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Dominik Szoboszlai, l’héritier moderne de Nedved à Liverpool

Vladimir Smicer n’a jamais vraiment quitté Liverpool. Son corps, oui. Son cœur, jamais. Le héros de la « Miracle of Istanbul », 183 matches et 19 buts sous le maillot des Reds, observe toujours attentivement ce qui se passe à Anfield. Et un nom retient particulièrement son attention : Dominik Szoboszlai.

À 53 ans, l’ancien international tchèque voit dans le Hongrois un profil rare. Un joueur qui ne se contente pas d’occuper un poste, mais qui imprime sa marque sur tout un secteur de jeu. Milieu, relayeur, parfois même latéral droit : Szoboszlai a déjà montré qu’il pouvait exister partout. Mais c’est plus haut, là où tout se décide, qu’il aspire à devenir le métronome et le moteur de Liverpool.

Smicer ne se contente pas de compliments polis. Il ose une comparaison lourde de sens pour tout fan de football européen : Pavel Nedved. Pas un simple clin d’œil patriotique. Une vraie filiation de style et de tempérament.

Nedved en héritage

Nedved, Ballon d’Or 2003, incarnation du milieu total, capable de tout faire et de tout répéter pendant 90 minutes. Des frappes lointaines, des coups francs, des courses sans fin, une influence écrasante dans le cœur du jeu. Pendant un temps, il a été considéré comme le meilleur joueur du monde.

Smicer retrouve ces ingrédients chez Szoboszlai. La dimension physique d’abord. Cette capacité à courir, à presser, à se relever, à revenir. « Courir, se battre, frapper », résume-t-il en parlant des deux hommes. Le travail de l’ombre ne lui fait pas peur, les gestes décisifs encore moins.

Le Hongrois, 25 ans, sait aussi se faire remarquer là où tout le monde regarde : le tableau d’affichage. Son nom s’est déjà associé à des buts spectaculaires, souvent sur coups de pied arrêtés. Le dernier en date a fait le tour des écrans : une frappe de 30 mètres en Carabao Cup, face à Tottenham, un missile qui a plongé et enroulé pour finir dans la lucarne et sceller l’élimination des Spurs. Une frappe de Ballon d’Or, diront certains. Une frappe de joueur qui compte, en tout cas.

Un leader qui s’impose au milieu

Pour Smicer, la ressemblance avec Nedved ne se limite pas aux jambes et au pied droit. Elle touche aussi à la tête. À l’autorité naturelle. À cette manière d’aimanter le jeu et les responsabilités.

Il insiste sur un point : le leadership. Nedved en débordait. Szoboszlai, selon lui, marche sur les mêmes traces. Il peut marquer du gauche, du droit, tacler, organiser, dicter le tempo. Et surtout, il peut guider. Dans un Liverpool où Virgil van Dijk reste la grande figure défensive, Smicer estime indispensable de voir émerger un patron dans chaque ligne. Au milieu, il voit Szoboszlai prendre ce rôle, déjà assumé la saison passée lorsqu’il le considère comme « le meilleur joueur de l’équipe ».

Le Hongrois, parfois utilisé en latéral droit, n’a pourtant rien d’un simple soldat polyvalent. Son jeu révèle un joueur de centre né pour orienter, accélérer, casser des lignes. Son influence grandit à mesure que les matches s’enchaînent. Il veut devenir le cœur battant de ce Liverpool nouvelle version.

Iraola, une équipe invaincue et un plafond encore plus haut

Les Reds ont tourné une page majeure avec l’arrivée d’Andoni Iraola sur le banc. Nouveau coach, nouvelles idées, nouveaux repères. Mais un point demeure : l’exigence. Liverpool n’a pas encore perdu cette saison 2026-27. La série est propre, solide. Et pourtant, personne ne parle d’une équipe à son sommet.

On sent une marge. Un potentiel encore sous-exploité. Un collectif qui cherche encore sa pleine vitesse de croisière. Dans cette construction progressive, un joueur comme Szoboszlai devient crucial. Parce qu’il peut tout faire dans un match, comme le rappelle Smicer : passer, créer, finir. Parce que dans une équipe qui se cherche, un milieu capable de tout tenir ensemble devient un luxe vital.

Liverpool se déplacera à Bournemouth avant la première trêve internationale. Un rendez-vous qui arrive tôt dans la saison, mais qui peut déjà dire quelque chose : jusqu’où ce Liverpool invaincu, mené au milieu par un Szoboszlai en pleine ascension, peut-il pousser le curseur dans les mois à venir ?