Saudi Roshn League et Ballon d'Or : une nouvelle ère
La Saudi Roshn League s’invite par la grande porte dans l’histoire du Ballon d’Or. La liste des nommés pour l’édition 2026, dévoilée ce mardi par le magazine français France Football, consacre un tournant : le championnat saoudien n’est plus un simple refuge doré, il devient un véritable théâtre de performances majeures.
Deux noms incarnent cette bascule : Sadio Mané, ailier d’Al-Nassr, et Julian Quiñones, avant-centre d’Al-Qadsiah. Deux joueurs, deux trajectoires, un même symbole : pour la première fois, des acteurs de la Saudi Roshn League sont nommés pour le Ballon d’Or sur la base de ce qu’ils accomplissent réellement dans ce championnat, et non sur leur héritage européen.
De Benzema et Bounou à Mané et Quiñones : un changement d’ère
La Saudi League avait déjà pointé le bout de son nez dans la course au Ballon d’Or en 2023. À l’époque, Yassine Bounou, gardien d’Al-Hilal, et Karim Benzema, alors attaquant d’Al-Ittihad, figuraient parmi les candidats. Mais leur nomination reposait surtout sur leurs exploits passés : Benzema avec le Real Madrid, Bounou avec Séville, avant leur départ pour l’Arabie saoudite à l’été 2023.
Rien de tel cette fois.
Mané et Quiñones doivent leur présence dans la liste aux matches qu’ils ont gagnés, aux titres qu’ils ont portés et aux campagnes internationales qu’ils ont animées depuis qu’ils évoluent dans la Saudi Roshn League. Le championnat n’est plus seulement le décor, il devient la scène principale.
C’est une première historique : deux joueurs du championnat saoudien nommés pour le Ballon d’Or principalement grâce à ce qu’ils y réalisent semaine après semaine.
Mané, le patron d’Al-Nassr et de tout un pays
Sadio Mané n’a pas seulement changé de maillot, il a changé de dimension dans son rôle. Avec Al-Nassr, il a mis fin à sept années de disette en ramenant le titre de la Saudi Roshn League au club. Sept ans d’attente, balayés par une saison où son influence a pesé dans les moments clés, dans les matches qui comptent vraiment.
Mais la candidature de Mané ne se limite pas au désert saoudien. Avec le Sénégal, il a porté les Lions jusqu’à la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, avant de les conduire jusqu’au tour de 32 de la Coupe du monde 2026. Une continuité de haut niveau, du continent africain aux scènes mondiales, qui renforce la légitimité de sa nomination.
Le message est clair : Mané n’est pas venu en Arabie saoudite pour tourner la page de sa carrière, il est venu y écrire un nouveau chapitre.
Quiñones, le buteur qui bouscule la hiérarchie
À ses côtés dans la liste des nommés, Julian Quiñones incarne une autre forme de reconnaissance. Moins médiatisé à l’échelle planétaire, l’attaquant mexicain d’Al-Qadsiah a imposé son nom par une arme simple et implacable : le but.
Il a terminé meilleur buteur du championnat pour la première fois de sa carrière. Un sacre personnel qui, dans n’importe quel championnat, attire les regards. Dans un contexte où la Saudi Roshn League cherche à s’installer parmi les scènes majeures du football mondial, ce titre de meilleur buteur prend un relief particulier.
Sur la scène internationale, Quiñones a prolongé son état de grâce avec le Mexique, qu’il a emmené jusqu’aux huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Là encore, la nomination ne repose pas sur un passé glorieux ailleurs, mais sur une dynamique actuelle, assumée, portée par ses performances récentes.
Un championnat qui ne peut plus être ignoré
Entre 2023 et 2026, la nuance est nette. Bounou et Benzema avaient été nommés comme héritiers de leurs exploits européens. Mané et Quiñones arrivent, eux, comme ambassadeurs d’un championnat qui revendique désormais son influence sportive, pas seulement financière.
Ce glissement change le regard porté sur la Saudi Roshn League. Les performances qui s’y déroulent comptent désormais dans la plus prestigieuse distinction individuelle du football. Les buts marqués à Riyad, les arrêts réalisés à Djeddah, les titres soulevés à Dammam peuvent peser dans les votes des jurés.
Une question se pose alors, presque naturellement : si le championnat saoudien commence à produire des candidats crédibles au Ballon d’Or, combien de temps faudra-t-il avant qu’il en façonne un lauréat ?




