Team USA : Vers un Cinquième Sacre Mondial à Berlin
À Berlin, Team USA entame sa quête d’un cinquième sacre mondial de rang avec un défi immédiat : réinventer son cinq majeur sans deux de ses piliers, A'ja Wilson et Kelsey Plum. Le FIBA Women's Basketball World Cup 2026 démarre dans moins de 24 heures, et dès vendredi face à la Chine (8h15 ET), on saura si cette version remodelée des États-Unis a déjà trouvé son équilibre.
« Même jouer ici en Coupe du monde, c’est spécial en soi », a confié Caitlin Clark à la FIBA. « Parfois, c’est une compétition encore plus dure que les Jeux olympiques. Le jeu international et le talent ne cessent de grandir. Ces compétitions deviennent de plus en plus difficiles à gagner. »
Le ton est donné. La marge d’erreur, elle, sera minime.
Gray aux commandes d’un backcourt sous pression
Kara Lawson devra trancher, mais tout pointe vers Chelsea Gray pour mener le jeu d’entrée. Avec un groupe de meneuses et d’arrières encore novices au plus haut niveau FIBA, l’expérience de la joueuse des Las Vegas Aces pèse lourd. Elle n’a pas brillé statistiquement lors du tournoi de qualification en mars (5,6 points et 4,8 passes de moyenne en cinq matchs), mais son rôle dépassait déjà les chiffres : organiser, calmer, choisir le tempo.
La vraie question n’est pas de savoir si Gray débutera, mais combien de temps elle restera sur le parquet et jusqu’où Lawson lui confiera les clés de l’attaque. À 35 minutes par match, ce ne serait plus la même équipe qu’à 20.
À ses côtés, Jackie Young apparaît comme la candidate naturelle au poste d’arrière. Elle n’a jamais disputé de Coupe du monde, mais sa polyvalence en fait une évidence. L’arrière des Aces est l’une des meilleures joueuses « deux côtés du terrain » de l’effectif : scoreuse à trois niveaux, facilitatrice, défenseuse acharnée. À Paris avec la sélection américaine en 2024, elle tournait à 9,5 points, 2,3 rebonds, 2,3 passes, avec 1,5 interception par match, meilleure marque de l’équipe à ce chapitre. Une carte de visite qui sécurise presque son statut de titulaire.
Collier et Stewart, colonne vertébrale d’un frontcourt ajusté
Devant, Lawson devrait bousculer les habitudes. Napheesa Collier, habituellement utilisée au poste 4 avec les Minnesota Lynx, devrait glisser au poste 3. Un ajustement majeur, mais logique. Collier n’a jamais joué une Coupe du monde avec l’équipe senior, pourtant son CV olympique parle pour elle : or à Tokyo 2020, or à Paris 2024, avec 6,7 points, 6,5 rebonds et 1,3 passe de moyenne lors de la dernière campagne. Elle sait gagner. Elle sait surtout défendre plusieurs postes, ce qui devient précieux dans un tournoi où chaque possession compte.
À côté d’elle, Breanna Stewart reste le repère absolu. Trois médailles d’or en Coupe du monde, une capacité unique à faire le lien entre intérieur et extérieur, et une influence qui déborde largement les colonnes de stats. En 2022, lors du dernier Mondial, elle tournait à 12,8 points, 6,6 rebonds, 3 passes, 1,3 interception et 1,4 contre, tout en figurant dans le All-Star Five du tournoi.
Lawson pourrait lui demander de démarrer au poste 4, mais aussi de glisser au poste 5 dans les moments chauds. Production dans la peinture, protection du cercle, ancrage défensif : Stewart sera la pièce maîtresse de la structure américaine. Quand le match se tendra, c’est souvent vers elle que le regard se tournera.
Boston, la clé intérieure sans Wilson
Sans A'ja Wilson, le centre titulaire devrait s’appeler Aliyah Boston. C’est un changement de hiérarchie assumé. La pivot d’Indiana Fever devra imposer sa présence physique, verrouiller les un-contre-un sous le cercle et utiliser sa mobilité pour punir les défenses adverses.
