Southampton : Tonda Eckert et la reconquête de St Mary's
À St Mary's, quelque chose a basculé. Les chiffres le disent, l’atmosphère le confirme : Southampton est redevenu une place où il est extrêmement difficile de venir prendre des points.
Depuis sa promotion du banc des U21 au poste d’entraîneur principal en novembre 2025, Tonda Eckert a transformé le visage du club à domicile. Quand il arrive, Southampton est 21e du Championship, le moral au plus bas, le lien avec les tribunes sérieusement abîmé. Aujourd’hui, les Saints affichent 47 points pris à St Mary's, meilleur bilan à domicile de tout le championnat, et ont déjà remporté leurs trois premiers matches à la maison dans ce nouvel exercice 2026-2027.
Pour le technicien allemand, le cœur du renouveau ne se trouve ni dans un système, ni dans un nom sur la feuille de match. Il se trouve dans les tribunes.
« Vous savez dans quel état était le club quand je suis arrivé, et vous savez dans quel état étaient nos supporters à ce moment-là », a-t-il confié à BBC Radio Solent. Le constat est brut : « Ce n’est pas facile de jouer à domicile si vous n’avez pas cette connexion. Et, à juste titre, cette connexion n’était pas là à ce moment précis, pour une variété de raisons. »
Le mot revient sans cesse dans sa bouche : connexion. Pas un slogan, une nécessité.
Eckert sait qu’il a dû reconquérir. Reconquérir une ville, une communauté, un stade qui s’était senti trahi, bousculé, fatigué. « Vous devez regagner ce droit de vous reconnecter aux supporters, à la ville, parce que le football signifie tellement plus pour la ville de Southampton », insiste-t-il.
La cicatrice de la saison passée reste fraîche. Les Saints avaient arraché leur place en play-offs sous ses ordres, avant d’être exclus dans le sillage du scandale de “Spygate”. Un coup de massue sportif et symbolique. La colère a grondé, la frustration aussi. Mais les sièges ne se sont pas vidés.
Malgré ce contexte empoisonné, les affluences se sont maintenues autour de la barre des 30 000 spectateurs pour aborder la nouvelle saison, plaçant toujours le club parmi les vingt meilleures affluences du pays. Un signe fort : la rupture n’était pas définitive, le fil n’était pas complètement rompu.
Eckert, lui, parle de travail de fond, patient, presque artisanal. « Ce n’est pas une seule chose que vous changez. Il y a tellement de petits pas à faire pour gagner la confiance, reconstruire une connexion et rebâtir une relation », explique-t-il. Rien de spectaculaire, mais une accumulation de détails, de gestes, de décisions qui finissent par transformer l’air du stade.
Le résultat se voit et se sent. « St Mary's semble complètement différent d’il y a un an, et ce sont de très, très nombreuses choses qui se rejoignent », résume-t-il. Le bruit est revenu, la ferveur aussi. Les Saints jouent à domicile avec l’impression d’avoir un but d’avance dès le coup d’envoi.
Eckert ne s’en cache pas : pour lui, la clé d’une grande saison passe par là. « Je crois que pour “gagner” une saison, vous devez réaliser une saison réussie à domicile. » Le message est clair pour son vestiaire comme pour le reste du Championship : venir à Southampton, désormais, signifie entrer dans un territoire hostile.
Caspar Jander encore trop juste, Wrexham en ligne de mire
Tout n’est pas parfait pour autant dans l’effectif. Le milieu de terrain Caspar Jander, 23 ans, n’a toujours pas disputé la moindre minute cette saison. Touché à la cuisse dès le premier match de préparation face à Eastleigh, formation de National League, il avance à petits pas.
Eckert a confirmé que la rencontre de samedi face à Bristol City arrivait « trop tôt » pour lui. Le staff refuse de brûler les étapes. Le plan est posé : viser un retour progressif. « Nous allons pousser, donc j’espère que ce sera pour quelques minutes contre Wrexham (le 19 septembre). Nous avons dû retarder un peu, mais je pense qu’il est sur la bonne voie maintenant », détaille l’Allemand.
Un joueur encore en tribunes, un stade déjà debout, un entraîneur qui assume la responsabilité de rallumer la flamme. À Southampton, la saison se jouera peut-être autant dans le vacarme de St Mary's que dans les pieds des Saints.




