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Song Yadong renverse Umar Nurmagomedov à Shanghai

À Shanghai, Song Yadong fait tomber la montagne Nurmagomedov

La soirée avait des allures de retour aux sources. Elle s’est transformée en déclaration de pouvoir. Devant son public à Shanghai, Song Yadong a signé la plus grande victoire de sa carrière en assommant Umar Nurmagomedov lors du combat principal en poids coq masculin de l’UFC Fight Night.

Donné largement perdant – presque à 5 contre 1 chez DraftKings Sportsbook – le Chinois a renversé le scénario avec une précision glaciale. Le dénouement est tombé à 1 minute et 48 secondes du deuxième round, sur un court direct du droit qui a éteint la lumière chez l’ancien prétendant au titre.

Nurmagomedov, invaincu en UFC avant cette soirée et auréolé d’une réputation de futur champion, avait jusque-là construit sa carrière sur le contrôle, la discipline, l’étouffement progressif de ses adversaires. Cette fois, c’est lui qui s’est fait piéger. En se baissant pour éviter un crochet du gauche, il s’est jeté droit dans la trajectoire d’un droit court, décoché près de l’oreille. Impact sec. Corps inerte. Chute lourde.

Song n’a pas hésité. Trois frappes de finition au sol, puis l’arbitre s’interpose. La salle explose.

Le Chinois se met à courir dans l’Octogone, porté par un rugissement qui monte des tribunes. Dans l’euphorie, il manque de percuter Usman Nurmagomedov, frère cadet d’Umar et champion PFL chez les légers, accouru pour vérifier l’état de son aîné. Usman semble esquisser un mouvement de coude en direction de Song au moment où ce dernier passe devant lui, lancé dans sa célébration. Tension d’un instant, vite étouffée par le vacarme de la victoire.

Song grimpe alors sur la cage, bras levés, pour capter chaque décibel de ce moment. Puis il saute à l’extérieur, s’engouffre vers la foule, distribue accolades et tapes dans les mains. Shanghai n’est plus seulement une ville hôte. C’est son territoire.

Ce triomphe a une saveur particulière. Deuxième combat de suite en Chine, deuxième victoire avant la limite. Son dernier succès par KO remontait à 2023. Le voir frapper à nouveau avec une telle autorité, ici, là où tout a commencé pour lui à l’UFC, donne une dimension presque circulaire à son histoire.

En 2017, à 19 ans, Song faisait ses débuts à Shanghai, inconnu du grand public, simple promesse locale. Neuf ans plus tard, il revient en patron. Et le discours a changé de registre.

« Neuf ans auparavant, je voulais montrer que je pouvais marcher dans cet Octogone », a-t-il lancé, via un interprète. « Neuf ans plus tard, je veux prouver que je suis le meilleur au monde. Je suis le meilleur combattant chinois au monde. »

Le contraste entre l’étiquette de grand outsider et la maîtrise affichée dans ce combat dit beaucoup de sa progression. Installé à Sacramento, en Californie, pour s’entraîner, Song a affûté son arsenal, poli ses déplacements, renforcé sa confiance. Face à un Nurmagomedov au bilan de 20-2, issu d’une lignée synonyme de domination, il n’a pas reculé. Il a attendu l’erreur. Puis il a frappé.

La suite, il la voit très clairement. Le micro encore chaud, il lâche une promesse qui ressemble à un plan de carrière : « Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain, peut-être pas le mois prochain, mais je serai le premier champion masculin chinois de l’UFC. » Une précision qui rend hommage à Zhang Weili, double championne strawweight, déjà entrée dans l’histoire.

Puis il bascule en anglais, pour que le message soit entendu partout, sans filtre : « Give me the title shot! »

Shanghai a peut-être assisté à plus qu’un simple KO spectaculaire. Elle a peut-être vu naître, ce soir-là, la campagne d’un futur prétendant au titre. La question, désormais, n’est plus de savoir si Song Yadong appartient à l’élite. Elle est de savoir combien de temps l’UFC pourra encore lui refuser ce qu’il réclame à pleine voix.