Southend United : Dyer promet du spectacle à Roots Hall
Southend United carbure déjà, mais Kieron Dyer refuse de laisser la tête tourner. L’ancien international anglais, installé pour la première fois sur un banc en tant qu’entraîneur principal, savoure le départ canon… tout en rappelant que rien n’est encore gagné.
Cinquièmes de National League avant de recevoir Tamworth mardi à Roots Hall, les Shrimpers ne pointent qu’à trois longueurs du leader Boreham Wood. Quatre victoires en sept journées sous les ordres de Dyer, 14 buts inscrits, une identité offensive qui se dessine clairement : le décor est planté.
Dyer, lui, tempère. « Dans le pire sens du terme, gagner nos trois premiers matches a été une mauvaise chose, parce que tout le monde se met à dire “on va gagner le championnat” », a-t-il confié à BBC Radio Essex. À 47 ans, passé par Ipswich Town, Newcastle United et la sélection d’Angleterre, il connaît trop bien les emballements précoces.
Il ne casse pourtant pas l’élan. Il le canalise. « Je veux que tout le monde pense qu’on a une vraie chance de gagner le championnat, mais il faut se souvenir qu’on est une équipe très nouvelle, avec un nouveau staff et de nouvelles idées de jeu. On doit être vraiment contents de nos joueurs et de la vitesse à laquelle ils se sont adaptés et ont pris des points.
Roots Hall, chantier d’un futur bastion
Southend sort d’une saison terminée en play-offs en 2025-2026. La cicatrice est récente, mais Dyer a choisi son chemin : attaquer, encore et toujours. Les chiffres parlent. Quatorze buts en sept matches, six points sur neuf possibles à Roots Hall et une volonté claire de transformer le stade en citadelle.
« On doit faire de cet endroit une forteresse. On a eu un revers contre Kidderminster, mais nos trois performances à domicile ont été de bonne qualité, avec du contrôle et du football excitant », insiste-t-il.
Le discours suit la même ligne : pas question de se recroqueviller. « Je veux qu’on soit vraiment positifs. Je vais mettre autant de joueurs de flair sur le terrain que possible, les alimenter et les laisser semer le chaos. Alors accrochez-vous, et j’espère qu’on donnera aux supporters de quoi chanter.
Le message est clair : le public de Roots Hall ne viendra pas pour voir un bloc bas et des dégagements désespérés. Il vient pour des prises de risques, des dribbles, des vagues offensives. Et Dyer assume cette promesse.
Tamworth, le chaos en face
Face à ce Southend ambitieux se présente Tamworth, 22e, une seule victoire en sept matches, déjà 19 buts encaissés. Sur le papier, l’affiche penche lourdement. Sur le terrain, Dyer se méfie d’une équipe qui vit dans le désordre organisé.
« Ils sont très bons dans ce qu’ils font. Ils jouent à deux devant. Ils essaient de mettre du chaos dans un match, ils veulent qu’il soit fait de transitions », détaille-t-il. Résultat : 13 buts marqués, 19 concédés. Des scores ouverts, des rencontres débridées, un style à double tranchant.
Pour Southend, l’opportunité est évidente. « C’est pour ça qu’ils ont marqué beaucoup de buts, mais je pense que c’est aussi pour ça qu’ils en ont beaucoup encaissé. On pense vraiment pouvoir exposer leurs faiblesses.
Dyer annonce d’ailleurs quelques retouches dans son onze. Pas une révolution, plutôt un coup de frais. « On va faire quelques changements et essayer d’apporter de la vraie fraîcheur. Ils représentent une menace, mais si on fait ce qu’on veut faire, je pense que ce match devrait bien se passer pour nous.
Une équipe qui veut « semer le chaos » face à une autre qui veut « faire de son stade une forteresse » : la promesse est simple. Si Southend tient sa ligne offensive sans se laisser aspirer dans le désordre de Tamworth, Roots Hall pourrait bien devenir, dès septembre, le théâtre d’une candidature sérieuse au sommet de la National League.