Elle n’était pas sur la liste pour le tournoi de qualification de 2026, s’étant retirée avant la compétition, mais elle sort d’un passage solide avec l’équipe lors du tournoi de qualification olympique 2024 : 5 points, 5,5 rebonds, 1 interception et 1 contre en près de 23 minutes. Des chiffres qui ne racontent pas tout son impact, notamment dans le placement et la dissuasion.
Avec Stewart et Collier, Boston forme un trio intérieur capable de tout couvrir : taille, mobilité, QI basket. Sans Wilson, ce n’est plus le même arsenal, mais ce n’est pas un secteur affaibli pour autant. C’est un secteur différent.
Un banc jeune, brillant… et scruté
Derrière ce cinq majeur projeté, le banc américain intrigue autant qu’il excite. Surtout à l’arrière.
Caitlin Clark devrait être la première à se lever pour soulager Chelsea Gray. MVP du tournoi de qualification de la Coupe du monde en mars, elle y a compilé 11,6 points et 6,4 passes de moyenne. Vision de jeu élite, tir longue distance, capacité à renverser un match en quelques possessions : son entrée sur le parquet changera instantanément le visage de Team USA. Reste à voir si Lawson l’utilisera comme simple backup ou comme véritable co-meneuse, en duo avec Gray sur certaines séquences.
À côté d’elle, Paige Bueckers devrait récupérer les minutes derrière Jackie Young. Là aussi, la complémentarité saute aux yeux. Bueckers apporte une défense solide, un jeu sans ballon intelligent et une capacité à créer tout en restant dans le cadre collectif. Elle n’a pas le volume statistique le plus clinquant, mais son basket colle parfaitement à un rôle de deuxième arrière dans une grande nation.
Sur les ailes, Kahleah Copper semble la mieux placée pour entrer derrière Napheesa Collier. Un relais explosif, agressif vers le cercle, capable de maintenir la pression défensive et de changer le rythme en quelques courses. Collier–Copper, c’est un « one-two punch » idéal pour garder le même niveau d’intensité tout en variant les profils.
Iriafen, Reese et la bataille des minutes intérieures
Dans la raquette, deux noms seront à suivre de très près : Kiki Iriafen et Angel Reese. Les deux devraient bénéficier d’un temps de jeu conséquent, mais leur utilisation précise reste un mystère.
Iriafen peut entrer derrière Breanna Stewart, apporter de l’énergie, du rebond et une présence offensive complémentaire. Son profil permet à Lawson de ne pas trop baisser en intensité quand Stewart sort, tout en gardant une menace crédible dans la peinture.
Angel Reese, elle, pourrait être appelée à couvrir le poste 5 en sortie de banc, derrière Aliyah Boston. C’est un rôle qu’elle occupe déjà cette saison avec Atlanta Dream, dans un contexte miné par les blessures. Son activité au rebond, sa capacité à gratter des possessions supplémentaires et à provoquer des fautes peuvent faire basculer un match FIBA, où le rythme est souvent plus heurté que dans les ligues domestiques.
Une rotation encore floue, une ambition intacte
Personne, pas même dans le vestiaire, ne sait encore exactement à quoi ressemblera la rotation de Kara Lawson sur ce début de tournoi. Les minutes de Chelsea Gray, la répartition du temps de jeu entre Clark et Bueckers, l’équilibre entre Stewart, Boston, Iriafen et Reese : tout se dessinera dans le feu de l’action.
Mais une chose ne change pas : l’objectif. Les États-Unis visent une cinquième médaille d’or consécutive. Sans Wilson ni Plum, la route se complique. Le talent, lui, est toujours là, simplement redistribué.
Dans moins de 24 heures, à Berlin, ce ne seront plus des projections. Ce sera la réalité d’un Mondial où Team USA devra prouver qu’elle sait encore dominer, même en changeant de visage.




