milan n’a remporté ses trois premiers matches de Serie A sur le banc rossonero. Pas un. Même les monuments du club ont buté en chemin.

Arrigo Sacchi, apôtre du pressing et des lignes hautes, a trébuché dès sa deuxième sortie en championnat. Une défaite contre la Fiorentina, punie par Ramon Diaz et un certain Roberto Baggio. Le futur mythe milanais avait démarré dans la douleur.

Fabio Capello, lui, avait signé un départ plus tranchant en 1991 : deux victoires pour lancer son règne. Puis un premier coup d’arrêt. Un nul 1-1 lors de son troisième match… déjà sur le terrain de la Juventus. L’histoire aime les clins d’œil.

Carlo Ancelotti, enfin, avait débuté en 2001 par un 0-0 frustrant face à Piacenza. Pas de défaite, mais pas de série parfaite non plus. Trois géants du banc, trois trajectoires dorées, aucun départ à trois victoires.

Amorim peut faire mieux qu’eux. Sur un seul match. Dans un stade hostile. Face à un rival historique.

Retour vers les années 50

Pour retrouver un entraîneur milanais capable de remporter ses trois premiers matches de Serie A avec le club, il faut remonter à une autre époque, presque en noir et blanc.

Mario Sperone y est parvenu en 1952. Gipo Viani a répété l’exploit en 1956. Puis Cina Bonizzoni a signé la dernière série parfaite en 1958. Depuis, plus rien. Près de soixante-dix ans de bancs qui se succèdent, de cycles victorieux, de Ligue des champions soulevées… mais jamais ce départ à 3 sur 3 en championnat.

Le défi d’Amorim se mesure aussi là : franchir une barre que des générations d’entraîneurs n’ont pas su atteindre, malgré des équipes parfois parmi les plus fortes d’Europe.

Un Milan déjà sous pression… et déjà ambitieux

Ce déplacement à Turin ne décidera pas du destin de la saison, mais il dira beaucoup de la personnalité de ce Milan. Une victoire lancerait un message brutal au reste de la Serie A : un nouvel entraîneur, de nouvelles idées, mais la même ambition de redevenir le centre de gravité du championnat.

Pour Amorim, ce serait plus qu’une ligne statistique. Ce serait une entrée fracassante dans une lignée où les noms Sacchi, Capello et Ancelotti dominent encore les conversations. Trois matches, trois victoires, et un pont jeté entre 1958 et 2026.

Reste une question, simple et tranchante : ce Milan-là est-il déjà prêt à aller chercher l’histoire sur la pelouse de la Juventus ? Dimanche soir, la réponse ne tiendra peut-être qu’en quatre-vingt-dix minutes.