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Séisme dans l'équipe du Pakistan avant le troisième Test

Le Pakistan n’a pas seulement perdu deux Tests en Angleterre. Il a tout perdu, ou presque : sa confiance, son cap… et une bonne partie de son vestiaire. À huit jours du troisième et dernier Test, le Pakistan Cricket Board a dégainé une décision rarissime à ce niveau : sept joueurs renvoyés à la maison, un staff technique démantelé, et une équipe presque reconstruite à la hâte pour tenter d’éviter le naufrage complet.

Sept joueurs débarqués, un vestiaire retourné

La liste est longue, et elle en dit beaucoup sur l’ampleur du choc : Mohammad Rizwan, Imam-ul-Haq, Salman Ali Agha, Ali Usman, Aamir Jamal, Muhammad Awais Zafar et Khurram Shahzad sont tous sortis du groupe appelé pour affronter l’Angleterre. Le PCB l’a confirmé lundi 31 août 2026, dans un communiqué qui ressemble à un acte de rupture.

Rizwan, cadre du vestiaire et figure forte de ces dernières années, renvoyé. Imam-ul-Haq, souvent jugé baromètre du top-order, renvoyé lui aussi. Ce ne sont pas des ajustements à la marge. C’est un coup de balai.

Ces décisions tombent après deux lourdes défaites à Leeds puis à Lord’s, où le Pakistan a été dominé dans tous les compartiments du jeu. L’Angleterre a imposé son rythme, son agressivité, son cricket. Le Pakistan, lui, a semblé à court d’idées. La réaction du Board est à la hauteur de cette impuissance.

Hesson et Noffke pour relancer la machine

Le changement ne s’arrête pas aux joueurs. Le banc de touche est lui aussi reconfiguré. Le PCB a libéré le head coach Sarfaraz Ahmed et le bowling coach Umar Gul. Deux anciens héros nationaux, deux figures emblématiques, priés de laisser la place.

Pour les remplacer, un duo très différent : Mike Hesson prend la tête de l’encadrement, Ashley Noffke récupère la responsabilité des lanceurs. Un regard extérieur, une méthode nouvelle, une autre culture de travail : le Pakistan mise sur un électrochoc, pas sur une continuité prudente.

Le timing est brutal. Le troisième Test commence le 9 septembre, à Birmingham. Le nouveau staff aura quelques jours à peine pour poser un diagnostic, installer ses idées, apprendre à connaître un groupe largement remodelé. Pas de période de transition. C’est tout de suite, ou jamais.

Une vague de nouveaux visages… et deux inconnus totales

Pour remplacer les sept sortants, le Pakistan a appelé Saim Ayub, Abdullah Fazal, Arafat Minhas, Saad Baig, Muhammad Randhawa, Razaullah et Muhammad Imran Jnr. Une liste qui mélange promesses déjà entraperçues au niveau international et paris assumés.

Cinq d’entre eux ont déjà goûté au cricket international. Deux, en revanche, vont faire un bond vertigineux : Muhammad Randhawa et Razaullah n’ont encore jamais porté le maillot du Pakistan, à aucun niveau. Les voilà propulsés dans un Test en Angleterre, sous pression maximale.

Saim Ayub compte huit Tests, Abdullah Fazal deux. Ils ne sont plus tout à fait des novices, mais pas encore des tauliers. Arafat Minhas, all-rounder gaucher à la rotation lente, a déjà joué trois ODIs et quatre T20Is. Il connaît l’intensité du haut niveau, pas encore le marathon tactique d’une série de Tests en Angleterre.

Derrière eux, un groupe d’outsiders aux profils tranchés :

  • Mohammad Imran Jnr, rapide bras gauche, une denrée précieuse dans des conditions anglaises,
  • Saad Baig, wicketkeeper-batter, élu Player of the Tournament de la Quaid-e-Azam Trophy 2025-26, gage de forme et de caractère,
  • Mohammad Imran, aussi connu sous le nom d’Imran Randhawa, all-rounder rapide bras droit,
  • Razaullah, autre all-rounder de vitesse, encore inconnu au plus haut niveau mais clairement identifié par les sélectionneurs comme une option d’impact.

Ils rejoindront le groupe à Birmingham avant le troisième Test. Ils arriveront dans un vestiaire secoué, mais face à une opportunité rare : celle de se faire une place dans un moment où plus rien n’est figé.

Un groupe remodelé autour de Babar Azam

Le nouveau Pakistan pour ce dernier Test se construit autour d’un socle resserré. Babar Azam reste capitaine, point fixe dans la tempête. Autour de lui, un mélange d’anciens, de confirmés récents et de nouveaux venus.

Le groupe retenu : Babar Azam (capitaine), Abdullah Fazal, Arafat Minhas, Azan Awais, Mohammad Abbas, Mohammad Ali, Muhammad Imran, Mohammad Imran Jnr, Muhammad Ghazi Ghori (wicketkeeper), Razaullah, Saad Baig (wicketkeeper), Saim Ayub, Sajid Khan, Saud Shakeel, Shan Masood et Ubaid Shah.

Des noms expérimentés comme Mohammad Abbas, maître des lignes et des longueurs, ou Shan Masood, habitué des conditions anglaises. Des batteurs techniques comme Saud Shakeel. Des jeunes qui doivent encore prouver qu’ils peuvent tenir une série sous la pression.

C’est un test de caractère pour tout un système. À Birmingham, le Pakistan ne jouera pas seulement pour sauver l’honneur. Il jouera pour définir ce qu’il veut être dans les années à venir.