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Shakhtar Donetsk décroche un nul précieux à Eindhoven

Le Shakhtar Donetsk a lancé sa campagne de Ligue des champions avec un point qui vaut bien plus qu’une simple ligne de classement. À Eindhoven, dans l’enceinte bouillante du Philips Stadion, les Ukrainiens ont tenu tête au PSV pour décrocher un nul 1-1, forgé dans la souffrance, la discipline et une bonne dose de courage.

Juste avant la pause, alors que le PSV croyait avoir verrouillé le scénario, Gleiker Mendoza a fait exploser le banc du Shakhtar. Dans le temps additionnel de la première période, le milieu vénézuélien a trouvé la lucarne d’une superbe frappe enroulée, récompensant un plan de jeu pensé pour piquer dans les rares brèches laissées par les champions des Pays-Bas.

Au retour des vestiaires, la tempête annoncée est arrivée. Le PSV a haussé le ton, a serré le Shakhtar dans un étau et Sergiño Dest a rapidement ramené les siens à hauteur, concrétisant une pression devenue étouffante. À partir de là, chaque minute a ressemblé à un siège. Mais le Shakhtar a tenu. Bloc compact, duels disputés jusqu’au bout, sacrifices répétés : les Ukrainiens ont plié, souvent, sans jamais rompre.

Turan, la patte tactique et le refus de l’imitation

Sur le bord de la touche, Arda Turan n’a pas seulement vu son équipe résister. Il a vu son idée prendre forme. L’entraîneur du Shakhtar, ancien milieu du Barça, avait prévenu ses joueurs : hors de question d’essayer de copier l’intensité féroce du PSV.

« Si nous jouons comme le PSV, nous ne gagnerons pas », a-t-il martelé à son groupe avant la rencontre. Le message était clair : imposer son propre football, pas se perdre dans celui de l’adversaire.

Face au pressing individuel tout-terrain des Néerlandais, Turan a misé sur le détail. Des déplacements diagonaux précis, des ajustements de position du corps pour recevoir sous pression, des angles de passes travaillés pour casser la première ligne d’engagement. Le Shakhtar n’a pas cherché à courir plus vite que le PSV, mais à réfléchir plus vite. À chaque sortie de balle propre, à chaque déviation réussie dans les demi-espaces, le plan prenait un peu plus de consistance.

Isaque, des bombes aux lumières de la Ligue des champions

Au-delà du tableau noir, la soirée a aussi raconté une histoire humaine. Celle d’Isaque, 19 ans, propulsé sur la scène de la Ligue des champions pour sa grande première. Turan a évoqué, après le match, un souvenir qui en dit long sur le chemin parcouru ensemble.

Une nuit de bombardements. Un hall d’hôtel transformé en refuge improvisé. Le coach qui couvre son jeune joueur d’une simple couverture, cliché gravé dans la mémoire et dans son téléphone. Ce soir-là, a-t-il confié, il lui a dit qu’il devait être « prêt pour le combat ».

Ce combat, Isaque le mène désormais sur les pelouses européennes. Pour Turan, ces épreuves traversées forgent une résistance indispensable quand les projecteurs se braquent, que le bruit monte et que chaque erreur peut coûter une saison.

Mendoza, un premier soir européen inoubliable

Pour Mendoza, la nuit restera tout aussi marquante. Première apparition en Ligue des champions, premier but, et quel but. Une frappe enroulée, clinique, dans ce fameux entre-deux que son entraîneur lui répète d’attaquer : les demi-espaces, ce territoire entre les lignes défensives du PSV.

Le milieu vénézuélien n’a pas caché son émotion après la rencontre. Il a insisté sur l’importance des consignes de Turan, sur cette obsession de trouver les interstices entre les rideaux défensifs adverses. Là où naissent les décalages, là où se décident souvent les grandes soirées.

Il sait aussi ce qui l’attend. La Ligue des champions impose un rythme impitoyable, une intensité que peu de compétitions égalent. Pour Mendoza, la priorité est claire : maintenir ce niveau, continuer à engranger des points, rester à cette hauteur.

À Eindhoven, le Shakhtar n’a pas signé un exploit retentissant. Il a fait mieux que ça : il a posé les bases d’une campagne où rien ne sera simple, mais où, manifestement, personne ne renoncera facilement.